Ouverture du dialogue politique inter comorien ce 22 mai : Les déclarations des uns et des autres

Communiqué des Forces Vives dans l’Ile Autonome de Mwali

La Coordination des Forces Vives dans l’Ile Autonome de Mwali félicite le Chef de l’Exécutif de l’Ile, Monsieur Mohamed Ali Saïd, d’avoir pris une décision historique de participer au dialogue entre les délégations des Exécutifs de l’Union et des Iles Autonomes devant se pencher sur la mise en place de toutes les conditions nécessaires au retour de notre pays à la normalité institutionnelle.
En effet, conformément à l’Arrêt N° 10-05/CC de la Cour Constitutionnelle du 08 mai 2010, à partir du 26 mai 2010 à 00h00, s’ouvre en Union des Comores, une période intérimaire consacrant la fin du mandat de l’actuel Président de l’Union.

Pendant cette période intérimaire, c’est dans une démarche consensuelle que les nouvelles autorités nationales intérimaires, prendront toutes mesures susceptibles de restaurer dans les meilleurs délais la légalité constitutionnelle qui sera interrompue à partir du 26 mai 2010.

C’est surtout pour créer les conditions d’équité, d’équilibre et de cohésion nationale en vue de permettre l’Ile Autonome de Mwali de jouir de ses droits constitutionnels dans la fédération comorienne comme les autres Iles, que certaines dispositions constitutionnelles importantes seront mises en veilleuse jusqu’à l’investiture de celui qui incarnera la Nation.

La Coordination des Forces Vives de Mwali aurait souhaité qu’un tel dialogue si crucial pour l’avenir institutionnel et la consolidation de la démocratie et de l’état de droit aux Comores, se tienne dans l’Ile Autonome de Mwali dans la sérénité et sans la pression des milices organisées patronnées par les autorités de l’Union dans la capitale fédérale.

Toutefois, les autorités de l’Union ont préféré encore une fois maintenir la pression sur les autorités de l’Ile Autonome de Mwali espérant pouvoir entamer la détermination de celles-ci à défendre, quelque soit le prix, la dignité de la population de Mwali.

C’est donc pour ramener la population de Mwali à adhérer dans la démarche du Chef de l’Exécutif de l’Ile consistant à prendre part dans le dialogue institutionnel avec les autres parties comoriennes que la Coordination des Forces Vives de Mwali, après avoir eu l’accord des autorités nationales par le biais de la communauté internationale, a voulu organiser ce vendredi à 16 heures à Fomboni, un meeting populaire.

Toutefois, contrairement à ce qu’elles avaient fait croire à la communauté internationale, les autorités nationales, à quelques heures de la fin de leur mandat, ont maintenu la répression en interdisant la tenue dudit meeting légalement autorisée, dans le but de préparer l’opinion à la participation de la délégation de Mwali dans le dialogue inter institutionnel.

La Coordination des Forces Vives dans l’Ile Autonome de Mwali condamne avec force de tels actes de provocation de la part du Gouvernement de l’Union à quelques heures de la fin de son mandat dont le seul et unique objectif est de saper le dialogue et en profiter pour organiser un putsch et se maintenir définitivement au pouvoir.

Elle demande à la communauté internationale de prendre toutes ses responsabilités et surtout de désigner les vrais responsables de l’échec du dialogue.

Elle réitère sa disponibilité à ?uvrer pour que l’Union des Comores revienne à la normalité constitutionnelle dans des délais raisonnables et pour que l’Ile Autonome de Mwali jouisse de ses droits constitutionnels au sein d’un Etat comorien démocratique et respectueux des principes universels d’un Etat de droit.
Fomboni, le 21 mai 2010

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Déclaration N°3 de la section mohélienne de la FECOSC

Après l’ouverture des assises nationales en vue d’apporter les réponses appropriées en rapport avec l’arrêt N°10-05/CC, la section mohélienne de la FECOSC se félicite que tous les partis invitées ont répondu favorablement à cette invitation d’une importance capitale pour l’avenir institutionnel et socio économique de notre pays.

Elle appelle toutes les parties prenantes aux assises de faire preuve d’un sens élevé de patriotisme et réalisme car elles ont une obligation de résultats.
Elle regrette que les Organisations Comoriennes de la Société Civile ne soient pas conviées à ces assises alors qu’elle estime que leur contribution aurait apporté une plus value aux débats
Elle remercie la Communauté Internationale pour tous les efforts qu’elle déploie permettre aux comoriens de vivre dans un climat politique apaisé afin que notre pays poursuit son redressement et développement socio économique.

Fait à Fomboni le 23 mai 2010

La Présidente,
TAHADHIBATI KAEMBI

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Déclaration du Chef de l’Exécutif de Ngazidja à l’ouverture du dialogue inter comorien

Moroni, le 22 mai 2010

Excellences, Messieurs

Notre pays vit des instants d’une extrême gravité. Le mandat du Chef de l’Etat arrive à terme le 26 mai 2010 et jusqu’à ce jour aucune disposition consensuelle ne permet de présager de la gouvernance à venir. Ce dialogue était sensé nous montrer le chemin. Malheureusement, de difficultés en difficultés, on tente de l’initier aujourd’hui en l’absence d’une délégation de l’île autonome de Mwali à qui échoit constitutionnellement la Présidence tournante. Je le regrette profondément parce que toute décision qui pourrait être prise dans ce dialogue ne pourra lui être opposable.

