Hari hari

Le phénomène culturel et artistique de l’année 2009,Hari hari cette fois-ci je n’ai pas voulu manquer sa dernière représentation parisienne. Hyper sollicité sur Facebook mais j’ai surtout répondu présent à l’invitation d’une amie bénévole au sein de l’association Lang Ylang. Je suis allé voir le voir accompagné par mes neveux, belle-soeur et ma tendre épouse. Toute une affaire de famille.
Un lieu prestigieux, dans un des salons de réception de la mairie du XIX avec un décor style Louis… Une soirée complète avec un buffet cocktail avant spectacle et un dîner servi vers la fin. Tout pour allier l’utile à l’agréable permettant ainsi aux familles nombreuses de pouvoir y prendre part.
J’ai bien apprécié hari hari pour deux raisons: c’est fidèle aux louanges que j’ai pu entendre avant de venir voir la pièce et j’ai trouvé "révolutionnaire" le fond de la pièce tant sur le plan des idées que sur le plan artistique. En revanche je n’ai pas accroché à la tragi-comédie à cause de sa tiédeur. J’aurais aimé davantage rire et pleurer mais ce choix tragi-comique a atrophié les vrais passages rigolos et de même pour ceux qui sont censés nous faire pleurer. Je m’attendais à toucher le fond dans chacun de ces moments. Sur le style j’aurais opté soit une tragédie soit une comédie en grossissant le trait. Le décor style Louis du lieu de représentation a été en total décalage avec le style de langage de la pièce. Un français bien léger, style de rue, Djeuns, où les nuances sont quasi absents, un style taillé sur mésure aux ados de la pièce mais qui ne convenaient pas aux mamas. Seul le Grand guérisseur usait d’un langage conforme à ses charlatanismes. Comme les idées développées par les ados étaient à l’opposé des mamas, il aurait fallu marquer le contraste par un lyrisme parental dont les parents comoriens usent et s’en servent surtout pour soit se plaindre ou glorifier leurs progénitures. Je suis aussi resté sur ma faim il manquait totalement de nuances dans les thèmes abordés, tout est servi sur un plateau: noir ou blanc. Il n’y avait pas cette petite voix intérieure qui te faisait douter sur un thème de société. C’est pour un public de moins de 16 ans.
Quant aux clichés de société, il a manqué de figure patriarcale et paternelle tout comme le pouvoir des bangwés, la notabilité et l’instrumentalisation de la religion via la coutume. On a tiré à boulets rouges sur l’Anda sans s’attaquer aux vrais conservatismes de la société comorienne. Comme la scène des opérations était principalement en France, il aurait été aussi nécessaire de dénoncer l’esprit villageois, le séparatisme des esprits et le repli de la communauté sur elle-même. Quid de la jalousie entre famille et aussi de la jalousie intra familiale. Enfin tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes, ceci dit c’est un vaudeville comorien défendu par des talentueux comédiens et auteurs dont la mise en scène ne souffre d’aucun impair.
Kofia les wanama.
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