Lettre anonyme à Monsieur Le Président de l’Union des Comores
Son Excellence Monsieur Le Président,
Dans un réel Etat de droit, la présente lettre qui soutient votre politique de lutte contre la corruption et les détournements des fonds et biens publics, devrait être ouvert et signé, pour témoigner combien cette initiative engrange une adhésion populaire, et ce à juste raison, tant ce fléau mine les efforts de progrès et de justice sociale mené dans le pays et constitue, de facto, le facteur principal des échecs à l’initiative privée et à l’encouragement des investisseurs crédibles dont le pays a besoin pour son développement.
Nous en arrivons aux faits, Monsieur Le Président et nous voudrions nous tenir strictement au problème à résoudre qui, laissé en l’état, porterait des graves préjudices à la crédibilité de votre politique et des déclarations faites et à terme conduirait à des conséquences politique et sociale incalculables.
Il s’agit d’abord de la flagrance quasi quotidienne de détournements des fonds et biens publics à Mwali par celui-là même supposé en être le bon gestionnaire.
Trois faits majeurs illustrent ce phénomène qui engendre le dysfonctionnement de l’administration de l’île qui en est la plus grande victime, à savoir :
1. Les salaires des agents de l’Etat, qu’il s’agisse des fonctionnaires ou du personnel des superstructures sont détournés et payés sans règles administratives conformes (en fonction des individus et par rapport à des considérations malsaines).
2. Des emplois fictifs (hors cadres organiques) sont autorisés pour permettre le paiement des salaires des agents d’une entreprise privée (chauffeurs des camions, maçons, matelots etc….) ;
3. Le carburant destiné à l’administration est en partie revendu pour financer des soit disant projets de développement qu’on ne voit jamais, pendant que l’autre partie, une quantité non négligeable est tout simplement mise à côté pour les besoins de la société MODJACO. A cela, il faut ajouter l’utilisation, sans contrepartie, des engins et même du personnel des Travaux Publics (TP) dans des chantiers privés.
Nous voudrions également, Monsieur Le Président, soulever pour qu’elle soit examinée l’incompatibilité des fonctions d’un Gouverneur, en l’occurrence celui de notre Ile, qui de notoriété publique, détient quasiment le monopole des marchés publics à Mwali à travers son entreprise personnelle MODJACO dont il est le gérant. Sa présence dans les chantiers ou magasins lui appartenant, à des heures où il est sensé s’occuper des affaires de l’Ile, ne passe pas inaperçue.
Pour couronner le tout, notre Gouverneur voyage régulièrement à Doubaï aux frais de l’Etat et nous croise nous ses concurrents dans les magasins et agences de transit. Comble, son accueil à Bandar Salam, pour le retour, pose à chaque fois un problème de conscience aux habitants de l’ile.
N’est-ce pas là , Son Excellence, Monsieur Le Président, une violation grave de la constitution de l’Union des Comores ?
Enfin, Monsieur Le Président, en notre qualité de citoyens, nous voudrions vous rappeler que la constitution de l’Union des Comores vous a érigé en régulateur et garant du bon fonctionnement des institutions. De ce fait, cette constitution demande à être respectée afin que vous puissiez l’être également.
C’est donc en votre qualité de protecteur de l’intérêt suprême de notre nation, que nous, victimes des agissements hors du commun du Gouverneur de l’Ile de Mwali, nous adressons à vous, Son Excellence Monsieur Le Président, pour vous demander de faire cesser ces pratiques injustes et déshonorantes, afin que notre pays soit un Etat de droit incontestable, garantissant le bien être de toutes et de tous dans l’égalité.
Veuillez agréer Son Excellence Monsieur Le Président, l’expression de notre haute et respectueuse considération.
Source : comoresdroit.
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