RETOUR D’ADDIS -ABEBA DE L’OPPOSITION
Réagissant à la déclaration de la Ligue des États Arabes, Abdouloihabi dira n’avoir pas été surpris outre mesure, sachant que cette institution « n’a qu’un rôle d’observateur », sur le dossier des Comores. Quant à la rumeur selon laquelle ils ont été arrêtés et malmenés à leur arrivée en territoire éthiopien, il a apporté un démenti formel en ironisant sur « le ridicule de la campagne menée par le gouvernement de l’Union ». Le Chef de l’exécutif de Ngazidja, s’est adressé à la notabilité avant de recevoir le reste de l’opposition durant 45 minutes.
En sa qualité de chef de délégation, il affirme avoir représenté à Addis-Abeba, « tous les comoriens qui militent pour la tournante en faveur de l’île de Mohéli le 26 mai 2010 », avant de faire l’historique du processus qui a conduit au congrès « visant à éterniser le Président Sambi au pouvoir », et les conséquences qui en ont résulté, notamment « la forte contestation exprimée à Mohéli ». Il cite l’exemple du Niger et la prise du pouvoir par l’armée contre le Président Tandja, avant de rappeler les déclarations de la communauté internationale (UA, OIF, la France, les États-Unis d’Amérique) mettant en garde contre toute prolongation non consensuelle du mandat. « Le poisson ne sera pas donné au chat », dit-il.
« Le 1er mars le président Sambi a convoqué un congrès pour une prolongation de son mandat jusqu’au 27 novembre 2011, sans passer par la voie des urnes. Voila pourquoi nous sommes partis sensibiliser ceux-là mêmes sur qui Sambi prétend compter, pour les prendre à témoin des conséquences d’une telle décision », martèle M. Abdouloihabi.
Pour lui, le message est passé car l’UA aurait pris conscience que l’harmonisation ne nécessite pas un hypothèque de la tournante de 2010, contrairement à la thèse défendue par la délégation du régime qui les avait précédé à Addis-Abeba où il est recommandé la nécessité d’un dialogue entre toutes les parties comoriennes, sans quoi le pays risquerait de sombrer dans une nouvelle crise, explique-t-il. C’est du moins la conclusion que l’opposition tire de l’entretien que lui a accordé jeudi dernier le Président de la commission de l’UA, Jean Ping.
Notre séjour a permis d’éclairer l’UA sur la situation réelle, en dépit de la désinformation du pouvoir central qui aurait selon lui tenté de faire pression sur les autorités éthiopiennes, pour une « reconduite aux frontières » des représentants de l’opposition. Mais l’UA prendra toutes les dispositions protocolaires et facilité leur séjour. Un déplacement « fructueux », car c’est de cela qu’il sera aussi question à l’arrivée de la prochaine mission de médiation de l’UA attenue à Moroni cette semaine.
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