Intégralité du discours prononcé par SEM le Chef de l’Etat à l’occasion du grand rassemblement de Fomboni
Autorités de l’Etat ;
Responsables communautaires ;
Chers pères, chères mères,
Chers frères grands et petit et chers enfants ;
Honorables assistance
Vous qui m’entendez aussi bien dans les quatre iles qu’à l’extérieur ;
Lorsqu’on vous rend hommage, il convient de répondre par un hommage plus parfait encore qu’on en a reçu.
J’ai reçu ici des hommages politiques. Vous me permettrez d’abord de vous dire tout mon bonheur aujourd’hui. Mon c½ur est apaisé quand je vois la qualité de cette assistance, rehaussée par les autorités, les notables, les femmes, je enfants et les jeunes.
Si cette assistance a un sens, elle signifie certainement que les patriotes qui mettent en avant les intérêts de la Nation avant leurs intérêts personnels, et que je croyais très rares, sont en réalité très nombreux. Que Dieu vous fasse croitre en nombre.
D’autres personnes, peu nombreux je le sais, sont irritées par ma seule présence à ce grand rassemblement.
Ils devaient sans doute se dire que c’était chose impossible. Or Dieu l’a rendu possible.
Vous avez aujourd’hui administré la preuve qu’à Mwali il y a des gens qui croient profondément à l’unité de ce pays et à l’unicité de l’Etat.
Vous avez prouvé, que dans ce pays, il ya des gens qui croient que notre vraie richesse est réside dans la paix et la stabilité.
Une fois encore, vous avez confirmé qu’il existe dans ce pays des gens qui croient que la vie d’une Nation n’est pas la vie d’un individu et que la Nation passe avant.
Honorable assistance,
J’aurais aimé vous parler de beaucoup de choses. Mais en raison des contraintes du temps dont nous disposons, je me sens l’obligation d’apporter des réponses à une question que beaucoup de comoriens se posent. On me l’a posée à Ngazidja et Ndzouani et à entendre ceux qui ont pris la parole ici, on souhaite ici également que je dise réellement pourquoi j’ai accepté de signer l’Accord sur la période transitoire.
Avant de répondre à cette question, je dois expliquer, pour ceux qui ne le savent pas, de quoi il s’agit exactement.
Comme vous le savez, notre pays dispose de ses institutions : nous avons un parlement, des Conseils des Iles, la Cour Constitutionnelle et le Président ainsi que toutes les autres institutions prévues par la Constitution.
J’ai proposé la révision de certains article de la Constitution et vous m’avez donné votre approbation lors du référendum, à Mwali plus encore qu’à Ngazidja et Ndzouani, dans l’intérêt du pays.
Vous m’avez demandé de remédier à certains dysfonctionnement, notamment la tenue d’élections tous les ans, de 2006 à 2019, à l’exception notable de 2011. Je n’aurai pas pu le faire sans votre approbation.
J’avais également proposé la modification des appellations car nous avions quatre présidents, quatre gouvernements, quatre parlements et quatre Constitutions. Vous m’avez approuvé dans ces réformes.
Mais comme vous le savez, la fixation par le Congrès, de la date des élections harmonisées du Président et des Gouverneurs à novembre 2011, a été utilisée comme un étendard et le nom de Mwali et des Mohéliens a été utilisé encore plus pour bafouer notre Constitution.
Toutefois, dès lors que j’ai parfaitement compris et interprétés les man½uvres de ceux qui n’ont pour ce pays que de mauvaises intentions et dès lors que j’ai compris que ce qu’on me proposait était à prendre ou à laisser avec, dans ce dernier cas, voir le pays sombrer dans l’inconnu, j’ai du accepter que les élections qui devaient se tenir en novembre 2011 aient lieu en novembre 2010 pour les terminer en décembre.
J’ai compris surtout que c’était moi personnellement qu’on cherchait et, à travers moi, le pays.
On avait sans doute escompté mon refus de changer la date de novembre 2011 fixé par le Congrès, en me basant sur respect de la Loi de notre pays.
