LES JOURNALISTES FRANÇAIS PASSENT SOUS SILENCE LE DISCOURS DU PRESIDENT DES COMORES

LES JOURNALISTES FRANÇAIS PASSENT SOUS SILENCE LE DISCOURS DU PRESIDENT DES COMORES

Lors de son intervention dans le cadre des débats de la 65ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, le président comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a axé son discours sur le différend franco-comorien concernant l’île comorienne de Mayotte.
Il a profité de cette turbine mondiale pour dénoncer sans concession les violations des résolutions onusiennes par la France et les crimes dont sont victimes certains comoriens de Mayotte. « Je juge également essentiel et opportun de rappeler, aujourd’hui, quelques résolutions de notre Organisation, qui confirment la légitimité de la revendication comorienne de cette ile de Mayotte » a-t-il déclaré.
Il a surtout insisté sur la résolution nº 31 (IV) (voir ci-dessous) en date du 21 octobre 1976, qui selon lui « restera, à jamais, gravée dans la mémoire » de ses compatriotes Comoriens.
Il a accusé ensuite la France d’être responsable de milliers de morts dans la traversée de 70 km séparant Mayotte d’Anjouan en exigeant « illégalement » un visa aux comoriens désirant se rendre à Mayotte « Je tiens à souligner ici que l’imposition de ce visa en 1995, a des conséquences humainement dramatiques. Elle fait du bras de mer d’environ 70 km séparant Anjouan de l’ile s½ur de Mayotte, le plus grand cimetière marin au monde, avec près de sept mille morts déjà comptabilisés. »
Dans son « réquisitoire » le chef de l’Etat comorien n’a pas omis de souligner la mauvaise foi de l’Etat français : « Alors que nous nous étions mis d’accord pour mettre en place un groupe de travail de haut niveau chargé de relancer le dialogue et réfléchir ensemble à de solutions justes et équitables, la France organisait le 29 mars 2009, une autre consultation visant à transformer le statut de l’ile de Mayotte en un département d’outre mer» assena l’avocat des Comores. Ce qui suppose que le GTHN (groupe de travail de haut niveau) anesthésié après le début de processus de la départementalisation de Mayotte (contraire à la résolution nº 31 (IV) en date du 21 octobre 1976) ne peut pas être réveillé avant l’arrêt de ce processus n’en déplaise à l’ancien ministre des relations extérieures Said Ahmed Ben Djaffar qui laisse entendre que le GTHN peut-être « réveillé » pour (peut-être) accompagner cette fois-ci l’européanisation de Mayotte.
Au lendemain, de ce discours héroïque, les oreilles de presque tous les comoriens étaient collés à leurs transistors afin de s’enquérir des commentaires des journalistes français, en vain. Aucun média français « dit libre » n’a réagi à cette intervention du chef de l’Etat comorien, préférant ne pas faire davantage de publicité à un discours qui dérange beaucoup.
Un silence médiatique offrant à l’administration française (à Mayotte) l’occasion de bafouer le droit international et de perpétuer impunément un génocide qui ne veut pas dire son nom.
Des milliers de comoriens sont attendus à l’aéroport de Hahaya pour accueillir en héros le chef de l’Etat comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi

Résolution nº 31 (IV) en date du 21 octobre 1976

CONSIDERANT que l’occupation par la France de l’ile comorienne de Mayotte constitue une atteinte flagrante à l’unité nationale de l’Etat comorien, membre de l’organisation des Nations Unies,
Considérant qu’une telle attitude de la France constitue une violation des principes des résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies, en particulier de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée Générale, en date du 14 décembre 1960, relative à l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, qui garantit l’unité nationale et l’intégrité territoriale de ces pays.
1) Condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 1976 organisés dans l’ile Comorienne de Mayotte par le gouvernement Français et les considère comme nuls et non avenus, et rejette ;
a) Toute autre forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire Comorien de Mayotte par la France ;
b) Toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale Française en territoire Comorien de Mayotte.
2) Condamne énergiquement la présence de la France à Mayotte qui constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République Indépendante des Comores »

Mohamed MAHMOUD
Wongo – Gde Comores
http://wongo/skyrock.com/

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