Hamada Madi Bolero, candidat aux élections primaire : «Je suis celui qui s’oppose véritablement au régime Sambi »

Hamada Madi Bolero, candidat aux élections primaire : «Je suis celui qui s'oppose véritablement au régime Sambi »

A 45 ans, Hamada Madi Bolero est le benjamin des prétendants à la magistrature suprême. Malgré son âge, il est de ceux qui connaissent le plus le palais Beit Salam pour y avoir occupé le fauteuil présidentiel en 2002, en tant que chef d’Etat par intérim.

Homme au parcours politique controversé, Bolero a fait ses débuts au coté de l’ancien président de l’Assemblée fédérale, Mohamed S. Abdallah Mchangama (1992-1996) sous le régime Djohar, avant de rejoindre le pouvoir putschiste du colonel Azali en 1999, après un bref passage dans l’opposition. Il a activement milité au RDR [Rassemblement pour la démocratie et le renouveau], puis au PRC [Parti républicain des Comores] avant d’atterrir à la CRC [Convention pour le renouveau des Comores, parti au pouvoir sous le règne Azali jusqu'en 2006]. Ce fils de Boingoma est à sa troisième élection dans l’île et à chaque fois, ce fut un échec. Juriste de formation, certain attribuent ces échecs à son appartenance à la CRC. Un parti qu’il se réclame toujours même si les électeurs semblent lui bouder. Ce cadre formé dans l’ex-Urss accepte volontiers de répondre aux questions de HZK-Presse / La Gazette. Ses trois colistiers vice-présidents sont Kamar Ezamane Mohamed (Ngazidja), Moustadrane Abdou (Ndzouani) et Nakib Ali Mbaeaka (Mwali).

Question : Pourquoi on doit voter pour vous ?


Hamada Madi Bolero : D’abord parce que l’élection présidentielle en Union des Comores et conformément à l’esprit de Fomboni (Accord de Fomboni du 17 février 2001), représente une particularité en Afrique: Une alternance politique certaine. Et, je pense qu’en dehors du fait que nous sommes plusieurs opposants, je suis celui qui s’oppose véritablement au régime Sambi. Ensuite, l’expérience va certainement m’aider à corriger mes erreurs du passé et consolider les acquis en matière de démocratie et de respect de l’état de droit aux Comores.


Question : En quoi vous êtes différents des autres candidats ?


H.M. B. : D’abord parce que je suis moi-même et tout connaît mon indépendance. Et puis, étant le benjamin des candidats, c’est l’avenir garanti!

Question : Quel est votre projet de société ? (En quelques lignes)


H.M. B. : Il s’articule autour de trois axes assortis des programmes détaillés. Le premier est la consolidation de l’unité de notre pays qui passe nécessairement par le renforcement des acquis de la Réconciliation Nationale. Cet axe nous permettra de régler une fois pour toute la question d’Anjouan! Pour moi, il est urgent que tous les anjouanais se retrouvent à Anjouan autour d’une table avec le concours de nos amis traditionnels pour faire la réconciliation des c½urs; je refuse qu’à ce jour des comoriens d’Anjouan se soient exilés pour des raisons politiques alors que nous avons besoin d’eux, de leur expérience comme de leur expertise. Cette réconciliation nous mènera droit vers une réconciliation nationale avec des garanties de respecter nos engagements.
Le second axe est celui des réformes en matières fiscales pour impulser la responsabilité individuelle. Ces réformes toucheront également toute notre politique économique pour permettre aux petites et moyennes entreprises de se développer. Notre pays a besoin d’une véritable classe moyenne qui prépare notre avenir. D’ailleurs, une loi rectificative du budget sera proposée aux parlementaires aussitôt que je serai investi pour préparer la véritable loi des finances d’octobre 2011. Ces réformes permettront aux comoriens de développer l’agriculture, la pêche, le tourisme et tous les domaines. L’Etat se chargera de l’éducation et de la santé pour rassurer les citoyens.
Le troisième axe est celui de la diplomatie. La diplomatie se fondera sur une extension de nos relations avec notre région Océan indien: Afrique du sud, Tanzanie, Kenya, Mozambique, Madagascar, Seychelles, Maurice et La Réunion. Quant à nos relations avec le monde arabe, ce sera le retour aux fondamentaux: nous allons privilégier nos relations avec des pays comme l’Arabie Saoudite, les Emirats, le Koweit, Oman, l’Egypte, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Bien sûr nos partenaires traditionnels comme la République Populaire de Chine, l’Union Européenne, continueront à occuper une place de choix, il va de soi.


