Comores : L’ex-préfet de Mayotte Hubert Derache obtient le « Prix Papon »
Le "Prix Papon" (prix attribué pour obéissance notoire), décerné au préfet ayant "procédé au plus grand nombre d’expulsions de sans papiers", a été accordé à ceux de Mayotte et du Pas-de-Calais, ont annoncé jeudi à Toulouse des associations de défense des droits des l’homme.
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L’Association pour l’art et l’expression libres (AAEL), avec le soutien d’un collectif réunissant entre autres la Cimade ou le Réseau Education sans frontières 31, est à l’origine de ce prix évoquant la personne de Maurice Papon, ex-secrétaire général de la préfecture de Gironde sous l’Occupation, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité en 1998. Préfet de Paris pendant la répression des Algériens en octobre 1961 et également ancien préfet de Constantine.
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L’Etat s’indigne du "Prix Papon"
Notant que "le gouvernement a, ces dernières années, engagé une chasse sans merci contre des hommes, femmes et enfants", l’AAEL veut ainsi "rendre l’hommage qu’ils méritent" aux "fonctionnaires de la République (qui), n’écoutant que les ordres de la voix de leur maître, contribuent, par leur servilité et leur zèle, à cette politique inqualifiable". Hubert Derache, préfet de Mayotte jusqu’en juillet 2011, a été couronné pour "avoir augmenté d’un tiers les expulsions pendant son mandat".
Pierre de Bousquet, préfet du Pas-de-Calais, département où se pressent de nombreux sans papiers candidats à l’immigration en Grande-Bretagne, est récompensé pour avoir "mis en ½uvre des tactiques combinées qui devraient faire école : l’exercice de la violence directe, le harcèlement journalier, la destruction des moyens de survie".
Un prix de l’innovation a également été décerné à Patrick Stéfanini, préfet de Gironde, un de ces "fonctionnaires hardis qui savent être à l’avant-garde afin de compenser l’inertie des autres et réaliser les objectifs annuels de 30.000 reconduites à la frontière".
Quelque 200 personnes, selon les organisateurs, une centaine, selon la police, ont participé à la cérémonie devant le monument à la gloire de la résistance de Toulouse.
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Le prix P.A.P.O.N évoque Maurice Papon, haut-fonctionnaire français, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, sous l’occupation allemande.
A la suite de la remise des prix P.A.P.O.N à Toulouse, Henri-Michel Comet, préfet de la Haute-Garonne n’a pas décidé de porter plainte mais il a indiqué via communiqué « s’indigner des propos tenus » qui selon lui « portent atteinte tant aux personnes qui travaillent à la préfecture qu’à la mémoire des victimes de la déportation ».
Le préfet rappelle « que la France est une terre d’accueil pour les étrangers qui respectent les règles de la République ». Et de citer les statistiques officielles du ministère de l’intérieur : en 2010, 100.000 personnes ont été accueillies par le service de l’immigration et de l’intégration de la préfecture (en augmentation de 11% par rapport à 2009) de la Haute-Garonne. 40.000 titres de séjour ont été délivrés dont 19.000 pour une première demande. Sur 1.875 mesures de refus d’un titre de séjour, 700 ont abouti à une décision d’éloignement. La moitié des personnes concernées ont quitté la France volontairement. 1.400 de ces décisions défavorables ont été soumises à l’appréciation du juge (en augmentation de 16,5% rapport à 2009) ; 80% des décisions du préfet ont été confirmées. Par ailleurs, 1.200 personnes ont été naturalisées en Haute-Garonne en 2010.
« Les fonctionnaires de la préfecture assument leur tâche avec humanité et dans le respect de la dignité des personnes. La mission du préfet et de ses collaborateurs est d’appliquer les lois démocratiquement votées par le Parlement, ainsi que la politique du Gouvernement » a rappelé le Préfet de Midi Pyrénées.
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source :Â toulouse7.com/
(le titre est de wongo)
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