Sambi promet une commission d’enquête des événements de Sima
Pendant que le Président Sambi rencontre ses députés et conseillers issus du double scrutin des 6 et 20 décembre, les médecins, dès 9h00, manifestent dans les rues de Mutsamudu, -comme cela s’est fait aussi à Moroni-. L’objectif, dénoncer l’intervention musclée de Sima, où trois des leurs ont été violemment tabassés par les forces de l’ordre. Dr Ansufoudine, le secrétaire général de l’ordre des médecins a fait savoir que « trois des nôtres ont été sauvagement tabassés, dont un gravement en la personne de Dr Ahamadi violenté avec sa femme dans leur domicile et qui s’en sort difficilement avec six côtes cassées. Un infirmier est actuellement hospitalisé à Domoni pour les mêmes raisons. Ces personnes n’avaient rien à voir avec les barricades de Sima et nous posons plusieurs questions. Quelle est la légalité de ces actes qui ternissent l’image de nos forces de l’ordre ? »
Le mouvement a été largement suivi. Selon Dr Youssef Zaïdou Président de l’ordre des médecins à Anjouan, « cette journée, nous l’avons préparé dès le 26 décembre, quatre jours après les événements de Sima. Nous observons 24 heures grève, et mêmes les cliniques privées doivent suivre le mot d’ordre. Notre mouvement n’a rien de politique. Mais si cela nous permet de nous faire entendre tant mieux. » Faisant allusion au rassemblement de la JAF entre le Président Sambi, les députés et les conseillers de la mouvance fraichement élus à Anjouan.
Le maire de Mutsamudu Bacari Abdou a aussi brillé par sa présence en première ligne de la manifestation. Il donne ses raisons : « si j’ai donné l’autorisation de cette manifestation et j’ai aussi pris part, c’est en solidarité avec tous ceux qui ont été touchés par la violence à Sima le mercredi 23 décembre dernier. Un médecin en a payé le prix fort. Il y a quelques semaines de cela à Pagé, une localité proche de ma commune, un de mes agents a été violement agressé par les forces de l’ordre. Il est temps que cela cesse. » A-t-il conclu.
Non loin de là , à la salle de la JAF, le rassemblement d’allégeance des élus d’Anjouan au chef de l’Etat, a fait écho de la manif. Le président Sambi s’est dit attristé par la tournure des événements de Sima du 23 décembre. Il déclare avoir donné « ordre de dégager les barricades dans la non violence (…) une commission d’enquête viendra à Anjouan pour instruire sur cette affaire et des sanctions tomberont » a-t-il martelé devant ses partisans venus aussi en nombre à la salle de la JAF, sans donner des précisions sur la composition de cette commission. Il a aussi reconnu comme de coutume le disfonctionnement de l’appareil administratif et qu’il compte sur l’aide des « députés fraichement élus » pour y mettre fin.
Rappelons que la mouvance présidentielle a raflé la quasi-totalité des sièges de députés et de conseillers de l’île, ne laissant à l’opposition aucun élu. Pourtant, Mohamed Djaanfari, député sortant et candidat à sa propre succession dans la région de Sima était donné largement favoris contre son challenger du pouvoir.
Kamal A. Yahoudha
311209/kay/hzkpresse/6h00
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