Les exécutifs de Mohéli et Ngazidja menacent !
Moroni, lundi 19 avril 2010 (HZK-Presse) ? « Après le 26 mai 2010, Sambi n’est plus président. J’ai déjà monté ma milice comme il en existe dans les autres îles. Je serais président de Mohéli », déclare Achraf commissaire à l’Intérieur de l’île de Mohéli, 48 heures après la suspension du dialogue qui avait réuni les exécutifs des îles et la présidence de l’Union. Ces propos lourds de gravité sont tenus ce lundi matin dans les locaux du chef de l’exécutif de Ngazidja lors d’une conférence de presse conviée par les délégations de Mohéli et de Ngazidja qui ont pris part à la rencontre au sommet exécutifs de l’Union et des îles du 14 au 16 avril dernier. Un dialogue terminé sans aucun compromis sur un nouveau calendrier harmonisé des futures élections.
« A partir du 26 mai, chacun sera président dans son quartier ou son village, comme les Bantoustan en Afrique du sud », renchérit avec humour, Houmedi Msadié, un des leaders de l’opposition qui ont pris part aux négociations. Un sentiment de désolation envahit la Convergence nationale pour mai 2010. Mais cette coalition de l’opposition ne perd pas espoir. Elle n’exclut pas de revenir à la table des négociations. « L’opposition voit l’utilité et l’importance du dialogue. On sait qu’il va s’ouvrir une période difficile après la fin du mandat de Sambi en mai prochain », poursuit ce secrétaire général de la Convention pour le renouveau des Comores (CRC), parti de l’ancien régime du colonel Azali.
Comme Anjouan, Ngazidja et Mohéli ont aussi proposé des calendriers pour les dates de la tenue des élections présidentielles. Alors qu’Abdouloihabi avance le mois d’octobre avec chronogramme à l’appui pour organiser ces scrutins, l’île de Djoumbé Fatima voudrait qu’en fin novembre 2010, un mohélien prenne les règnes du pays.
Mais après le premier round des négociations tombé à l’eau, l’opposition est septique. « Nous doutons de la bonne foi du président Sambi de vouloir négocier. Il est décidé à s’accrocher à jamais au fauteuil présidentiel. La preuve de cette mauvaise foi, c’est la venue des mercenaires qui ne sont même pas libyens mais ukrainiens parait-il », se plaint-il, visiblement en colère.
Pour justifier sa position, l’opposition continue de mettre en cause la loi du congrès votée le 1er avril, qui prolonge le mandat de Sambi jusqu’en novembre 2011. Un texte que le gouvernement défend bec et ongle comme seule référence. Mohamed Ismael, porte-parole de la convergence et un des membres de la délégation qui a accompagné le chef de l’exécutif de Ngazidja soutient que « la loi du congrès est anticonstitutionnelle. Si Sambi ne s’était pas érigé en député en légiférant par ordonnance, cette décision allait toujours être contraire à la constitution. N’en parlons plus que cette loi du congrès n’a pas pris en compte les 5 ans stipulés par la révision constitutionnelle, qui ne s’applique même pas à l’actuel président ».
Par rapport à une éventuelle transition après le 26 mai, l’opposition affirme « attendre régler d’abord la question du calendrier surtout que Sambi est d’accord pour cette transition ». Et Kamar Ezamane de préciser que « le mandat de Sambi se termine se 26 mai, il n’y a qu’un consensus de toutes les forces politiques qui peut trouver une solution au vide qui va naître après cette date ».
A.A. Mguéni
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