Mayotte n’est pas à vendre!

Mayotte n'est pas à vendre!

Depuis ce discours du président intérimaire, Son Excellence, M.Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, prononcé le 25 septembre sur la tribune des Nations Unies, à l’occasion de la 65 ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, le débat sur la question de Mayotte revient au premier plan de l’actualité politique. On découvre des nationalistes chimériques, des patriotes de fortune, des juristes et des diplomates de circonstances. Pourquoi ce tapage après 35ans d’usurpation ?

Pourquoi ces voix ne se sont pas faites entendre contre le référendum sur le devenir de Mayotte, organisé l’année dernière avec la complicité de la haute diplomatie comorienne ? Où étaient passés les Ambassadeurs fictifs qui remplissent les couloirs du Ministère des Affaires Etrangères ? Et quelle était la réaction des politiques et de la société civile ? Pendant que la France, puissance usurpatrice de Mayotte organisait son fameux référendum, Sambi et son gouvernement étaient pris par leur pseudo référendum sur les, dit-on, réformes constitutionnelles. Une simple diversion pour ne pas nuire le projet français.

Aujourd’hui, sitôt rentré de New York, Sambi est accueilli comme un héro, le libérateur qu’attendait le peuple comorien. Pourtant, le président qui a occulté ses ministres des Affaires Etrangères et qui les a privés de la tribune de l’ONU, depuis 2006 n’a rien dit de nouveau par rapport à ses précédents discours. Aussi, il n’a rien dit de nouveau par rapport à tous les Comoriens qui l’ont précédé sur cette tribune. Le discours de Sambi n’a pas été prononcé au Conseil de Sécurité et, aucun débat n’a eu lieu sur la question ,au sein de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation ,autrement dit, la quatrième commission.

Pire ! La question de Mayotte qui figurait au point n°40 de l’ordre du jour préliminaire du 8 février 2010 sous réserve de la décision de la 64ème session, conformément au document A/65/50, est purement et simplement biffé du projet de l’ordre de jour, établi en juillet 2010 et de l’ordre de jour définitif du 23 août 2010.
Ainsi, le document A/65/150 du 13 juillet 2010 a été établi conformément à la recommandation du Comité spécial pour la rationalisation des procédures et de l’organisation de l’Assemblée générale qui figure au paragraphe 17 a) de l’annexe II à la résolution 2837 (XXVI) de l’Assemblée, n’a pas fait mention de la question de Mayotte dans l’ordre du jour de cette année.

Il serait mieux que nos journalistes se réconcilient avec les nouvelles technologies de l’information pour accéder à l’informatique. M. Aboubacar Mchangama, journaliste unique et Directeur de publication du journal l’Archipel ne s’est toujours pas converti aux NTI. C’est la raison pour laquelle son journal est resté fidèle à la dactylographie. Et c’est la raison pour laquelle, il n’arrive pas à chercher l’information à partir de la source qui est le site des Nations Unies.

M .Idrisse Mohamed, ancien militant du FD, prétendant spécialiste de l’informatique n’arrive toujours pas à savoir que les Nations Unies disposent d’un site où toutes les activités de l’Organisation planétaire sont publiées. Les différents rapports des Secrétaires généraux depuis la création de l’ONU, les Résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale sont accessibles à tous. Il suffit de cliquer sur le site : http://www.un.org/fr/

La question de Mayotte est à la demande du groupe africain, inscrite à l’ONU depuis 1976 et la résolution n° 31/4 du 21 octobre 1976 a été adoptée la même année par l’Assemblée générale. Depuis, cette question demeure inscrite et la quatrième Commission s’en saisit tous les ans pour les débats et la délibération.

En septembre 1995, à l’occasion de la 50ème Assemblée générale, la délégation comorienne, conduite par M. Mouzaoir Abdallah a demandé la suspension des débats sur la question jusqu’à nouvel ordre. Ironie de sort, c’est le même Mouzaoir qui a largement contribué à son inscription à l’Onu en sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères des Comores.

