Transports: une des cinq premières causes de mortalité aux Comores

Transports: une des cinq premières causes de mortalité aux Comores

Si l’on fouillait un peu dans les annales de la comptabilité macabre due aux morts dans les transports, le bras de mer entre Mayotte et les autres îles qui ressemble à un bras de fer entre Paris et Moroni occuperait une place centrale. (L’instauration du visa Balladur a causé plus de 8000 morts (soit plus de 1% de la population comorienne) dans le bras de mer Anjouan-Mayotte, dans un silence assourdissant de la communauté internationale : Ndlr)
 
Viendrait ensuite la route avec ses vieilles carcasses importées faisant office de moyen de transport terrestre. Les bateaux, même si l’on manque de statistiques, occuperaient une bonne position dans la mort par accident aux Comores. Ce sont ces bateaux, prêts à tout sauf au transport des hommes, qui relient pourtant les îles entre elles.
Un bus reliant Moroni à Hamahamet transportait, dimanche dernier, 20 passagers dont quatre enfants. Pour une capacité de dix-sept places. A la gare routière du nord, et dans toutes les autres gares de la capitale, il n’y a aucun contrôleur au départ. A la brigade routière de la gendarmerie, l’on reconnait    que l’excédent de passagers, les surcharges comme on dit ici, est l’une des causes des fréquents accidents de la circulation, sur les routes comoriennes.
Près de 356 accidents de la circulation se seraient produits  en Grande—Comore ces trois dernières années dont 24 mortels, Ces types d’accidents seraient—ils en train de devenir un problème de santé publique et de développement au niveau national?
Une rescapée du Madjriha aurait pris le bateau, faute de place en avion. Aucune compagnie aérienne inter-îles ne pouvait lui donner une place pour Anjouan. Et quels avions ? De petits appareils vétustes d’une autre époque, venant le plus souvent des pays de l’Europe de l’Est sont engagés pour effectuer la desserte entre les îles. Visites et autres révisions techniques auxquelles ils sont tenus ne seraient pas toujours assurées régulièrement.
Pour un archipel, il faut le reconnaître, le transport maritime devrait être, de loin, le type de transport le mieux organise et l’Etat pourrait gagner sur tous les coups et surtout en y investissant pour mettre à la disposition de la population des moyens sûrs et rapides pour relier les îles.
Mais force est de constater que le secteur est laisse à des opérateurs privés, sans expérience et sans moyens qui essaient de remplir un vide.  Et, au passage, se faire un peu d’argent même au prix de la vie de la population.
Une preuve de la négligence avérée, en la matière, la présence presque permanente des animaux en divagation à l’aérodrome de Bandar-es-Salam (Mohéli). Il y a quelques semaines, des passagers ont eu la frayeur de leur vie sous le choc de leur appareil qui devait éviter des cabris qui se promenaient tranquillement sur la piste. La Compagnie Inter Iles avait suspendu ses vols à destination et en provenance de Mohéli avant de les reprendre la semaine dernière.
Les transports internationaux ne bénéficient guère de l’attention qui se doit. Avant le crash de Yemenia Airways, les Comoriens en provenance d’Europe, notamment, n’ont eu de cesse de se plaindre des traitements dont ils étaient victimes auprès de la compagnie. Mais personne n’a voulu les écouter.
L’on se souvient du «calvaire» des je-viens en juin dernier avec  un contingent de Comoriens embarque dans un cercueil volant qui, heureusement, n’a pu quitter le sol (voir Albalad n° 538).
La liste de ces vieilles  embarcations tueuses s’allongent et creusent celle des morts dans le bras de mer entre Mayotte et les autres îles. Et toute une série de questions que nous devons nous poser et y apporter les réponses claires et précises. Pour le bien des transports et surtout pour le bien de tous. A commencer par la Nation comorienne.
 
SAMINYA BOUNOU
Source : Albalad Comores n° 574 du mercredi 17 août 2011

Lire l’article sur sosdemocratiecomores.skyrock.com

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