Y a-t-il une culture de la fraude aux Comores ?

Y a-t-il une culture de la fraude aux Comores ?

Nous étions aux Comores à l’occasion du second tour des élections législatives de décembre 2009.Mais,nous savions déjà que l’opposition est faible et presque inexistante. Nous devrions également tenir compte de la souveraineté du pays hôte dont l’autorité est exercée par le Gouvernement. L’opposition peut attendre encore. A défaut de patience, le Gouvernement pourrait s’ouvrir à certaines personnalités pour éviter un débordement et préserver la paix civile de ce pays, havre de paix. Les plages sont splendides et le gouvernement est généreux. Les Comoriens sont un peuple paisible et pacifique .Les Comoriens peuvent enfin s’ entendre.N’est ce pas, Abdérémane Ahmed Abdallah soutient la politique de Sambi au moment où nous avons tous vu Nassuf ahmed Abdallah aux côtés de Mohamed Bacar ?Naoufal Boina, ennemi juré du sambisme, n’est il pas le chouchou du palais en attendant le verdict ?

C’est du cambisme politique. Les dirigeants de Mouroua comme ceux de l’ANC et du RIDJA ne sont –ils pas en train de négocier au prix fort avec la mouvance pour être casés en contrepartie des voix de leurs militants?Laissez nous profiter des plages comoriennes et de l’hospitalité de ce pays. Les représentants de la Ligue arabes le disent clairement car, dans leurs régions, malin est celui qui dira que la démocratie plurielle n’est pas une denrée rare dans l’ensemble du monde arabe. Ceux de l’Union africaine vous diront que si Me Wade dont le pied droit est dans la tombe pense à un nouveau mandat, pourquoi Sambi ne peut pas y songer. Après tout, c’est la mode. L’Egypte de Amre Moussa, le Gabon de Ping, la Libye qui préside l’Assemblée générale de l’ONU, le Niger du Professeur Salifou qui représente la Francophonie en ce moment aux Comores sont tous passés par là. Ainsi, laissez Sambi tranquille en attendant la naissance d’un nouveau Bob Denard car cela est le seul remède compatible à ce pays.

Sinon, les observations sur les élections sont nombreuses mais elles sont comme un sujet de français en classe d’examen. Tout dépendra du professeur. Si c’est Sidi ou Aboubacar Said Salim, vous êtes recalés.Législatives, vous dites ? Oui. Les bailleurs ne sont pas les observateurs. Donc, aucun souci. Irrégularités et fraudes : quelles différences et quels impacts sur l’identification de la population et le processus électoral aux Comores. Posez la question à Houmed Msaidié qui met en garde le Gouvernement pour les éventuelles fraudes.

Les irrégularités et les fraudes électorales altèrent la qualité, la sincérité et la crédibilité du processus. Elles pervertissent les résultats des opérations concernées. Elles sont souvent à l’origine des refus d’acceptation du verdict des urnes et des tempêtes sociales, des crises politiques consécutives qui se multiplient et endeuillent les pays démocratisés à l’envers. Mais Abdourazak Abdoulhamid dispose déjà du pansement et des calmants pour les mécontents.

Avec au bout, la théâtralisation macabre de l’accaparement du pouvoir ou de partage antidémocratique de celui-ci entre des belligérants qui n’ont en commun que leur détermination à assouvir à tout prix, leur faim du pouvoir. Les irrégularités sont des violations des dispositions légales et réglementaires relatives aux opérations électorales. Il s’agit d’un terme englobant ,ce que l’on peut appeler les irrégularités simples et des irrégularités infractionnelles au sens du droit pénal. Le parquet de Nidhoim Athoumane et de Azad Mzé ne dira rien. Me Fahmi pourra t-il s’insurger aujourd’hui ? C’est la même machine utilisée lors du référendum sur les réformes constitutionnelles.

Quant à la fraude, c’est une irrégularité criminelle. Et, de ce point de vue, elle se distingue d’une simple irrégularité, implique une manipulation intentionnelle du matériel ou des documents électoraux. Ni à Albalad ni à Alwatwan, on ne dira rien sur ce sujet pourvu que Bashar reste le père et le parrain de la presse comorienne.

La fraude et l’irrégularité peuvent affecter chaque étape décisive du processus électoral. La détermination du corps électoral, l’établissement de la liste définitive des candidats, la campagne électorale, l’organisation du bureau de vote et la proclamation des résultats sont des étapes importantes mais la volonté du président de la République passe avant tout car aux Comores comme dans beaucoup de pays africains, il n y a pas de séparation de pouvoirs. Et la majorité des dirigeants qui accèdent au pouvoir comme Sambi n’ont pas l’intention d’en partir. Ils usent de divers subterfuges pour se maintenir au pouvoir surtout s’ils ont de quoi à se reprocher.

C’est la fraude électorale qui a mis l’opposition en colère au Kenya et au Zimbabwe. Et ce n’est pas une première. Depuis vingt ans, plusieurs pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Togo ou Madagascar ont été secoués par de violentes émeutes post-électorales. Y a-t-il une culture de la fraude aux Comores ? Peu importe. Le mardi, tout le monde oubliera les tensions et l’effervescence de la campagne. Mashhouli oblige.


Ali Mohamed Tabibou

Source:ianjouanpresid du 20/12/2009

Lire l’article sur ianjouanpresid.skyrock.com

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