Les Mohéliens de Mayotte réclament l’application des accords de Fomboni
Improvisé porte-parole du mouvement, il ajoute que les Mohéliens sont favorables à une révision constitutionnelle, mais après 2014. Quand on évoque le possible séparatisme mohélien, avec les drapeaux français érigés mercredi dernier qui ont rappelé la crise anjouanaise de 1997, "Ligue" n’est pas d’accord : "C’est à partir du mouvement séparatiste anjouanais que les accords ont été signés, et le colonel Azali n’a pas révisé la Constitution. Dans cette affaire, Mohéli a été le carrefour de la réconciliation nationale à Addis-Adeba, Antananarivo et en Afrique du Sud. Ce sont les Anjouanais qui ont créé ces problèmes constitutionnels alors que la Constitution est de leur fait". "Nous demandons au gouvernement comorien de ne plus intimider les Mohéliens et à la communauté internationale, l’Union africaine et à la France d’être à nos côtés pour le respect de ces accords", déclare solennellement "Ligue". Quand on évoque les magasins d’Anjouanais incendiés à Fomboni, ainsi que la pharmacie du vice-président mise à sac jeudi dernier, il reconnaît "quelques maladresses incontrôlées qu’on ne peut pas arrêter" et réclame que les gens "torturés et tabassés" soient pris en charge pour leurs soins médicaux.
"Paka Modja Nguefo !" ("Jusqu’à ce que l’un de nous meure") : cette expression mohélienne traduit le sentiment qui prévaut aujourd’hui sur l’île de Djoumbé Fatima. Le mouvement de Mayotte tient à remercier l’opposition anjouanaise et grand-comorienne qui a soutenu Mohéli en boycottant le vote du Congrès. "Souvent, on nous dit que nous sommes petits, avec nos 20.000 habitants, et que nous ne sommes pas capables de gouverner. Pourquoi nous intimider ? Mohéli fait partie de l’Union !", s’insurge Hamidouni, un autre membre de ce mouvement. "Cela fait plus de 35 ans que Mohéli s’est laissée diriger par les deux autres, et elle attend son tour".
Source : Flash Info nº2504 du mercredi 10 mars 10
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