Mais savez-vous alors ce qui se serait passé ? des gens malintentionnés, étaient bien décidés à faire de cette question un cheval de bataille pour endeuiller notre pays, le démembrer et y semer la zizanie dans le but d’entrainer des pertes en vie humaines et des pertes en terme économique et financier. C’était ce qui était recherché.
En effet, un refus de ma part, était l’occasion pour certains, de saper les bonnes perspectives qui s’ouvrent au pays aujourd’hui et d’abattre l’arbre que nous avons planté et qui, dors-et-déjà , commence à porter ses fruits. La prospérité annoncée et les bienfaits qui commencent à parvenir à ce pays allaient être compromis.
Je suis un être humain. Je me suis alors dit, puisqu’il ne s’agit pas de la marche d’une association mais de la vie d’une Nation, que si je dois me sacrifier, cela ne me posera aucun problème.
Mes frères,
Certains d’entre vous, y compris ici à Mwali, à Ngazidja et à Ndzouani ne sont pas satisfaits de cet accord. Mais je leur ai demandé au contraire de se réjouir parce que nous avons défendu le pays en préservant son unité, la paix, la sécurité et la stabilité qui sont nos vraies richesses.
Défendre le pays c’est aussi préserver les atouts dont nous l’avons doté aujourd’hui et que certains veulent éloigner.
Je ne souhaitais pas m’étaler sur ce point mais j’ai voulu vous dire pourquoi j’ai accepté cet accord. Je l’ai accepté en me posant des questions sur les conséquences de mon refus. Quand j’ai eu les réponses, je me suis dit que si certains Comoriens ne me comprennent pas aujourd’hui, ils comprendront un jour qu’il s’agissait de maintenir le même élan politique que celui que nous avons amorcé avec le référendum et que nous avons entrepris pour aider ce pays. Ce sont toujours les intérêts du pays et le même objectif qui ont guidé notre attitude en acceptant un accord qu’il m’était difficile de refuser de signer, en tant que Président de la République, garant des institutions de ce pays.
Et, puisque je me trouve à Mwali, devant les fils, les filles et les parents de Mwali, je dois user d’un langage que les Mohéliens comprendront mieux que les anjouanais et les grands-comoriens.
Moi qui suis aujourd’hui le Président de la République, j’ai certes le devoir de rechercher les intérêts de tous les Comoriens. Toutefois, étant à Mwali, je vous jure par Allah le Tout-Puissant, que si tous les Comoriens doivent être félicités pour cet accord, ce sont bien entendu d’abord et surtout les Mohéliens qui doivent recevoir ces félicitation avant tout le monde, et ce, pour plusieurs raisons.
D’abord parce qu’il ya des gens qui ne souhaitent pas que la prospérité dont Dieu nous montre chaque jour les signes, que nous pouvons déchiffrer ou ignorer, parvienne à ce pays.
Ensuite il y a des gens qui ne souhaitent pas que la présidence tournante parvienne à Mwali. Rappelez-vous que souffler sur le feu est le même geste qui sert à la fois à l’éteindre ou à l’attiser.
Ainsi, je jure par Allah, que parmi les raisons qui ont motivé ma signature, c’est pour vous dire, à vous Mohéliens que l’intention que l’on me prêtait de refuser la tournante était fausse. Pouvez-vous aujourd’hui dire que je ne souhaite pas la tournante ? J’ai été le premier et le plus prompt à signer.
J’espère ainsi vous avoir fait la preuve que l’intention que l’on me prêtait ne se justifiait pas. J’étais même d’accord pour des élections en juillet 2010 et j’ai donné des instructions en ce sens à celui qui me représentait.
En effet ma volonté était surtout d’harmoniser les élections.
Ainsi, si je vous dis que vous devez être félicités c’est que Dieu a voulu que je sois là où je suis avec une ambition pour ce pays. Certains de mes projets ont pu être réalisés. D’autres encore que nous avions programmés ne l’ont pas été sans que nous ayons perdu espoir de les voir se réaliser avec l’aide Dieu Tout-Puissant.
