Gloire et déchéance du Général Salimou

Gloire et déchéance du Général Salimou

Le Général Salimou Amiri, a été demis de ses fonctions de Chef d’état major de l’Armée Nationale de Développement (AND) par décret présidentiel signé ce 31 aout 2010. Il a été remplacé par le commandant Abdallah Gamil promu le même jour, lieutenant colonel. Ainsi prend fin l’ascension fulgurante de ce haut officier de l’AND qualifié « d’intellectuel de l’armée ».

Promu général de Brigade après le succès du débarquement militaire d’Anjouan de mars 2008, le Général Salimou Amiri, de nature plutôt réservé et peu loquace, s’est vu pousser des ailes en multipliant depuis les interventions intempestives. L’on se rappelle de ses lettres, rendues publiques, adressées au Commandant Régional de l’AND à Mohéli et au Chef du cabinet militaire. Ainsi, le 10 novembre 2009, il adressa une notification individuelle au Lieutenant-colonel Mohamed ANRIFI MOUSTOIFA qui venait d’être nommé par le Président de l’Union, Commandant Régional de l’AND á Mohéli par Décret No 09-129/PR du 4 novembre 2009, dans laquelle, il « lui refusait la délégation nécessaire au commandement des forces stationnées á Mohéli ». Et le 27 avril 2010, il écrit au chef du cabinet militaire pour l’accuser de vouloir l’assassiner.

Le plus haut gradé de l’AND en agissant ainsi, n’ignorait pas que la loi lui imposait la discrétion dans ses agissements. En effet l’article 35 de la loi du 21 Juillet 1997 portant statut des personnels militaires dispose que « Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale ou du secret professionnel, les militaires sont liés par l’obligation de discrétion pour tout ce qui concerne les faits et informations dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. Tout détournement, toute communication contraire aux règlements, de pièces ou documents de service à des tiers sont interdits ».

Le non respect du devoir de réserve, a été reconnu comme étant à l’origine dysfonctionnement de l’institution militaire dans les engagements sur le règlement pacifique du différend au sein de l’institution militaire signé le 15 mai 2010 entre le Chef de l’Etat major et Chef du cabinet militaire en présence du Chef de l’Etat.

Ce 31 aout 2010, dans le cadre de l’information ouverte suite à l’assassinat du lieutenant colonel Combo Ayouba le 13 juin 2010, le Général Salimou Amiri convoqué par le Juge d’instruction en charge du dossier, refusa d’obéir á la décision du magistrat de l’inculper et de le placer en résidence surveillée. Des militaires qui lui sont favorables sont venus au palais de justice de Moroni pour l’extirper, aux yeux de la foule et des éléments de la gendarmerie, des mains de la justice et se refugier à l’Ecole Nationale des Forces Armées et de la Gendarmerie (ENFAG). Cet acte n’honore pas le Général puisqu’il le sait, selon l’article 37 de loi Portant Statut des personnels militaires, les militaires sont soumis à la loi pénale du droit commun. Il était de son devoir de se soumettre à la décision du juge d’instruction et préparer sa défense pour prouver son innocence, car, tant qu’un jugement définitif n’a pas été rendu, il est présumé innocent. Malheureusement, il a commis l’irréparable en refusant de se soumettre á la décision du juge et a donné les raisons à ceux qui voulaient son départ. Après plusieurs heures de négociations, il finit par se rendre et il est depuis hier soir en residence surveillée.

Triste sortie pour ce militaire de carrière qui a su redorer en si peu de temps le blason d’une armée qui fut pendant des décennies raillée par la population en l’absence de fait d’armes.

Lire l’article sur http://comoresdroit.centerblog.net/344-Gloire-et-decheance-du-General-Salimou

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