Côte d’Ivoire : l’Élysée et Ban Kimoon manipulent les textes de l’ONU

Côte d'Ivoire : l'Élysée et Ban Kimoon manipulent les textes de l'ONU

Le secrétaire général des Nations unies fait le jeu de Paris. L’Afrique du Sud et la Russie expriment leurs désaccords.

 À quelle manipulation se livre aujourd’hui Paris avec la complicité du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, sur la résolution 1975 du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire ? Depuis mardi soir, la France a ouvert un troisième front de guerre, en bombardant les positions du camp Gbagbo à Abidjan. Dimanche, le patron des Nations unies s’était adressé en ce sens à Nicolas Sarkozy. « Il est pour moi urgent de lancer les opérations militaires nécessaires pour mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les Casques bleus », écrivait-il. Quelques heures plus tôt, l’Onuci et des associations humanitaires révélaient pourtant le massacre de plusieurs centaines de personnes à Duékoué, perpétré par les « forces républicaines » d’Ouattara. Mais la requête onusienne ne vise qu’une seule cible, faisant fi de la globalité de la résolution du 30 mars de l’ONU. L’Élysée, qui prépare de longue date le terrain politique et diplomatique à une intervention armée, n’attendait que cet appel du secrétaire général pour agir. En moins d’une semaine, le contingent français en Côte d’Ivoire est passé de 900 à quelque 1 650 hommes). Ban Ki-moon et Sarkozy ont expliqué de concert qu’ils agissaient en vertu de la résolution 1975 prévoyant notamment que l’Onuci puisse « utiliser tous les moyens nécessaires » pour protéger la population. « Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire », s’insurge la ministre des Affaires étrangères sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane. « Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté », a-t-elle dit, appelant à « la quête d’une solution pacifique ». De son côté, la Russie a réclamé au Conseil de sécurité d’évaluer la légitimité de ce recours à la force et rappelle que le mandat de l’Onuci l’oblige à être neutre et impartiale,   
 
DOMINIQUE BARI
Publié par http://www.humanite.fr
le 6 avril 2011

 

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