Le désarment des ex-FGA vers sa concrétisation

Le désarment des ex-FGA vers sa concrétisation


Le programme de démobilisation, désarmement et réintégration (PNDDR) a connu un moment de flottement. Mais avec la mise en place d’un document cadre pour accompagner le processus, la machine va bientôt redémarrer.

« Il est attendu que dans un avenir proche le programme soit traduit en action », rassure Youssouf Salim alias Massaka, le chargé du volet réintégration socio-économique du PNDDR (programme national démobilisation désarmement réintégration). Lancé officiellement en juin dernier, ce programme du système des Nations Unies destiné à venir en aide, entre autres, aux ex-FGA [Force de gendarmerie d'Anjouan, sous le régime du colonel rebelle Mohamed Bacar] dans le cadre du fonds consolidation de la paix, le PNDDR a connu une phase de flottement due à l’absence d’un document cadre pour accompagner le processus. Néanmoins, différentes étapes ont été franchies jusqu’ici.

Il s’agit plus particulièrement de « la sensibilisation communautaire, l’identification des ex-FGA et l’élaboration de deux manuels opérationnels intégrés, l’un sur le désarmement et la démobilisation et l’autre sur la réintégration socio-économique », mentionne Youssouf Salim. 306 ex-FGA se sont enregistrés et 400 armes sont estimées en divagation. Jusqu’à maintenant, ce sont seulement trois armes en provenance des civils qui sont ramassées. Le chargé du volet réintégration socio-économique de ce programme affirme qu’ « il est temps de réintégrer ceux qui ont déjà ramassé les armes et les autres bénéficiaires du PNDDR». Une campagne de sensibilisation de proximité sera parallèlement lancée dans les médias pour une bonne compréhension du PNDDR.

Nombreux sont ceux qui réclament la concrétisation rapide de ce programme. Moussa Toybou, le gouverneur de l’île d’Anjouan, a récemment appelé « les autorités compétentes à trouver très vite une solution aux ex-FGA qui, selon lui, vivent des conditions de vie très difficiles ». « L’appui à la réintégration économique vise à aider les ex-FGA, leurs épouses ou filles, les victimes et les civils ayant ramassé des armes à se prendre en charge par l’exercice d’une activité de réintégration pour qu’ils subviennent à leurs besoins de base de façon durable », mentionne un document de présentation du PNDDR.

Trois catégories de victimes (les victimes décédées, les victimes de violence sexuelle et les victimes avec handicap physique dû au conflit) sont concernées par ce programme. Pour les victimes décédées, les bénéficiaires sont : l’ayant droit sans activité ou dont l’activité nécessite un renforcement de capacité technique ou un accompagnement. En cas d’inexistence d’un enfant majeur, le « garant » de la famille peut être éligible dès lors que la preuve est établie qu’il a la gestion des charges de la famille.

Le schéma de la réintégration est composé de la sensibilisation des bénéficiaires et partenaires, en passant par l’identification, l’évaluation et la sélection des partenaires, la formulation et dépôts des projets, la soumission au comité projet pour analyse, l’accord de financement et convention, l’exécution et réalisation du projet et enfin le suivi évaluation. Les organisations ciblées par le PNDDR et le PNUD pour venir en aide aux bénéficiaires du programme sont notamment le BIT et le FNUAP.

Faissoili Abdou
Publié par: HZK-Presse: 22/09/2010 –

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