Le Fmi appelle à “renouer” avec les efforts d’assainissement et d’“accélérer” la mise en ½uvre du calendrier des réformes structurelles
Les entretiens, que les experts du Fmi ont eus avec les autorités comoriennes, entrent dans le cadre de la première revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec). La mission avait également pour objectif d’achever les préparatifs en vue du point de décision de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (Ppte), prévu à la date du Conseil d’administration du Fmi, le 21 juin prochain.
Au cours du point presse, le chef de mission pour les Comores, Mbuyamu Matungulu, a soutenu que les résultats sont “globalement satisfaisants” et qu’ils “reconfirment la volonté” du gouvernement de poursuivre le programme. Le chef de mission a également observé que “l’évolution macroéconomique observée en 2009 a été encourageante”. La mission note, en effet, une “ légère” augmentation de la croissance économique qui a atteint 1,8% en 2009 contre 1% en 2008. Ce léger accroissement a été possible, selon la mission, sous l’effet du “redressement de l’appui des bailleurs de fonds, de l’investissement direct étranger dans le secteur bancaire, et de la bonne tenue des envois de fonds de la diaspora”. Entre autres faits positifs recensés par les experts du Fmi, la réduction du déficit extérieur courant “à cause de l’affermissement des termes de l’échange et l’importance des appuis budgétaires extérieurs”. Ce déficit a été ramené de 11,3% du Pib en 2008, à 7,9% du Pib en 2009. De l’avis du chef de mission, “les autorités ont légèrement dépassé leur objectif de recettes pour 2009”. “Toutefois, a-t-il regretté, les progrès dans l’assainissement budgétaire ont été freinés par les dépassements de crédits de fonctionnement, notamment les dépenses de personnel, les autorités comoriennes restant confrontées à des difficultés de gestion de la masse salariale”. A ce sujet, la mission note une stagnation, à 2,6% du Pib, du déficit du solde budgétaire primaire intérieur, soit un niveau proche de celui de 2008, comparé à l’objectif programmé de 1,6% du Pib. “ Quoiqu’avec beaucoup de retards pour certaines, plusieurs mesures prévues dans le calendrier de réformes structurelles ont été appliquées. Tous les indicateurs structurels, sauf un, ont été respectés”, a constaté Mbuyamu Matungulu avant de préciser que “ le gouvernement ne s’est pas encore accordé avec la Société financière internationale sur les options de reformes à envisager pour les société des télécommunications et des hydrocarbures, ce qui constituait un repère structurel pour la fin septembre 2009”.
Par ailleurs, la mission du Fmi a montré que les perspectives à court terme indiquent une poursuite du renforcement de l’activité économique en 2010, la croissance du Pib réel atteignant probablement près de 2%.
Quant aux perspectives macroéconomiques à moyen terme, elles sont jugées “favorables”. La mission d’évaluation, qui a examiné les perspectives budgétaires, a encouragé les autorités de veiller à respecter “scrupuleusement” leur cadrage budgétaire pour l’année 2010, conformément aux objectifs macroéconomiques à moyen terme fixés par le gouvernement au titre de l’accord Fec. De même, elle appelle à “renouer” avec les efforts d’assainissement budgétaire et d’”accélérer” la mise en ½uvre du calendrier des réformes structurelles, “en privilégiant” la restructuration des services d’utilité publique et les mesures destinées à maitriser la masse salariale. Sur ce point, le vice-président en charge des Finances, Ikililou Dhoinine, a révélé que l’Etat “ne sera plus en mesure de payer les salaires des fonctionnaires sans l’aide des partenaires, si l’on considère que les recettes publiques sont estimées à 900 millions par mois pour une masse salariale mensuelle de 1,4 milliards de francs”.
Enfin, en collaboration avec les services de la Banque mondiale, la mission s’est entendue avec les autorités sur les déclencheurs du point d’achèvement de l’initiative Ppte. Il s’agit notamment de mesures visant à consolider la stabilité macroéconomique, à améliorer la gestion des finances publiques et la gouvernance, à renforcer la santé et l’éducation, à soutenir la croissance et à améliorer gestion de la dette. La mission s’est également entendue avec les autorités comoriennes sur les grandes lignes du programme économique pour 2010 qui pourrait servir de base à la conclusion de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit.
source:al watawn
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