Justice à Anjouan: Le colonel Abeid bénéficie d’une réduction de peine

Justice à Anjouan: Le colonel Abeid bénéficie d'une réduction de peine

Lundi matin, au palais de justice de Mutsamudu, a été prononcé le verdict du jugement en appel qui avait opposé Atuyaba Mohamed, Allaoui Ahmed Laredoute et Said Ali Mansoib (partie civile), contre Said Abeid Adnérémane, Amir Abdou, Kamal Soundi, Ascalane Combo et Allaoui Ahmed alias Bapouroukou. Pour rappel, le groupe a été jugé, chacun à son degré de responsabilité, pour « viol, complicité de viol et coups et blessure volontaires ».
Par rapport au jugement qui a été rendu en première instance, les peines ont été cette fois réduites, sauf pour Amirdine Abdou, lequel voit la sienne passer de treize mois de prison ferme à trois années, plus 500 000 francs d’amende. Il est en effet reconnu coupable de viol sur Atuyaba Mohamed.
Le colonel Saïd Abeid, dont le délit de « complicité de viol et de coups et blessures volontaires » a été requalifié en « non assistance à personne en danger », a quant à lui bénéficié d’une réduction conséquente de sa peine : deux mois d’emprisonnement ferme au lieu de treize, et 250 000 francs d’amende au de 500 000.
Allaoui Bapouroukou et Ascalane Combo ont eux aussi vu leur condamnation de treize mois ferme ramenée à deux mois, mais devront participer, en même temps que tout le reste du groupe, au dédommagement à hauteur de 3 millions de francs au bénéfice d’Allaoui Laredoute (le premier jugement lui avait accordé 5 millions de francs) à titre de réparation du préjudice physique et moral qu’il a subi. L’ensemble des condamnés devra également s’acquitter solidairement d’un autre dédommagement, cette fois à hauteur de 200 000 francs, au bénéfice de Saïd Ali Mansoib.
Rappelons que samedi, lors de la deuxième audience de ce procès en appel, la cour avait rejeté toutes les exceptions soulevées précédemment par la défense. Notons de même que le parquet avait, à l’issue des plaidoiries des uns et des autres, requis 5 ans d’emprisonnement dont 9 mois fermes et 100 000 francs d’amende contre Amirdine, 6 mois de détention ferme et 15 000 francs d’amende contre Abeid, et 1 mois ferme et 100 000 francs d’amende contre Allaoui et Askalane. La défense avait cependant estimé que le parquet, n’ayant pas fait appel préalablement, n’avait pas le droit de réformer verdict rendu en première instance.
Il convient également de souligner que durant tout le procès, le colonel Abeid n’a cessé de nier toute implication ni même avoir été au courant des faits invoqués par la partie civile. Son avocat demandait quant à lui au tribunal d’ « établir clairement la complicité » dont son client a été accusé. Or, en aucun moment l’ex-chef séparatiste n’a pu contester un témoignage clé d’un des plaignants, en l’occurrence Allaoui Laredoute.
Ce dernier a en effet déclaré que le jour de son arrestation par le SIR (Section d’Intervention Rapide, une force créée à l’époque par Abeid), il a été conduit au domicile d’Abeid et présenté devant lui, avant d’être transféré dans une maison située en face de chez Abeid, et de subir par la suite les tortures de ses miliciens. L’ex-président de l’Etat d’Anjouan n’a pas non plus nié les propos que lui a prêtés Mansoib, un des plaignants, selon qui le colonel lui aurait confié à l’époque des faits et en référence des faits, qu’ « on ne peut pas faire une omelette sans casser les ½ufs ».

Fidel Adami (Correspondant à Anjouan)
Publié le: 19/01/2011 – 09:48:38 Par: HZK-Presse

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