Journalisme : pour l’application des textes
Un membre du bureau de l’Ocpe, a considé que “le manque d’une notification écrite par une autorité habilitée de la sanction infligée au chef de la rédaction du journal d’Etat est la preuve que les textes sont bafoués“. La protection de l’exercice du journalisme aux Comores a fait l’objet d’une réunion d’échanges et de concertations, vendredi 4 février à la Maison de l’Association comorienne des droits de l’homme à Moroni.Â
L’initiative est de l’Organisation comorienne de la presse écrite (Ocpe) et l’Association des radios et télévisions comoriennes (Sawuti), en réaction à la restriction de travailler dont fait l’objet le journaliste Ahmed Ali Amir, le rédacteur en chef d’ Al-watwan. La gravité de la situation, selon le président de l’Ocpe Aboubacar Mchangama, est le fait que c’est une autre hiérarchie, et non le ministre de l’information ou toute autre autorité relevant de la tutelle de l’information ou de la communication, qui est derrière pour tirer les ficelles. Mchangama s’étonne quand, aujourd’hui, un journaliste se voit sanctionné pour avoir exprimé son opinion.Â
“C’est quel genre de journaliste qui ne peut pas exprimer son opinion!“ s’exclame-t-il. Plus effaré, le directeur du journal L’Archipel et président de l’organisation de la presse écrite constate que la censure est aujourd’hui activement soutenue par des “jeunes cadres cherchant à défendre tout simplement leurs postes politiques“. Il a été rappelé, au cours de l’échange des journalistes, que le journaliste Ali Amir, comme beaucoup de ses confrères, n’est pas à ses premières représailles de la part des autorités publiques à cause de sa plume.Â
C’est ainsi que le responsable de La Gazette des Comores et membre fondateur de l’Ocpe, El-Had Said Omar, a appelé les journalistes à “rester plus objectifs et renforcer la cohésion pour la défense de l’exercice du métier dans le respect des textes“. Justement, l’inapplication des textes censés réguler le secteur est à l’origine de tout le flou qui y règne. Saminya Bounou, membre du bureau de l’Ocpe, a souligné que “le manque d’une notification écrite par une autorité habilité de la sanction infligée au chef de la rédaction du journal d’Etat est la preuve que les textes sont foulés“. Elle a surtout rappelé qu’il est temps de faire la différence entre un “journal d’Etat“ et un “organe d’information d’un gouvernement“.Â
Pour le responsable de l’association Sawuti, Ahmed Abdallah Mgueni, les médias publics et privés “sont tous sous la coupe de l’autorité politique. Pour y faire face; il faut une solidarité entre professionnels du métier“. A l’issue de l’échange de vendredi, il a été décidé que l’Ocpe et Sawuti vont signer une lettre conjointe de protestation face à cette attitude du pouvoir qui sera adressée à toutes les autorités politiques avec copie aux organismes internationaux en poste à Moroni.Â
De même, une journée sans presse sera aussi organisée en signe de solidarité au journaliste et son organe afin de sensibiliser l’opinion sur la pression que subissent les journalistes de la part des autorités politiques. Mais le cheval de bataille des organisations de la presse comoriennes est désormais d’user de toute leur énergie pour la mise en place d’un cadre légal de l’exercice du métier. Depuis l’adoption du code de l’information, les textes d’application notamment relatifs à la mise en place du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) restent encore en souffrance. Le Cnpa est l’organe censé réguler et orienter la profession du métier de journaliste aux Comores.Â
M. Soilihi Ahmed
Publié par Al-Watwan
le 07 février 2011
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