Il convient alors de douter de l’opportunité de cette rencontre. Mais, au-delà de ces bégaiements, on peut s’interroger sur les raisons qui freinent le dialogue entre les différentes parties concernées pour confronter nos opinions et y compris s’il le faut, nous mettre d’accord sur nos désaccords.

Un constat est clair. Des embûches sont volontairement et artificiellement créées. Un climat d’insécurité est entretenu. La sérénité et la confiance que l’on devrait constamment préserver ne sont pas une préoccupation majeure. L’escalade verbale et les provocations de toute sorte sont quotidiennes et au c?ur de chaque action. On continue comme avant, comme si les échecs et les erreurs n’avaient aucun impact et comme si l’on oubliait que l’on était en fin de mandat du Chef de l’Etat et que la communauté internationale nous assistait pour préserver un minimum de normalité institutionnelle et juridique de l’Etat.

Alors, on se demande ce qui est véritablement recherché ? Comment comprendre le durcissement des mesures arbitraires déjà prise par l’Union contre l’île de Ngazidja ? Que signifie le vol par effraction du matériel informatique de mon administration de la fonction publique et des finances par des policiers sur ordre du pouvoir de l’Union ?

Quelles sont ces arrestations et ces interrogatoires opérées par les services de l’Union qui veulent faire avouer que l’exécutif de l’île de Ngazidja fomenterait des troubles ou les initierait ? Pourquoi des autorités de l’Union ont créé et entretenue des milices qui agissent avec beaucoup de violences, en toute liberté, contre ceux qui sont accusés de ne pas partager les opinions du Gouvernent de l’Union ?

Que sont ces attaques affirmées et revendiquées par des nervis du Gouvernement de l’Union contre l’intégrité physique de journalistes et la casse de matériels d’organe privé d’information ? Pourquoi le Gouvernement de l’Union a-t-il initié par des militaires étrangers la police dite nationale à une formation commando et pourquoi l’a-t-on équipé d’armes de guerre ? Etait ?il nécessaire à un moment aussi difficile pour l’entente nationale de faire venir des troupes étrangères au statut gardé secret et aux attributions officiellement inconnues ? L’île autonome de Mwali n’avait-il pas le droit d’organiser des meetings surtout à la veille d’échéances qui engagent le pays, et surtout quand ces meetings s’organisent librement sur les autres îles?

Peut ?on expliquer les raisons de l’interdiction par décision du Ministre de l’intérieur de l’Union de la réunion publique de Mwali qui devait informer de la mission de la délégation de l’île au dialogue et de la nécessité d’y participer, alors que les responsables politiques de l’île en avait fait une condition essentielle ? D’ailleurs, pourquoi cette interdiction s’étale jusqu’au 25 juin 2010 entrant ainsi dans la série des mesures d’exception interdites au gouvernement de l’Union après ce 26 mai.

Toujours est-il que le constat est là. Mwali n’est pas avec nous ici aujourd’hui, parce qu’on a tout fait pour qu’elle ne soit pas là. Vous ne doutez pas, messieurs les ambassadeurs, représentant la communauté internationale, de ma disponibilité entière et totale à aider à la réussite du dialogue pour l’intérêt supérieur de ce pays.

J’ai pris la responsabilité et vous le savez parce que je vous ai informé, de me rendre à Mwali le jeudi dernier pour convenir avec nos frères de la pertinence de ce dialogue et de la nécessité d’aboutir à des résultats qui sortiraient le pays de l’ornière. Hier, lorsque je quittais Mwali, la participation de l’île au dialogue était acquise, mais assortie de deux conditions, à savoir la sécurité des délégués mohéliens à Moroni et la tenue du meeting d’information destinée à communier avec la population et partager les mêmes préoccupations et les mêmes espoirs. Il a fallu mon retour à Moroni pour apprendre que les autorités de l’Union ont décidé d’interdire le meeting endossant ainsi la responsabilité du retrait de Mwali du dialogue.

Je le regrette profondément. Je croyais que la réussite de ce dialogue relevait de la responsabilité de chacun et pesait sur la conscience de chaque autorité. Je constate malheureusement que du côté de l’Union certains privilégient des orientations et des priorités qui ne sont pas celles de la stabilité et de l’Unité du pays. L’absence de Mwali aujourd’hui handicape la poursuite des travaux. Il faut en tirer les conséquences et se fixer d’autres échéances.

Evidemment, le dialogue reste la seule et unique voie qui sauvera ce pays, la seule et unique issue qui nous est offerte pour préserver la cohésion nationale et la paix. J’y crois et je m’y investis totalement et entièrement.

J’appelle à la sagesse, à la raison et au sursaut des autorités de l’Union pour comprendre la dimension de la gravité de la situation et de l’urgence à cesser les postures. J’appelle à la patience et à la persévérance de la communauté internationale pour que ses efforts ne soient pas vains. J’appelle enfin le peuple comorien à plus de retenue et de responsabilité pour préserver cette paix légendaire qui nous caractérise.

Je vous remercie.

Sources : Comoresdroit.centerblog.net

Lire l’article sur http://comoresdroit.centerblog.net/235-Ouverture-du-dialogue-politique-inter-comorien-ce-22-mai-Les-declarations-des-uns-et-des-autres-

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