COMORES : Refuser les expulsions, le seul et unique langage que comprend la France
En prétextant un dialogue avec les mahorais pour la résolution de l’épineuse question de Mayotte, le nouveau président des Comores Dr Ikililou Dhoinine, est entrain de casser l’énergie déployée jusqu’ici par le gouvernement sortant, (surtout par Me Fahmi Said Ibrahim) pour résoudre cette question. Il faut être con pour croire que les mahorais acceptent le retour de Mayotte dans son giron naturel par un dialogue.
Les résolutions onusiennes demandent plutôt à la France de négocier avec les Comores pour trouver une issue favorable à cette question.
Si Ikililou est honnête avec lui-même, si Ikililou respecte son serment, il n’accepterait pas d’accueillir les refoulés de Mayotte, conformément à la constitution comorienne et au droit international qui considère que tous les comoriens sont chez eux à Mayotte.
La France s’appuie sur sa constitution pour expulser certains comoriens de Mayotte. Il est normal que les autorités comoriennes refusent d’accueillir les refoulés de Mayotte en s’appuyant sur sa propre constitution, renforcée par les résolutions onusiennes, c’est l’unique et seul moyen d’amener la France à la table des négociations et nous mettons au défi quiconque de prouver le contraire.
Nous vous proposons pour cela un article intitulé « Refuser les expulsions, le seul langage que comprend la France » du rédacteur en chef d’Al-watwan Ahmed Ali Amir publié dans Al-watwan n° 1705 du lundi 21 février 2011 pour vous montrer que contrairement à la doctrine Ikililouenne, les Comores ont d’autres moyens légitimes  pour amener la France à la table des négociations :
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COMORESÂ : Refuser les expulsions, le seul langage que comprend la France
Par Ahmed Ali Amir
Rédacteur en chef du journal Al-Watwan
Mayotte est un sujet complexe, tout le monde le reconnait. Le maillon faible de la question a toujours été, depuis 1975, la complaisance de l’Etat comorien devant les agissements de l’ancienne puissance coloniale.
L’Etat comorien ne s’agite qu’à l’approche d’une assemblée générale de l’Onu, pour rassurer l’opinion nationale de l’inscription de la question à l’ordre du jour. Les Assemblées passent et le litige est toujours remis à l’Ag suivante, souvent à la demande des Comores, pendant que le statut de l’île de Mayotte n’a cessé d’évoluer, jusqu’à se transformer en département français.
Une étape importante risque encore une fois d’être franchie, celle de transformer Mayotte en région ultrapériphérique, impliquant, cette fois-ci, l’adhésion de l’Europe à la cause néocoloniale, alors que plus d’une vingtaine des pays européens avaient voté la première résolution admettant les Comores au sein des Nations unies et condamnant le référendum français dans l’île et toutes les consultations ultérieures. Le temps a passé, les générations qui sont aux commandes en Afrique et en Europe aussi.
Les Comores n’ont toujours pas de feuille de route connue et aucun kopeck n’est mobilisé pour la cause. Si avec le ministre Fahami, le discours a changé, devenu plus incisif, les déclarations plus claires sur les questions sous-jacentes comme le visa Balladur et les expulsions, les décisions courageuses tardent à être prises comme celle de refuser les expulsions qui nous rendent complices de déplacement forcé de populations.
Absence de décisions courageuses
Ce mois-ci (février 2011 : Ndlr), quelques chose est en train de changer à Mayotte. Définitivement peut être. A l’appel de nombreuses associations, une grande manifestation est (était : Ndlr) prévue à Mayotte le mercredi 23 février en mémoire aux milliers des victimes en mer. Il s’agit pour la plupart de français de souche vivant à Mayotte, membres des associations. La manifestation risque de n’être (n’était : Ndlr) qu’une affaire de blancs, éc½urés et révoltés par les drames humanitaires qui se déroulent sous leurs yeux et dont est seul responsable l’Etat français. Personne ne peut dénombrer les accidents de Kwasas chaque année, comme personne n’a de chiffres exacts du nombre des victimes. Le recensement réalisé en 2002 par un collectif d’associations présentes à Anjouan, chiffrait à 17 accidents et 407 victimes, dont 183 morts ou disparus, 224 rescapés entre juillet 2000 et février 2002.
Depuis, les chiffres pris en compte ne sont relevés que sur les accidents enregistrés près des côtes mahoraises.
Silence coupable
(Silence ! IKILILOU négocie avec les mahorais : Ndlr)
En juin 2010, le bilan de la préfecture de Mayotte, dénombre 126 Kwassas interceptés au premier semestre, avec au total 3201 passagers. Triomphalement, la préfecture explique que “ces résultats ont été rendus possibles grâce à l’action conjuguée de la police aux frontières (Paf), de la gendarmerie, de la gendarmerie maritime, des douanes et de la marine nationale ».
Les contrôles quotidiens effectués par les forces de sécurité sur le territoire de Mayotte ont permis l’interpellation de 7321 Comoriens des trois îles, déclarés “en situation irrégulière“ sur le sol comorien, durant le 2ème trimestre 2010, soit un total de 12.321 personnes. En six mois, la France s’est rendue coupable d’interpellations et de déplacements de 10.010 personnes. Le silence et l’inaction des Comores rendent possible une telle politique. Mayotte couverte de radar, seule la côte sud de l’île en est exemptée. Cet itinéraire particulièrement risqué provoque des naufrages en série. A Kani-Kéli un naufrage avait tué neuf personnes dont cinq bébés. Les Comoriens des quatre îles n’avaient pourtant jamais eu de contrainte pour se rendre à Mayotte.
Depuis l’instauration d’un visa obligatoire, le fameux visa Balladur, du nom de son instigateur, les Comoriens des trois autres îles de l’archipel, empruntent la voie maritime, pour entrer incognito à Mayotte. On dénombre des milliers de comoriens qui ont péri en mer dont de nombreux bébés et des femmes enceintes. Désormais près de 26 000 expulsions sont programmées tous les ans dans des conditions inhumaines, par “la politique du chiffre“ proclamée par le gouvernement français.
Source : Al-watwan N° 1705 du lundi 21 février 2011
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