Larifou: » Après le 26 mai, Sambi sera un usurpateur «
Selon Me Larifou, si cela devait être le cas, l’opposition comorienne pourrait poursuivre le président Sambi devant les juridictions internationales « pour crimes contre la paix ». « Dans cette perspective, nous sommes en discussions avec des avocats pour bétonner notre dossier » a-t-il fait savoir. Le président du Ridja a, en outre, pointé le virage géo-stratégique de la diplomatie comorienne, aujourd’hui alignée sur l’Iran. « Le chef de l’Etat dispose d’une garde prétorienne composée principalement d’Iraniens. Cela dénoté un manque de confiance vis-à -vis de l’armée nationale » ajouta-il.
Il a surtout critiqué la « nébuleuse mafieuse » qui entoure le régime Sambi, allusion à l’homme d’affaire franco-syrien Bachar Kiwan, patron du groupe Comoro-Gulf Holding (Cgh). « En tant que citoyen comorien, j’ai saisi le parquet de Paris, qui va prochainement engager une enquête sur les agissements suspects et anormaux de M. Bachar Kiwan aux Comores » a-t-il dit.
Me Larifou a regretté «la vente aux enchères de notre citoyenneté à Dubai ».Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à Dubai, le passeport comorien se vend comme une baguette. Les Comoriens sont devenus suspects. J’en fais régulièrement l’expérience à travers mes voyages ».
Le patron du Ridja devait partir le dimanche soir pour Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine. Avec une délégation de l’opposition comorienne, qui devra quitter Moroni les jours à venir, il a rendez-vous avec Jean Ping, président de l’UA. Selon lui, comme au Niger et en Cote d’Ivoire, l’UA doit s’impliquer davantage dans la crise comorienne. « Pour l’opposition comorienne, après le 26 mai prochain, Sambi sera un usurpateur et son pouvoir illégal » a-t-il martelé.
Me Larifou s’étonne que le pouvoir en place à Moroni veuille s’asseoir du l’Accord de Fomboni, « qui a institué une transition de douze ans, soit quatre ans pour chaque île ». « Il faut se rappeler que c’est l’île d’Anjouan qui a imposé ce système. Au départ, la Grande Comore n’y était pas favorable, mais puisque rien ne valait l’unité nationale, les deux autres îles ont accepté le principe ». Une manière de dire que l’île d’Anjouan ne peut pas, tout le temps, changer les règles du jeu pour ses convenances personnelles.
Pour Kamal Abdallah, porte-parole du Collectif pour la défense de la démocratie aux Comores (CDDC), au même titre que les autres îles de l’archipel, Mohéli doit, à son tour, présider aux destinées des Comores.
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