Vous devez être félicités et heureux également parce Dieu a voulu, qu’après moi, mon successeur soit Mohélien. Il ne s’agit point, je le précise d’un pouvoir mohélien pas plus que celui que j’exerce n’est un pouvoir anjouanais. Il s’agira d’un pouvoir comorien sous la responsabilité et entre les mains d’un fils issu de Mwali.
Vous devez vous réjouir car, je le jure par Allah, que, quel que soit le fils de Mwali qui deviendra Président, il héritera d’un pays plus prospère que celui dont j’ai hérité. Il trouvera un pays où plusieurs obstacles ont été levés, notamment le séparatisme dont nous l’aurons débarrassé.
Certes, il ne se retrouvera pas sur une autoroute car les problèmes comoriens sont nombreux, notamment la misère et la pauvreté extrême. Mais il ne connaitra pas les difficultés liées au séparatisme. Il n’aura pas à mener la guerre ou le débarquement comme j’ai eu à le faire.
En outre, avec l’aide de Dieu, il ne trouvera pas un pays aussi pauvre que celui dont j’ai hérité en 2006.
Mes frères,
Si le principal problème de ce pays est d’ordre financier, nous avons cherché à le résoudre.
Certes nos soucis restent les mêmes : il y a ceux qui sont privés d’adductions d’eau ; jusqu’à nos jours certains ignorent la couleur de l’électricité ; il y a de nombreux comoriens qui sont dépourvus d’infrastructures routières ou scolaires pour les enfants ; les hôpitaux manquent et lorsqu’il y en a, c’est le médecin qui manque et dans le cas contraire ce sont les laboratoires d’analyses ou les médicaments qui font défaut. Voilà nos problèmes en plus de nos besoins en infrastructures portuaires et aéroportuaires. Nos problèmes sont les mêmes. Notre problème est l’extrême pauvreté.
Mes frères,
Tout cela dont nous avons besoin nécessite des moyens financiers. C’est pourquoi, j’ai prié pour que Dieu m’aide à planter aux Comores un arbre à finances (Mwiri wa mpesa). Je crois l’avoir planté et il ne nous reste que la récolte. Dors-et-déjà , nous bénéficions de ses fruits et vous en êtes les témoins oculaires. Dieu vous a également envoyé des signes pour voir.
J’ai souhaité vous en parler pour que vous vous réjouissiez en voyant que le frère Mohéliens qui viendra après moi n’héritera pas d’un pas pays aussi pauvre que celui dont j’ai hérité.
Je voudrais illustrer mon propos par des chiffres afin que tout le monde puisse comprendre.
D’abord, vous avez entendu parler de l’argent de Doha : 540 millions de dollars ! Depuis que ce pays a accédé à l’indépendance à nos jours, les Comores n’ont jamais disposé d’une telle somme.
Ensuite, vous avez entendu parler de l’argent de la citoyenneté économique : 175 millions de dollars sur un total de 200 millions.
Il y a un mois, nous avons reçu une annonce de 50 millions en provenance d’Arabie Saoudite. Il ne reste plus qu’à les affecter pour qu’ils nous parviennent.
Si en outre, vous ajoutez l’argent venu du Qatar, nous approchons des 900 millions de dollars.
Mes frères,
Cela fait beaucoup d’argent pour nous. Il est donc vrai que Dieu nous a permis de planter un arbre à argent.
Ce n’est pas tout. Les instituions qui avaient divorcé de ce pays sont revenues, notamment les banques dont la BAD à qui nous avons réglé la dette. Cette banque a mis à notre disposition 10 millions d’euros.
Ce n’est pas tout. Le plus important reste que les institutions financières internationales dont le FMI et la Banque Mondiale nous ont délivré un certificat, un diplôme pour Comores. C’est un privilège qui n’est pas accordé à tous les pays. Dieu merci, ces institutions reconnaissant ainsi que les Comores restructurent leurs finances et méritent d’être aidées.
