Lettre ouverte au Général Salimou Mohamed Amir

Chef d’Etat-major de l’Armée Nationale de Développement
Mon Général,
Lorsque le 10 novembre 2009, vous avez contesté la nomination du lieutenant-colonel Mohamed Anrifi Moustoifa au poste de Commandant régional de l’AND à Mwali, par le Chef de l’Etat, Chef des armées, parce que vous l’aviez jugée non conforme à la déontologie, procédure et discipline militaires, beaucoup de Comoriens avaient fondé leur espoir en votre capacité à faire de cette grande institution nationale qu’est l’AND, le défenseur du droit, le garant de la liberté et de la démocratie, le protecteur des faibles, enfin le fleuron national, pour sa neutralité, son incorruptibilité, son respect de la constitution et des institutions nationales, et par conséquent, le garant de la réconciliation nationale.
La désillusion est venue, lorsque le 21 décembre 2009 à Sima (Ndzuani), des hommes et des femmes, qui manifestaient leurs mécontentements parce qu’ils s’estimaient lésés par une élection frauduleuse, ont été violemment réprimés, leurs maisons saccagées et leurs biens volatilisés. Voilà que, en proie à une grande injustice nationale, la population mohélienne qui défend, depuis quelques jours, son droit légitime à la présidence tournante de l’Union, est confrontée, à son tour, à une violence inouïe de la part des forces de l’ordre.
Ce mercredi, par exemple, ce ne sont pas moins de dix personnes qui ont été grièvement blessées, dont deux femmes : Mme Nafissa Abdoulghafar qui a perdu le bébé qu’elle portait à cause des maltraitances subies et Mme Thanay Soulé que l’on a réussi, in extremis, à réanimer ; toutes les deux sont actuellement hospitalisées à Fomboni en attendant d’être évacuées pour des soins plus appropriés. Serait-ce l’½uvre de l’AND, de la Gendarmerie ou des milices « pasdrans » de Kiki ? Toujours est-il que votre responsabilité en tant que Chef d’État-major de l’AND, garante de la sécurité des biens et des personnes, est engagée !
Mon Général.
Toute la population de Mwali est aujourd’hui dans la rue, parce qu’il y a 9 ans, sur le sol mohélien, justement, les Comoriens, à travers leurs représentants légitimes et en présence de la communauté internationale, leur ont assuré qu’un jour, à travers le système de la présidence tournante entre les îles, viendra leur tour de présider aux destinées du pays ; ce qui ne leur est jamais arrivé depuis 35 ans que les Comores ont accédé à l’indépendance. De 2002 à 2006, Ngazidja a assuré son tour de la présidence tournante. De 2006 à 2010, Ndzouani devait assumer le sien et passer ensuite le flambeau à Mohéli. Mais, voilà que le Président Sambi, qui a pris goût au pouvoir, ne l’entend pas de même oreille.
On prétend que c’est parce que l’on veut harmoniser les élections des présidents de l’Union et des gouverneurs pour qu’elles se tiennent à la même date, le 27 novembre 2011, dans le but de limiter leur fréquence et leur coût. Mais, au nom de quels principes constitutionnels, la règle de la concomitance des élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles (article 46) primerait-elle sur celle de la fixation de la durée du mandat présidentiel ou celle de la présidence tournante entre les îles (article 13), qui relèvent,d’ailleurs, du processus de la réconciliation nationale.
À cet égard, permettez-moi de vous rappeler une décision de la Cour constitutionnelle béninoise en date du 8 juillet 2006, devenue une référence constitutionnelle en Afrique, laquelle a su, dans un cas comparable où lamajorité législative avait voulu prolonger la durée de son mandat en cours, montrer que le résultat du consensus national, dès lors qu’il est reconnu par la constitution, prime sur tout le reste.
Mon Général,
En vous adressant cette lettre, je ne me fais pas des illusions sur vos capacités d’agir. Je sais que, malheureusement, dans notre pays, peu nombreux sont ceux qui placent les intérêts supérieurs du pays au dessus des leurs. Je sais par ailleurs que malgré toute votre probité intellectuelle et votre bonne volonté de bien faire, vos moyens sont limités. Cependant, ce sont de par le monde, de nombreux hauts gradés militaires comme vous-même, qui, à une période charnière de l’histoire de leur pays, identique à celle que nous vivons aujourd’hui, ont su se distinguer et tracer le chemin à suivre.
L’Armée nationale de Développement ne doit pas être partisane. Elle doit veiller à ce que la haine et les ranc½urs ne s’instaurent pas à nouveau dans notre pays.L’institution de milices à l’iranienne dans notre pays n’est pas tolérable. Elle ouvre la voie à l’aventure et aux incertitudes. Qu’ALLAH éclaire la voie à suivre à notre chère armée et protège notre pays et notre peuple.
Votre compatriote
Abdoul Wahab Ahmed.
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Le temps est venu pour nous tous de réagir contre les méfaits de Satan.En général,le Satan n’est pas un ange en camouflage,c’est notre semblable.Sambi est devenu fou et veut faire couler encore du sang sur l’ensemble du territoire.Et encore !on dénombre déjà des morts et des blessés.
J’adhère à la vision globale de mon frère Ahmed Abdoul wahab,de rappeler au général,ses droits et ses devoirs de chef des armées,quand la situation du pays se trouve au bord de l’explosion.Mais hélas!le général Salimou est loin de la réalité.Je le connais très bien,d’abord en tant qu’ami et en tant que comorien.Le général,à travers le respect que je le dois »excuse-moi mon général »est un homme faible,à l’exemple d’un gendarme fil de fer.Dommage,qu’il ne saisisse pas l’occasion pour faire preuve de ses responsabilités et de ce qu’un militaire est sensé faire pour apporter la paix et la tranquillité dans son pays.On ne le demande pas de s’incarner en Thomas SANKARA,non,car il est loin de l’être,mais du moins,refuser de s’associer avec une milice de destruction humaine.Comment peut-on expliquer la haine infligée à une population non armée,qui ne demande qu’une seule et simple chose: »le respect des institutions ».Je l’ai bien dit,il y a très longtemps,qu’il nous serait très difficile de déloger Sambi de beit-salaam,après son pseudo-référendum.Le résultat est là .Donc,la force appelle la force,donc,nous devons assumer nos responsabilités en tant que comoriens.Je n’appelle pas à la guerre,mais plutôt à la désobéissance civile et même civique.Prenons témoin à la communauté internationale sur ces dérives dictatoriale d’un régime sanguinaire et séparatiste.
Sambi doit être inscrit sur la liste des hommes à juger de crime.