L’immigration à Mayotte : un enjeu pour la campagne présidentielle ?
Après sa tournée à la Réunion, Marine Le Pen ne viendra pas à Mayotte pour sa campagne électorale. Elle a préféré mettre le cap cette semaine sur Lille afin de convaincre sous d’autres cieux. La question de l’immigration à Mayotte, qui est toujours aussi prégnante, ne semble plus figurer comme un enjeu de campagne présidentielle.
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Pourtant ce ne sont pas les thèmes d’actualité qui manquent à Mayotte pour tenter de convaincre l’électorat. En effet, avec un taux d’immigration aussi élevé, on pourrait même se dire que c’est du pain bénit pour le Front national qui ne se cache pas pour en faire un de ses thèmes de prédilection dans la campagne présidentielle. Comment interpréter dans ce cas, la non-venue de Marine Le Pen à Mayotte ? Tout d’abord, la candidate ne s’est jamais cachée sur le fait qu’elle était opposée à la départementalisation de notre île, comme elle l’a affirmé sur plusieurs sites en ligne en avril dernier. Un argument que les Mahorais ne peuvent pas entendre favorablement. Il semble que la situation confessionnelle de la majorité des habitants de Mayotte soit aussi un obstacle à sa venue locale. En effet, le Front national milite en métropole contre les « prières de rue » et contre la construction de mosquée dans les grandes villes françaises. Par conséquent il n’est pas étonnant que le sort d’une île, certes française, mais dont la population est en grande majorité musulmane, ne soucie pas d’aventure la présidente d’un tel parti. Et pourtant, les Mahorais ont besoin de trouver des réponses dans les programmes des candidats à leurs problèmes et en particulier celui de l’immigration. L’échec de la politique de reconduite aux frontières telle qu’elle est menée depuis l’accession de Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l’Intérieur d’abord, puis comme chef de l’Etat par la suite, amène à se poser des questions, à se tourner vers d’autres solutions. On annonce en effet chaque année, à grand renfort de chiffre, 20.000 à 30.000 reconduites. Sauf que dans la pratique, cela ne se voit pas, les gens continuent à affluer, tel un flot intarissable et mortel. Les radars à la pointe de la technologie n’empêchent finalement pas les kwassa-kwassa d’accoster nos plages. C’est le défi lancé à la gauche française, de savoir si elle est à même de déjouer les pièges de la rhétoriques et des idées utopiques, pour régler de manière pragmatique les problèmes qui se posent à ses concitoyens mahorais. Eva Joly a en partie déjà répondu en affirmant que « Mayotte était une île comorienne ». De son côté, le candidat Hollande est resté prudent sur la question, même s’il a abordé la possibilité d’une coopération renforcée.
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Source : blog.albaladmayotte
Publié le 14 février 2012
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