Question : Quelles sont vos trois premières priorités ?

H.M.B.: Un, la consolidation de la réconciliation nationale; l’épanouissement et la responsabilisation de la jeunesse et bien sûr la création d’emplois par le biais de la suppression de certains impôts et taxes que nous jugeons injustes et infructueux. Ici, nous allons nous adresser à notre partenaire principal la France pour qu’ensemble nous examinions les voies et moyens permettant à la diaspora comorienne d’être présente aux Comores avec toutes les garanties envisageables comme l’implication des institutions bancaires françaises.


Question : Où allez-vous trouver l’argent pour réaliser vos projets ?


H.M. B. : Comme vous l’avez constaté, nous n’aurons pas besoin d’argent supplémentaire mais plutôt de gérer le pays rationnellement! Il est évident que les pays amis des Comores n’attendent qu’un véritable changement dans notre gouvernance et l’abandon de la politique d’essai et d’amateurisme de l’ancienne équipe pour nous accompagner et nous comptons relever le défi.


Question : Quelle est votre solution pour faire revenir Mayotte ?


H.M. B. : Les discussions directes avec nos frères et s½urs restés derrière le mur artificiel. Nous allons à la fois être fermes car l’appartenance de Mayotte à l’Ensemble Comorien ne souffre d’aucune ambiguïté, mais aussi nous ne pouvons pas ne pas être perméables à toute initiative rationnelle et non passionnelle surtout venant des concernés, c’est-à-dire de la population de Mayotte. Notre engagement sur cette question est d’abord humain avant d’être politique.

Question : Y aura-t-il un projet spécifique pour Mohéli quant on connait son retard?


H.M. B. : Bien sûr et je pense que cela fait l’unanimité. La différence que nous proposons est de lié cela au développement de tout le pays. Exemple comment promouvoir le tourisme à Mwali sans tenir compte de l’apport considérable de notre diaspora dont une bonne partie serait de Ngazidja et Ndzouani?

Question : Par rapport au régime Sambi qu’est ce que vous allez poursuivre et ce qu’il faut abandonner ?

H.M. B. : Ce n’est même pas par rapport au régime Sambi. La gestion de l’Etat est une continuité en soi. Le problème est qu’aujourd’hui il n’y a rien à continuer! Tout est à reconstruire! En matière de respect de l’état de droit, rien à continuer au contraire; en gouvernance politique, les derniers déchirements de ce que nous appelions "Mouvance" sont éloquents. Il est clair que tous les engagements pris par l’Etat comorien conformément à notre législation, seront scrupuleusement respectés. Toutefois, là où c’est l’opacité qui fut la règle, nous expliquerons à nos partenaires qu’un pays qui se respecte, se doit de respecter sa législation et nous présenterons nos excuses.

Question : Vous avez échoué à deux reprises à des élections à Mohéli. Qu’allez-vous dire aujourd’hui pour qu’on vous fasse confiance?
H.M. B. : Cela aurait été la réalité, je vous dirais que j’ai du mal! Malheureusement la réalité en est autre! En 2004, tout le monde aujourd’hui y compris ceux qui s’opposaient à moi acceptent de dire que les 49,99% en fait étaient 53%! Cette élection, je l’avais gagnée haut la main! En 2009, face à toute la mouvance à Mwali et l’opposition conduite par Hassanaly et Fazul dans ma circonscription taillée sur mesure par Baobab, je suis arrivé en seconde position et non éliminé. Aujourd’hui, c’est encore une fois comme en 2004 toute une jeunesse qui me porte et j’en suis fier! Aux Mwaliens de décider!


Question : Ces échecs n’étaient-ils pas liés à votre appartenance à la CRC ?