Ce processus nous mènera, avec l’aide de Dieu et si le pouvoir de l’année prochaine poursuit le programme, vers l’affalement total de notre dette qui atteint 144 millions de dollars.
L’effacement de cette dette constituera pour nous une nouvelle naissance. Cela signifiera que toutes les dettes cumulées depuis Ali Soilih pour la réalisation des Moudiriya et plus tard pour les ports, les aéroports, les routes, les adductions d’eau, les hôpitaux et les multiples projets financés par l’extérieur, seront effacées. Nous aurons alors recouvré notre crédibilité pour pouvoir accéder à des prêts.
Ainsi, mes frères, si vous deviez faire le total des chiffres à notre connaissance, ajoutés à la possibilité de notre accès aux crédits auprès des institutions et des fonds, cela constituerait une grande somme. Que Dieu éloigne de nous tout ce qui pourrait refermer ces portes et nous priver de ces perspectives.
Mes frères,
J’ai voulu vous donner ces chiffres, qui sont des réalités, pour vous stimuler et vous donner des raisons d’espérer. Mes pires ennemis ne peuvent nier ces chiffres. Même les médias internationaux qui ne parlent que ce qui est mauvais pour nous, se sont trouvé dans l’obligation d’en parler un peu car il s’agit de la vérité.
Il reste pour vous, Mohéliens, que vous le vouliez ou pas, à assumer une lourde responsabilité car l’avenir des Comores est aujourd’hui entre vos mains.
L’avenir de pays est entre vos mains car il vous revient de remplir les conditions pour que ces financements nous parviennent effectivement.
L’avenir de pays est entre vos mains car vous devez ½uvrer pour que l’unité de ce pays soit une réalité. Ces derniers temps, ces dernières semaines, le nom de Mwali et des Mohéliens a été utilisé dans le sens de la dislocation du pays. Certains ont parlé et continuent de parler de Confédération qui ne signifie rien d’autre que le démembrement du pays.
Ainsi, vous avez une grande responsabilité car il vous appartient d’½uvrer pour que ce pays persiste dans la paix et la sécurité.
En effet, le nom de Mwali et des Mohéliens a été utilisé récemment pour faire parler des Comores dans le monde et, avec regret, certains événements qui se sont déroulés à Mwali dont Dieu nous préservera à l’avenir, notamment les incendies, les drapeaux étrangers et les barricades, ont quelque peu terni l’image des Comores. Toutefois, nous nous efforçons de rétablir notre image.
Vous avez une grande responsabilité car il vous appartiendra demain, de choisir le Président et le Vice-président qui doivent être à la tête de ce pays. Vous devez ainsi ouvrir l’½il. Ne donnez pas aux Comoriens en enfant qui, au lieu de bâtir va détruire, qui nous apportera de l’amertume à la place du miel, des épines au lieu des fleurs. C’est une lourde responsabilité, je vous le dis.
¼uvrez donc pour le choix d’une personnalité intègre. Pour ma part, je vous y aiderai.
Sachez, vous Mohélien, qu’au vu de l’impatience manifestée pour assumer la tournante, bien que tous les Comoriens soient un même peuple, les habitants de Ngazidja et de Ndzouani vous observent.
La tournante n’est pas une fin en soi. L’important est de savoir dans quelles conditions elle se réalise. C’est une question à laquelle vous devez dès aujourd’hui commencer à apporter une réponse.
Mes frères,
C’est à vous qu’il revient d’aider le frère mohélien qui doit me succéder en ½uvrant pour l’unité du pays, à la préservation de la paix et de la stabilité et en veillant sur l’Etat.
C’est une grande responsabilité mes frères. D’aucuns pensent que le dis parce que je suis anjouanais. Qu’est-ce qui a été fait à Anjouan, je vous le demande ?
Ainsi, le pouvoir comorien assumé par un Mohélien au niveau de l’Etat constitue une grande responsabilité. Alors, ½uvrez dès aujourd’hui avec tous les autres Comoriens pour aider le frère Mohélien qui va gouverner en défendant l’unité nationale, la paix et la stabilité.
