Les greffiers du tribunal de Moroni poursuivent leur mouvement de grève
Les greffiers du tribunal de Moroni ont déclenché depuis lundi matin, une grève pour des revendications liées à leur situation salariale et des indemnités de logements et de responsabilités. Pour essayer de casser ce mouvement qui revient une deuxième fois en l’espace de trois mois pour les mêmes revendications, les hautes autorités judiciaires auraient engagé des stagiaires pour travailler à la place des greffiers en grève.
Une attitude dont les auxiliaires des juges dénoncent vigoureusement. « Dans les règles judiciaires, les actes des magistrats sont nuls quand ces derniers travaillent sans greffiers. Et nous demandons nos droits», indique une greffière qui a préféré garder l’anonymat. Selon elle, « nous avons envoyé un préavis auprès des autorités compétentes, et nous n’avons pas eu de réponse. Le délai étant dépassé, on a décidé de déclencher cette grève».
Ce lundi même, les greffiers ont informé la situation au président de la République par un courrier. «On a envoyé un courrier au chef de l’Etat demandant un rendez vous et jusqu’à maintenant nous n’avons pas de réponse », a lancé un autre greffier, parlant au nom du collectif.
Suite à la grève, le ministre de la justice a émis une réquisition demandant une greffière d’instruction de reprendre son travail. L’assemblée générale du collectif a donné un avis favorable et cette dernière a repris son travail. « Les autorités nous menacent de réquisition, sanction administrative et pénale », dénoncent à l’unisson les greffiers. A la place des greffiers fonctionnaires, ce sont les stagiaires qui exercent seuls et actuellement, les fonctions des grévistes.
Trois mois de cela, ces greffiers avaient déclenché une grève pour les mêmes revendications. Le ministre de la justice s’était alors engagé à les satisfaire dans une semaine et depuis rien n’a été signalé. Malheureusement pour eux, le ministre n’a pas tenu son engagement. Et les greffiers pensent qu’on manque de considération à leur égard. « Cette fois ci, on ne veut pas de promesse mais de la pratique », lance une greffière.
Fatouma Hamada
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