DECLARATION

DECLARATION

COLLECTIF POUR LA DÉFENSE DE LA DÉMOCRATIE AUX COMORES
ALLIANCE POUR LE RENOUVEAU DÉMOCRATIQUE DES COMORES
COORDINATION MOHELIENNE POUR LA TOURNANTE 2010
ASSOCIATION DES FEMMES MOHELIENNES
MOUVEMENT DE LA JEUNESSE COMORIENNE

DÉCLARATION

La décision du Congrès de fixer au 27 novembre 2011, la date des prochaines élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles, dans le but de prolonger, de 18 mois, le mandat du Président Sambi, qui arrive à échéance le 26 mai 2010, plonge, à nouveau, notre pays dans la tourmente.

Prise en dehors de toute concertation, aussi bien avec l’opposition comorienne qu’avec les partenaires internationaux liés à l’application de l’Accord-cadre de réconciliation nationale, cette décision est une violation flagrante tant de l’esprit que de la lettre de la constitution, une atteinte grave au consensus national sur l’équité entre les îles et une mise en danger de l’unité nationale. Elle est nulle et non avenue.

À compter du 26 mai 2010, le Président Sambi ne sera plus le Président de l’Union des Comores. Et aucun comorien ne devra reconnaître son autorité. Un gouvernement de transition, sans Sambi, devra être investi pour préparer dans un délai n’excédant pas six mois l’élection d’un nouveau président issu de l’île de Mwali.

Si la volonté réelle du Président Sambi avait été de réduire la fréquence des élections et leurs coûts financiers, il aurait fallu proposer, lors de la récente réforme constitutionnelle, l’élection des gouverneurs au suffrage universel indirect, c’est-à-dire, par les élus de chaque île concernée (Députés et Conseillers).
De plus, le Président Sambi a initié ces dernières années une pratique, consistant à refuser à tout élu, ayant atteint le terme de son mandat, de le prolonger, un jour de plus. Il en fut ainsi pour les présidents Mohamed Bacar (Anjouan), Said Fazul (Mohéli) et El Bak (Ngazidja) qui furent contraints de céder leurs pouvoirs à une autorité de transition, le temps de l’élection de leurs successeurs. Ce fut aussi le cas pour les parlementaires de l’Union et des îles. Personne n’étant alors au-dessus de la loi, Sambi doit s’appliquer à lui-même ce qu’il a imposé aux autres.

Mais, la crise actuelle ne se résume pas à une question de date. Elle est plus profonde et prend sa source dans les conditions de partage et de transferts des compétences entre l’Union et les îles autonomes, suivies de la révision unilatérale de la constitution, le 17 mai 2009 et des élections législatives tronquées des 6 et 20 décembre 2009.

Force est donc de constater que l’Union africaine, qui coordonne les efforts de la communauté internationale au sujet de la réconciliation aux Comores, porte une part de responsabilité dans le rebondissement de la crise comorienne, pour n’avoir pas su imposer le dialogue et la concertation dans les réformes controversées de la constitution.
La communauté comorienne de France exhorte par conséquent toutes les parties signataires de l’Accord de Fomboni, parties comoriennes et représentants de la communauté internationale, à se réunir rapidement afin de rechercher les voies et moyens de sauver la paix, l’unité et la stabilité aux Comores.

Paris, le 13 mars 2010.

Lire l’article sur http://ridja.centerblog.net/1035-DECLARATION

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