Rejetez ceux qui prônent les idées séparatistes ou qui vous appellent aux émeutes.
Savez-vous mes frères, qu’une grande délégation koweitienne a du renoncer à sa visite dans le pays en raison des récents troubles à Mwali ? Nos amis qataris qui ont accepté de venir ne l’ont fait que sur mon insistance. Je les ai même implorés pour cela.
Ainsi, mes frères, notre richesse aux Comores, au point où nous en sommes, c’est notre capacité à montrer au monde que notre pays vit en paix, dans la sécurité et la stabilité. Faute de quoi, ceux qui sont aujourd’hui déterminés à venir nous aider repartiront.
Il nous alors faudra passer encore trente ou quarante ans pour retrouver la crédibilité que nous avons acquise aujourd’hui. En effet, le monde nous regarde aujourd’hui avec bienveillance car notre pays a une bien meilleure réputation.
Alors, mes frères mohéliens, n’acceptez pas que des hommes politiques viennent semer la zizanie en utilisant le nom de Mwali et des mohéliens.
Nous sommes un même peuple animé d’un idéal de justice. J’appelle donc tous ceux qui me font confiance à être parmi les porte-drapeaux de l’unité nationale et de l’intérêt du pays d’abord. L’unité et la paix sont les bases et les préalables à toute recherche de solutions à nos problèmes.
Alors que je me trouve aujourd’hui à Mwali, permettez-moi de vous dire que tous les Comoriens, à commencer par moi-même le Président de la République ainsi que toutes les autorités de l’Etat et tous les enfants de ce pays, observons les mohéliens et la façon dont ils se préparent à prendre l’héritage.
Je vous ai dit que l’héritage du Président issu de Mwali ne sera pas équivalent à celui du Président issu de Ndzouani car aujourd’hui nous avons planté « l’arbre à argent ».
Veillez à ce que personne ne vienne couper cet arbre. Le futur Président mohélien n’aura d’autre préoccupation que celle de la gestion de cette manne. Ne lui mettez donc pas d’obstacles.
Je sais que la gestion financière aux Comores est mauvaise. Savez-vous que chaque fois qu’on m’annonce des financements qui arrivent, je suis à la fois heureux et préoccupé ? Savez-vous pourquoi ? Parce que je connais les pratiques en cours dans l’Administration et chez les fonctionnaires, notamment pour tout ce qui concerne l’argent. Certains ont acquis une culture du vol. Certains ont compris que du moment qu’ils sont au pouvoir, ils seraient stupides de ne pas voler.
Pour ma part, je dis toujours, si l’intelligence est la capacité à voler et je si dois paraître stupide parce que je ne vole pas, alors mon Dieu, faites que je sois stupide.
Je saisis d’ailleurs cette occasion où les comoriens m’écoutent pour dire, « Seigneur Dieu, vous qui répondez habituellement à mes invocations, je vous prie pour que tout citoyen comorien ayant des responsabilités aujourd’hui, que je les lui ai données directement ou indirectement, qui vole les deniers publics, soit châtié dans ce monde au vu et sus de tout le monde ».
Je vous demande, chers compatriotes d’instaurer une coutume à l’occasion du Mi’radj : après le jeûne et lors des rassemblements dans les mosquées, priez en faveur des autorités qui agissent en bien et pour que Dieu châtie ceux qui veulent du mal de ce pays. Il y en a qui malgré leur manque de probité, prendront peur. J’exhorte les imams des mosquées à établir cette pratique.
En tout état de cause, la question qui doit nous préoccuper tous aujourd’hui c’est la manière de gérer les financements qui vont nous parvenir. Pour ma part, je ferai de mon mieux avec l’aide de Dieu. Toutefois, c’est un combat de longue haleine.
Mohéliens,
Les élections que vous souhaitiez arrivent bientôt, en novembre et décembre, avec les résultats définitifs en janvier et l’investiture du nouveau Président qui devra avoir lieu à une date qui sera fixée de commun accord entre le Président sortant et le Président nouvellement élu.
