INSTABILITE AUX COMORES : INTERVIEW DU PRESIDENT DE L’ÃŽLE DE LA GDE COMORE

INSTABILITE AUX COMORES : INTERVIEW DU PRESIDENT DE L'ÃŽLE DE LA GDE COMORE


Instabilité aux Comores : interview du président de l’île de Grande Comore

Mohamed Abdouloihabi, le président de l’île de la Grande Comore, ancien soutien du président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi lors de son élection, a accepté de répondre à nos questions sur la situation politique que traversent les îles des Comores indépendantes, alors que plusieurs de ses ministres sont menacés, et qu’un des leader de l’opposition, Saïd Larifou a été agressé.

Malango : Quel est le contexte actuel aux Comores ?

Mohamed Abdouloihabi : La situation est inquiétante. Saïd Larifou est en partance vers La Réunion avec un grand traumatisme au niveau du cou. Cette attaque n’est que la Nième tentative de harcèlement contre toute opposition en Grande Comore et la démarche adoptée par le gouvernement de l’Union contre tous les opposants. La police de l’Union est mandatée par les « autorités » (*) pour interpeller Houmed Msaidie ancien ministre et secrétaire général de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), mais aussi mon ministre de la sécurité Intérieure, et mon ministre des finances. Ils ont tous été menacés, les policiers s’étant rendus à leurs domiciles respectifs mais ils ont réussi à fuir à temps. Nous assistons à de multiples démarches attentatoires aux libertés publiques.

Malango : Etant donné que le président Sambi conserve encore le pouvoir, comment expliquez-vous cette escalade ?

Mohamed Abdouloihabi : La Cour Constitutionnelle a astreint Ahmed Abdallah Sambi à assurer une période intérimaire avec des pouvoirs réduits. C’est difficile pour moi de donner une explication dans une période de dialogue inter comorien et alors que les partis politiques sont invités pour donner une dimension démocratique aux négociations. Mais je remarque que c’est justement au moment où nous cherchons une sortie de crise paisible que sont perpétrés des agissements contre des dirigeants politiques ou contre certains agents de police de l’île qui subissent des gardes à vue. La police de l’Union est d’ailleurs recrutée parmi les policiers de l’île de Grande Comore, qui n’ont pas d’armes de poing habituellement et qui se retrouvent armés de kalachnikovs, après une courte formation par les militaires libyens envoyés par le président Kadhafi au service d’A.A. Sambi.

Malango : Vous étiez un proche du président Sambi ?

Mohamed Abdouloihabi : J’étais son 1er directeur de cabinet car je l’ai soutenu lors de son élection. J’ai commencé à le critiquer lors de ses démarches pour étouffer l’autonomie des îles : nous n’avions pas la possibilité d’user de notre pouvoir au sein de l’Union. De plus, j’ai découvert que celui que l’on pensait être un leader sunnite était en fait de confession chiite. Enfin, certains membres de la Cour Constitutionnelle ont été limogés ce qui a redonné de la vigueur aux partis d’opposition et relancé ce qu’on peut appeler la chasse aux sorcières.

Malango : Quelle est votre vision à court terme de la situation politique ?

Mohamed Abdouloihabi : Nous continuons à travailler pour que perdure la démocratie, mais les élections demeurent une question hypothétique. Les travaux qui ont eu cours à l’Union africaine devaient amener à des élections harmonisées, avec un calendrier, une période de gestion intérimaire et un gouvernement intérimaire. Ahmed Abdallah Sambi s’est engagé par écrit mais ne donne pas de date précise pour quitter Beit Salam (palais de la présidence de l’Union des Comores, ndlr). Nous travaillons main dans la main avec l’exécutif de Moheli, alors que le président de l’île d’Anjouan soutien évidemment un président de l’Union anjouanais. Le médiateur de l’union africaine Ramtane Lamamra est parti de Moroni samedi avec un projet d’accord et doit fournir des propositions pour qu’avec nos contre propositions, un accord voit le jour autour du 15 juin. Mais rien n’est fait.

(*) Le président n’a pas voulu donner de détail sur la qualité des « autorités »

Propos recueillis par Annette Lafond

(Source : Malango Actualité)

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1 commentaire »

  • Watania:

    Abdouloihabi tu es toujours Clown. C’est regrettable pour toi. Pourquoi vous n’avez pas réussi à convaincre la population à ne pas voter la constitution 2009? La population a compris que vous êtes des manipulateurs et des affames du pouvoir. Vous nous laissez tranquille avec votre opposition pourrie. UA ou la France ne vient pas distribuer du pouvoir à certains et d’en prendre aux autres.

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