Son collègue, successeur lointain, Salim Himidi, Ministre des Affaires Etrangères de Mohamed Taki Abdoulkarim ne fera rien pour changer cette situation. Pourtant, ce dernier fait partie aujourd’hui de ceux qui veulent à eux seuls la paternité de la comorianité de Mayotte. Si l’ancien Ministre d’Ali Soilihi et de Mohamed Taki veut accuser les autres, il doit d’abord rendre des comptes au peuple. A-t-il lui aussi trahi et contribué à la vende de Mayotte ? Je ne vois pas la différence entre lui et se prédécesseur depuis 1995 et ses successeurs.

La question n’a pas évolué au niveau des Nations Unies depuis 1995.Ailleurs, à l’Organisation de la Conférence Islamique et au Mouvement des Non Alignés, des Résolutions sont régulièrement adoptées pour la réintégration de Mayotte dans son giron naturel.

Coup de théâtre ! En 2009, l’Ambassadeur des Comores à l’ONU a cru comprendre que la question de Mayotte ne figurait pas à l’ordre de jour provisoire de l’Assemblée générale et a saisi les instances de l’Onu pour la réinscription de la question. Cela suppose que la question qui demeurait inscrite depuis 1976 jusqu’à 2009 venait d’être retirée. Par qui et comment? Mohamed Toihiri n’avait la possibilité de la retirer car, il n’est pas le parrain de cette question. Le président de l’Assemblée avait refusé de réinscrire cette question .Et il avait totalement raison. Ceci prouve que n’est pas diplomate qui le veut. Le droit international n’est pas à la portée de tous.

L’ancien Ministre des Affaires Etrangères, Me Ibrahim Ali Mzimba assume une certaine responsabilité à ce sujet. Mais laquelle ? Me Mzimba, contrairement à ce que les gens véhicule n’a pas dit qu’il a retiré la question. Il avait, comme ses prédécesseurs et ses successeurs jusqu’à l’actuel Ministre des Relations Extérieures, maintenu le statu quo qui consiste à ne pas faire du débat au sein de la Quatrième Commission.

Aujourd’hui, d’aucuns veulent faire croire aux Comoriens que l’ancien Ministre Abdou Soefou a retiré cette question de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2005.Pourtant, à l’arrivée de Sambi en mai 2006, la question y était. Le ridicule ne tue pas.

La presse comorienne nous a habitués la publication des décrets et des faux décrets pendant la règne de Djohar es t capable de semer la zizanie et de porter davantage confusion. Et pour couper court, pourquoi l’Assemblée de l’Union ne convoquerait pas l’Ambassadeur des Comores à l’Onu pour éclaircissement ?
Je lance un défi à quiconque me prouvera le contraire après avoir visité le site des Nations Unies. Les informations des radios cocotiers ne doivent pas être une source de référence à un moment où le pays a fait un pas de géant dans le domaine des NTI.

Aujourd’hui, il est clair que la solution de ce litige comme a dit l’ancien ministre des Affaires étrangères, le député Mzimba, viendrait de la population elle-même. Que les politiques assument leur rôle ! Que les journalistes prennent leurs responsabilités en vulgarisant quotidiennement la question. Que les Ambassadeurs de cérémonies fassent eux aussi des propositions ! Que les enseignants intègrent volontairement cette question dans les programmes scolaires à tous les niveaux !

Il est impératif de renforcer les contacts entre les mahorais et le reste de la population à travers la coopération décentralisée. La République Populaire de Chine est dans cette disposition par rapport à Taiwan. Le Maroc n’a jamais rompu avec les Marocains de Ceuta et Melilla. Pourquoi les Comores feraient autrement?
Mayotte n’est ni à vendre ni à louer.Ce qui parlent de la vente de Mayotte se trompent d’analyses et d’appréciation.

Mouigni Abdou

Lire l’article sur ianjouanpresid.skyrock.com

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