Il est ainsi question de semaines et de mois qui restent. Ce dont vous comoriens devez être certains, c’est que du moment où vous m’avez honoré jusqu’ici, j’agirai en homme d’honneur.
Je voudrais à ce propos vous dire une anecdote : quand j’ai récemment téléphoné au Qatar pour rassurer la délégation qui devait venir dans le pays, un ami très au courant de mes démarches et des efforts que je déploie pour persuader ces partenaires, m’a demandé pourquoi tant de peines « avec des mohéliens qui vous tournent en dérision ». Pourquoi leur préparer ainsi le pouvoir auquel ils vont exercer ? me disait-il. Je lui ai sèchement répondu que jusqu’au dernier jour, si ma signature peut être utile, je l’utiliserai pour le bien de ce pays. Depuis ce jour, il y a deux semaines de cela, cet ami s’arrange pour m’éviter et s’abstient même de venir me saluer, sans doute en raison de la véhémence avec laquelle je lui ai répondu.
Ainsi, mes frères, gardez l’espoir. Que je sois président ou pas, je continuerai à collaborer pour le bien de notre pays. Si tout Président qui me succédera souhaite mon aide et a recours à mes services pour le bien du pays, je l’aiderai volontiers. Je le dis dès aujourd’hui. S’il estime que cela n’est pas utile, il n’y aura aucun problème.
Ce que je souhaite dès aujourd’hui de votre part, vous mohéliens, est de commencer à aider dors-et-déjà votre frère en défendant l’unité nationale, la paix, la sécurité et la stabilité.
Je ne saurai terminer mon discours sans adresser mes remerciements aux Mohéliens.
Je remercie donc les mohéliens qui, dans la tourmente et les troubles, ont fait preuve de patience. Vous avez sans doute, comme moi, pris le comprimé « subramycine ». Je remercie les mohéliens qui ont refusé d’être entrainés dans l’aventure.
Je tiens également à remercier solennellement les autorités militaires, de la gendarmerie et de la police, pour l’excellent travail qu’ils ont accompli, car en fin de compte, ce qui était recherché ici était de faire couler le sang à Mwali. Je vous remercie d’avoir pu éviter cela avec l’aide de Dieu.
Je tiens enfin à remercier mon frère Mohamed Ali Said qui a accepté de signer l’Accord même s’il n’est est pas satisfait. Je lui lance un appel, afin qu’il ½uvre avec moi pour protéger l’Etat et l’unité du pays, défendre la paix et la stabilité et favoriser les perspectives qui s’ouvrent pour notre économie. Je lui demande de refuser que son nom soit utilisé pour faire obstacle à la prospérité qui s’annonce ou pour fermer ainsi les issues ouvertes aujourd’hui aux Comoriens pour sortir enfin de la pauvreté et de la misère. Je rappelle au Chef de l’Exécutif de Mwali que les Mohéliens souffrent. Or nous ne devons pas éteindre cette lueur d’espoir pointe à l’horizon. Je reste persuadé qu’il m’écoutera et m’entendra. Il ne le regrettera pas et les comoriens non plus.
La compétition politique est une donnée permanente dasn une République. Toutefois, ce sont les urnes qui doivent trancher et non pas l’incitation faite à des jeunes ou à des ivrognes pour semer les troubles et faire parler du pays en mal.
Les incendies ne brulent pas que les pharmacies, les habitations ou les boutiques, ils brulent le pays. Il n’est pas exclu que l’incendiaire soit un jeune au chômage. Comment pourra-t-il avec ces agissements, trouver du travail ? Les jeunes ont plus de raisons de défendre la paix et la stabilité car la paix et la stabilité sont, avec l’aide Dieu Tout-Puissant, porteurs de bien-être.