H.M. B. : Si c’est le cas alors je gagnerai celle-ci puisque la CRC s’est alliée avec une partie de l’opposition dont est issu le Vice-président Kamar Ezamane. En rajoutant son charisme, je pense que nous formons une équipe valable!

Question : Allons-nous avoir justement une continuité du règne CRC ou une nouvelle politique ?

H.M.B. : Encore une fois, pour le règne d’Azali, je suis celui qui l’incarne plus que quiconque. Aujourd’hui, les Comores ont besoin d’une dynamique, d’une union sans faille de toutes les forces politiques du pays quelque soit celui qui gagnera. Ce sera plutôt une reconstruction dans la transparence et non une continuité. Et là, croyez-moi, je n’imite pas un homme d’Etat qui m’a beaucoup inspiré d’un pays que j’admire beaucoup.

Question : Lequel?

H.M.B.: Michael Sergueivitch GORBATCHEV!

Propos recueillis par A.A. Mguéni

Lire l’article sur roinaka.skyrock.com

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3 commentaires »

  • Abdou Hamadi Mrimdu:

    Chers amis nous devons choisir un candidat parmi les 10 candidats. Je lance ici un défi à qui veut : « seul je dis bien seul » le candidat Boléro nous a montré une preuve d’un candidat préparé pour les élections de 2010. Normal pour les candidats de la mouvance, car eux ils se préparaient pour des élections en 2013. Pour Boléro « vous pouvez constater vous-même dans le blog (http://mohelienmouvement2010.skyrock.com/), que depuis 2008, Boléro a sorti sa maquette politique. Ou bien vous rendre dans le blog Mrimdu. On peut détester Boléro si on veut mais c’est un fait. Celui qui dit autrement merci de m’indiquer où je peux trouver le programme de son candidat.
    Pour l’étalage du programme du candidat Boléro demandez aux proches du candidat. Ou Venez dans le blog Mrimdu (http://mrimdu.skyrock.com/).si vous voulez-bien merci

    Par: Abdou Hamadi Mrimdu

  • zaidi:

    Question : Lequel?

    H.M.B.: Michael Sergueivitch GORBATCHEV!

    Sachez bien que c’est cet homme d’Etat qui est à l’origine de l’éclatement de l’URSS. Et quand je sais que le régime Azaly et donc de Boléro a entretenu minutieusement le séparatisme au service de la France, je me pose des questions sur cette inspiration!!!!!!!!! surtout qu’il revient sur l’exil, orchestré par la France, des anjouannais séparatistes.
    Revenons un instant sur la question du financement de son projet. Aujourd’hui Boléro nous rassure qu’on a pas besoin de l’argent en plus de ce qu’on a. Mais il faut juste une bonne gestion!!!!!!!!!!!!On a pas oublié tout de même l’état des finances de l’Etat à l’investiture de sambi. Qui en est responsable? C’est tout le régime de Azaly y compris Boléro.
    On a pas oublié le népotisme inouï de ce régime surtout concernant l’attribution des marchés publics. La bonne gestion commence là!!!!!

    Moi je suis dégouter de ces interviews aménagés pour soigner l’image de ces pourritures, enchaînés de la FranceAfrique. Oui, aménagés parce qu’on voit très bien que les journalistes n’osent pas aller droit au but et poser les vraies questions dont la pertinance dépend de interviewé.
    Pourquoi les journalistes ce contente des réponses superflues et peuvent surtout induire en erreur le comorien de la rue avec la mémoire courte!

  • Abdou Hamadi Mrimdu:

    Aller, aller, Zaid c’est le moment où jamais : poses tes bonnes questions, c’est utile pour le débat mais aussi pour le pays. Pose les bonnes questions s’il te plait. Je te rappelle quand même que malgré tout on doit choisir un candidat parmi les 10. Jusqu’aujourd’hui seul boléro a un programme. « Bon ou mauvais » il faut au moins deux programmes pour comparer, malheureusement il est le seul. Si tu trouves un autre merci de m’informer où je peux le trouver. Pour Boléro où sur le blog (http://mohelienmouvement2010.skyrock.com/), où sur le blog Mrimdu (http://mrimdu.skyrock.com/) merci

    Mrimdu

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