Yéménia : STOP ou ENCORE?
Vous vous interrogez encore ? Vous vous dîtes peut-être que cette compagnie mériterait une nouvelle chance si elle prenait en considération nos plus exigeantes revendications? Que les accidents ça arrive, même aux meilleurs ? Que ce serait une perte pour l’économie de notre pays ? ALORS POURQUOI PAS ?

Petit rappel non exhaustif des faits après le drame :
1 juillet 2009 :
Alors que la communauté est plongée dans un deuil national et pleur ses morts, la compagnie Yéménite ne manifeste aucune réaction. Pas un mot d’excuse ni de condoléance aux familles. Pire, elle veut reprendre immédiatement ses vols vers les Comores, comme si de rien n’était.
- Ils nous ont manqué de considération !
2 juillet 2009 :
Lorsque ses responsables sortent enfin du silence, trois jours plus tard, c’est pour chiffrer la perte d’un être cher à 20 000€, comme s’il s’agissait de bétail.
- Ils nous ont manqué de respect !
4 juillet 2009 :
Après le blocus des aéroports de France, les responsables de Yéménia promettaient, via un communiqué de presse à l’AFP, « des informations fiables et une indemnisation provisionnelle rapide ». Sept mois après, aucune information fiable sur les raisons du crash et les indemnisations provisionnelles se font toujours attendre.
- Ils ont manqué de sincérité !
27 novembre 2009 :
En ce jour de fête de l’Aïd, sans aucun scrupule, la compagnie offre aux familles des victimes, qui ont eu le courage de monter dans leur avion, faute de choix, l’itinéraire morbide Paris-Marseille-Sanaa-Moroni, pour aller enterrer leurs morts. Celles qui n’ont pas eu la force de monter ont du faire le déplacement à leurs frais ou se contraindre à rester en France par manque de Moyen.
- Ils ont manqué d’humanité !
Janvier 2010 :
Yemenia, qui s’est enrichi sur le dos de notre communauté et de nos morts (paix à leurs âmes) verse à airbus 700 millions de dollars pour acquérir 10 Airbus A320, scellant un accord passé en novembre lors du salon de l’aéronautique de Dubaï. Pendant ce temps, les familles des victimes peinent à boucler leurs fins de mois. Et, cerise sur le Mkatré wa gudu gudu, ils annoncent leur retour aux affaires vers les Comores.
- Y’a rien là ?
(Honteux? Manque de respect? Manque de considération? Manque de sincérité? Ou les quatre?)
ALORS VOUS VOUS POSEZ TOUJOURS DES QUESTIONS ?
Si USHABABI se refuse aujourd’hui catégoriquement de prêter une oreille aux arguments concernant « l’amélioration des conditions de vols et de sécurité » à cette compagnie, c’est parce qu’au-delà des ces intentions, qui resteraient à prouver, les responsables de la Yéménia et leurs assureurs n’ont à aucun moment manifesté le moindre geste d’humanité, de considération et de respect à la communauté comorienne lourdement meurtrie par leur compagnie.
COMMENT LES EMPECHER DE REVENIR ?
A USHABABI, c’est la seule question aujourd’hui qu’on s’autorise à poser !
Quant aux solutions, elles existent et sont nombreuses. L’association USHABABI a les siennes comme d’autres organisations et personnes physiques ont les leurs.
- Nous sommes donc prêt à conjuguer nos forces avec les autres forces vives désirantes, comme nous, d’envoyer un message fort à tous ceux qui, se cachant derrière la Yéménia, ne voient en nous qu’une simple vache à lait !
ET SI CA VOUS ARRIVEZ ?
Seriez-vous prêt à redonner votre confiance aux assureurs de cette compagnie qui, après cet accident, font trainer les indemnisations auxquelles les familles ont droits ? Et comme, il est vrai, les accidents arrivent même aux meilleurs, qui vous garanti aujourd’hui que dans le cas où un nouvel accident, que personne ne souhaite, devait arriver dans le futur avec un A320 flambant neuf de Yéménia, que les nouvelles familles des victimes seraient indemnisées sans attendre deux saisons de mangues ?
Un proverbe de chez nous dit « ho mahala mdru ya funga mnabuzi ya hafa, mdru kamfugu ndzéna* ». Et que dire lorsqu’il s’agit d’un être cher ?
* « Si vous trouvez votre cabri mort la où vous l’aviez attaché, n’en attachez pas un second »
Source : http://www.comores-mag.tv/Yemenia-STOP-ou-ENCORE_a259.html