Notre ainé Ba-Soilihi m’a demandé de préparer une autre visite pour parler avec vous. Nous le ferons avec l’aide de Dieu. Mais j’ai tenu à venir vous remercier pour avoir honoré l’ile de Mwali. Les médias et Internet vont pousser un ouf de soulagement.
Comme vous le savez, bien qu’étant anjouanais, j’ai été exilé d’Anjouan alors que j’étais Chef de l’Etat. Je ne pouvais pas aller dans ma maison ni me rendre dans la ville qui m’a vu naitre et qui m’a éduqué. Je sais que cela vous faisait de la peine que je ne vienne pas à Mwali. Toutefois, si je ne venais pas à Mwali ce n’est pas par peur mais tout simplement parce que je ne voulais pas jeter de l’huile sur le feu. Quel mal ai-je fait à Mwali ? Si je n’ai pas de réalisation à Mwali, je n’ai pas non lésé ses intérêts.
Certes, j’ai accompli quelques réalisations mais l’essentiel reste à venir. J’ai planté en escomptant que vous, ainsi que tous les autres comoriens, viendrez récolter. Encore un peu de patience car nous verrons ces réalisations de notre vivant.
Citoyens de Ndzouani, de Mwali et de Ngazidja, unissez-vous pour préserver l’unité nationale et pour accueillir les bienfaits qui frappent à nos portes. Dans le même temps, restons vigilants et ouvrons l’½il pour la mise en ½uvre des projets. J’ai eu de la peine hier lorsque j’ai vu tout le matériel entassé dans les entrepôts de la société de l’électricité ici à Mwali. Quand je pense aux sommes dépensées par le Gouvernement comoriens pour acquérir ce matériel ! Cent millions pour l’achat et cinq millions rien que le transport Tanzanie-Comores ! Je demande donc aux mohéliens d’aller exiger la mise en ½uvre des travaux. J’ai réuni les responsables ce matin car, sans accuser personne, j’ai douté que cela soit du sabotage, afin que rien ne se fasse sous le régime du Monsieur au Turban. Que je sois vivant ou mort vous saurez que j’ai été de ceux qui ont voulu du bien pour ce pays.
Il n’y a pas qu’à Mwali où de tels mauvais comportements existent. Je vous révélerai bientôt un secret sur le projet Habitat. Mais pour le moment sachez qu’à chaque fois que nous construisons un pan de mur, d’autres s’évertuent à le détruire. Que Dieu les aide à se débarrasser de cet état d’esprit malfaisant.
Je ne sais si j’ai pu répondre à vos attentes mais je vous demande de garder l’espoir. Je vous jure par Allah que le frère Mohélien qui me succédera n’héritera pas du l’État dont j’ai été l’héritier. Il ne rencontrera pas les embuches que j’ai trouvées. Les reformes constitutionnelles vont réduire les conflits. Les financements recherchés diminueront les problèmes. Il pourra avoir plus de prestige encore. Quel qu’il soit, je prie pour que Dieu lui donne le courage, la patience et la sagesse nécessaires pour avancer et non pour nous ramener en arrière.
Mon successeur mohélien, quel qu’il soit, trouvera réunies les meilleures conditions pour qu’il hérite d’un pays plus prospère. La communauté internationale, les institutions financières, les investisseurs et les pays amis n’ont jamais eu autant de bonnes dispositions envers notre pays. Nous sommes le 33ème pays au monde à jouir du niveau de crédibilité que nous avons auprès du FMI et de la Banque Mondiale. Nous avons aujourd’hui remboursé près de neuf milliards de francs. Aucun pouvoir comorien n’a autant remboursé autant de dettes. Le FMI nous a décerné un diplôme qui certifie que nous méritons d’être aidés pour avoir persévéré dans la restructuration de nos finances.
Pour terminer, je prie pour que Dieu nous aide à faire des Comores, un pays débarrassé de la pauvreté, de la misère et des difficultés. Qu’il nous aide à rompre les chaines qui nous entravent pour accéder à la prospérité et au bien-être, dans la paix, la sécurité et la stabilité.
Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur Vous. Je vous remercie.
Source : Beit Salam
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