Le président Sambi déclare à l’Afp : “Nous sommes un pays ouvert à tous les investisseurs quelle que soit leur nationalité
Le chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, a accordé une longue interview à notre confrère Hervé Bar, chef du bureau de l’Agence france presse (Afp) basé à Nairobi. Le président de la République a abordé, sans détour, tous les sujets d’actualité, notamment la situation politique, la présence des militaires libyens aux Comores, la visite du commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine, la situation à Mohéli, la question de Mayotte, les relations avec la France, la situation économique, les investissements arabes et l’influence supposée de l’islamisme aux Comores.
Le président met fin aux nombreuses “spéculations” véhiculées et aux “contrevérités” qui circulent sur la présence de militaires libyens aux Comores. Le président a dit que c’est à sa demande qu’il a faite au Guide libyen il y a neuf mois, que “des frères de ce pays sont venus pour encadrer et former l’armée nationale, notamment le Groupement chargé de la sécurité des hautes personnalités (Gshp)”. “Toutes les hautes autorités du pays étaient tenues informées, sinon de la date de leur arrivée, du moins de la demande faite et de l’accord de la Libye”.
Concernant la mission du commissaire de l’Ua, le chef de l’Etat a précisé que M. Lamamra a demandé aux parties comoriennes de “privilégier” le dialogue. “Ce que j’ai accepté et que je mets en ½uvre en rencontrant dès ce mercredi à Moroni, les chefs des exécutifs des îles pour discuter du format et des modalités de ce dialogue, qui sera basé sur le calendrier proposé par le gouvernement”.
A la question de savoir s’il serait prêt à avancer la date de l’harmonisation des élections, le chef de l’Etat a répondu qu’il n’y voit aucun inconvénient “à condition qu’on trouve une base juridique” et en précisant que changer la date fixée par le congrès ne dépend pas directement de lui-même.
Sur la possibilité de troubles à Mohéli, il a déclaré : “cela m’étonnerait, du fait qu’à Mohéli, justement, on a approuvé plus massivement que dans les autres îles, la loi référendaire”.
Il a “exhorté” tous les Comoriens et surtout nos “frères Mohéliens” à préserver la démocratie et à “veiller au respect des processus démocratiques qui font de notre pays, un bon élève de la démocratie”
Sur le problème de Mayotte, le président a déclaré : “cette île est, et restera à jamais comorienne comme l’ont d’ailleurs reconnu les Nations unies, la Ligue des Etats arabes, l’Union africaine et toutes les autres organisations internationales”. Pour résoudre ce différend et instaurer un climat de confiance, le chef de l’Etat s’est déclaré prêt à continuer le dialogue, “la guerre de la salive” et qu’il reste “dans l’attente d’une réponse” de la partie française sur la proposition qu’il a faite aux Nations unies de “Un pays, deux administrations” en précisant : “Une administration française sur l’île de Mayotte pour une durée déterminée, en échange de la reconnaissance par la France de la souveraineté comorienne sur cette île”.
Selon le président Sambi – qui reconnaît que la France reste le premier partenaire des Comores –, la décision unilatérale de l’organisation du référendum à Mayotte sur la départementalisation de cette île a freiné les travaux du Groupe de travail de haut niveau (Gthn).
A propos de la présence des investisseurs arabes dans le pays, notamment Bachar Kiwane, le chef de l’Etat a expliqué que le pays est ouvert à tous les investisseurs quel que soient leurs nationalité et que d’autres investisseurs, notamment asiatiques, et européens s’intéressaient aux Comores. “D’autres encore, en particulier de l’Amérique Latine pourraient investir dans le pays”. Selon le chef de l’Etat, le président du Venezuela, Hugo Chavez, qu’il a sollicité dans ce sens, “consulte ses partenaires de cette partie du monde, pour la tenue d’une conférence économique en faveur des Comores, tout comme la Malaisie souhaite le faire pour les pays asiatiques”.
Concernant les finances publiques, le chef de l’Etat, qui reconnaît les difficultés du pays dans ce domaine, a révélé que pour alléger le dur problème des salaires, il a “demandé et obtenu de la Libye la prise en charge des salaires de l’armée pendant un an et émis le souhait auprès de la Ligue des Etats arabes, pour que celle-ci prenne en charge les salaires du secteur de l’Education pour une durée de cinq à dix ans”.
Le président Sambi s’est dit heureux que depuis son accession à la magistrature suprême en 2006, les Comores aient pu “rembourser 8 milliards de dette extérieur, permettant ainsi le retour des institutions financières mondiales dans le pays après l’avoir quitté depuis les années 1990”.
A propos des questions religieuse, le président s’est félicité que les Comoriens “aient toujours pratiqué un Islam de paix et de tolérance” et souhaité que le pays soit préservé de l’intégrisme et de la violence qu’il “condamne sans réserve”.
Sur son action globale, le président de la République se dit “satisfait d’avoir corrigé l’image du pays et contribué à le faire mieux connaitre à l’extérieur” et, enfin, d’avoir rétabli la crédibilité des Comores auprès de la communauté internationale “qui a commencé à nous faire confiance”.
Sources www.beit-salam.km
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