Telecommunications: Le contrat Vocalpad : entre tâtonnements et incohérences

Telecommunications: Le contrat Vocalpad : entre tâtonnements et incohérences

Le contrat Vocalpad fait couler beaucoup d’encre et a surpris plus d’un. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, ce contrat démontre que le gouvernement a du mal à honorer les engagements qu’il a pris auprès des bailleurs multilatéraux et n’est pas cohérent avec le processus de privatisation des sociétés d’Etat dicté par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. 
Comores Télécom fait partie de ces sociétés sur la ligne de mire de la privatisation. Ce processus a suivi son cours jusqu’à la sélection de deux cabinets d’audit, BDO de Chazal – Dumée et Ernst & Young chargé respectivement de faire un audit financier et l’évaluation patrimoniale de la société. Comment est ce que l’Etat veut privatiser Comores Telecom en la démembrant, en lui privant une partie de ses sources de revenus ? Y-a-t-il une volonté de brader Comores Télécom ? Et à qui profite cette spoliation ? 
Ensuite, ce contrat nous permet de verser notre contribution dans le processus de privatisation. Il est vrai qu’il n’est pas condamnable en soi même si la littérature économique en la matière diverge sur les résultats escomptés selon les secteurs d’activités. Mais il suscite des interrogations dans le cas de Comores Télécom. Il est admis que l’on privatise les entreprises en difficultés. L’on ne pense pas que Comores Télécom en fait partie. Loin de nous l’idée d’ériger en modèle le mode de gestion actuelle de Comores Télécom. Cependant, il faut reconnaître que les déboires que connaît cette société puisent leur fondement dans les comportements délictueux des autorités de tutelle et de certains dirigeants de la société. C’est la raison pour laquelle nous pensons que le redressement de Comores Télécom est possible.
Force est de reconnaître que le processus de privatisation de Comores Télécom a tellement avancé qu’il serait difficile de le remettre en cause. En revanche, il n’est pas inutile de rappeler que les arguments qui plaideraient pour la suspension de la privatisation sont légion. Les recommandations des institutions de Bretton Woods ne sont pas toutes forcément bonnes. 
Rares sont les pays du tiers monde dont les privatisations étaient fructueuses. On remplace un monopole d’Etat par un monopole privé avec les conséquences désastreuses qui en découlent. Les institutions de Bretton Woods ont toujours utilisé les sociétés occidentales comme modèle pour convaincre nos gouvernants. Elles omettent expressément de dire que les occidentaux ont mis beaucoup de temps pour accepter la libéralisation et la privatisation de certains secteurs stratégiques d’utilité publique tels que l’eau et l’électricité, les télécommunications, les transports etc.
Enfin, il faut rappeler que les Télécommunications constituent un service public au même titre que la santé et l’éducation. Aujourd’hui, malgré les performances et les avancées que connaissent les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans notre pays, beaucoup de régions restent en marge de ces progrès. A titre d’exemple, il est impossible pour un client qui est à Mdé ou à Itsandra, dans la périphérie de Moroni, d’avoir l’ADSL. N’en parlons plus des régions reculées telles que Hambou, Mbadjini, Mitsamiouli. 
Ce ne sera pas un opérateur privé qui va faire les investissements pour atteindre cette clientèle dont la rentabilité n’est pas immédiate. Seul un opérateur public sensé offrir un service public à ceux qui n’en ont pas et ce quelque soit la rentabilité, peut continuer à investir en vue de couvrir l’ensemble du territoire. Les Télécommunications constituent encore une fois un service sensible pour la sécurité et la souveraineté du pays qu’il convient que l’Etat garde leur maitrise. Aussi, est-il hasardeux de confier d’une part le contrôle de la passerelle internationale à une société étrangère et d’autre part 51% du capital de Comores Télécom dans le cadre de l’ouverture du capital. 
Nous comprenons les arguments des uns et des autres qui pensent que le nouveau preneur doit être majoritaire. Toutefois, nous estimons que cette majorité ne doit pas être absolue puisque celle-ci confère psychologiquement au preneur des pouvoirs incommensurables que la partie comorienne aura du mal à faire entendre sa voix surtout en matière d’investissements stratégiques. Un opérateur privé investit pour le bénéfice et le profit, le social importe peu. L’exemple de la BIC est là pour témoigner que la partie comorienne n’a jamais réussi à influer sur la politique de crédit de l’institution et des fois celle-ci abusait de sa position de monopole d’unique banque commerciale de la place, malgré la participation et de l’Etat et des opérateurs privés dans l’actionnariat. 
C’est pour cela qu’il n’est pas trop tard pour revoir la géographie du capital de Comores Télécom. Il faut que la partie comorienne (Etat, privé, collectivités) détienne les 51% sinon plus du capital, faute de quoi elle assistera impuissante à la dégradation des services, à l’augmentation des tarifs et à la régression du développement des Nouvelles Technologies de l’Information dans le pays.

Hybrak
Publié le: 09/02/2011 – 23:44:36 Par: HZK-Presse

Lire l’article sur sosdemocratiecomores.skyrock.com

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