COMORES : Le travail des enfants cloué au pilori
En effet, pour l’organisation internationale du travail (OIT), les pires formes de travail des enfants doivent être éliminées d’ici 2016. La cérémonie d’hier a vu la participation du ministre du travail, Moussa Abdéremane, le coordonnateur résident du Système des nations unies aux Comores, Opia Mensah Kumah, le directeur général adjoint de la représentation régionale du bureau international du travail (Bit), Gabriel DjankouNkuissi, des leaders syndicaux, des représentants du patronat (Opaco) ainsi que des Ong.
De nombreux écoliers ont aussi pris une part active à cette cérémonie qui parlait du droit des gamins. Des écoliers de l’école franco-arabe Enoumeco ont ainsi présenté un émouvant sketch lié à ce thème du travail des enfants. L’assistance a eu aussi à suivre le témoignage d’un jeune écolier qui travaille depuis l’âge de huit ans dans un garage situé à Malouzini. Le jeune artiste Bourguiba a également interprété une chanson sur le thème de la lutte contre le travail des enfants.
Cette journée est célébrée officiellement le 12 juin de chaque année au niveau mondial. Elle sert de « catalyseur au mouvement mondial contre le travail des enfants », a souligné Saïd Ahmed Chams-Eddine Tourqui, président de l’association Visa pour 2015, une association comorienne qui vise à promouvoir les objectifs du millénaire pour le développement et à contribuer à leur atteinte. Les discours prononcés à cette occasion ont tous mis en exergue les méfaits provoqués par le travail des enfants.
Il s’agit « d’un fléau dangereux dont les conséquences néfastes pour l’avenir du pays sont évidentes », a souligné Opia Mensah Kumah, le coordonnateur du système des nations unies qui a rappelé les engagements de son organisation en faveur de la protection de l’enfant. « Elle fait partie intégrante des actions prioritaires que le gouvernement comorien et le système des nations unies ont retenues dans le cadre de leur coopération et inscrites dans l’UNDAF et le programme unique », a-t-il encore ajouté.
Selon, Gabriel Djankou Nkuissi, le directeur général adjoint du bureau Océan indien du Bit, le travail des enfants qui touche 215 millions de petits constitue « un fléau planétaire ». « Après le sida, le travail des enfants est le fléau qui menace de compromettre l’avenir de la planète », a-t-il assené. Selon une étude réalisée en 2009, les Comores sont également touché par ce phénomène. Ce document élaboré par des spécialistes dans ce domaine indique clairement qu’« aux Comores des enfants entrent très précocement dans le marché du travail et font toutes sortes de travail ».
Un phénomène qui observable dans tous les domaines, agriculture, artisanat, ateliers, travail domestique etc…. Cette étude mentionne également que ces enfants « sont enrôlés dans travaux dangereux considérés par la convention n°182 de l’OIT de pires formes de travail des enfants (PFTE) car susceptibles de nuire à la santé, au développement physique et à l’épanouissement de l’enfant ».
Les pires formes de travail des enfants sont, entre autres, l’exploitation sexuelle des enfants (la prostitution) , les pratiques sexuelles sous l’emprise de l’alcool et de la drogue, les enfants utilisés dans la vente de produits stupéfiants, les travaux dangereux dans l’agriculture, la pêche, la soudure, les fours à bois, le travail domestique pour les enfants placés et le travail dangereux et exploitation à l’école coranique », a énuméré Armia Mshangama qui a présenté à l’assistance le plan d’action national pour la lutte contre le travail des enfants.
A la fin de la cérémonie un panneau géant placé juste devant l’assemblée nationale a été dévoilé par le ministre en charge du travail qui a déclaré son engagement et celui du gouvernement à lutter contre le travail des enfants. Cette année, la célébration de la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants qui est célébrée en pleine coupe du monde de football en Afrique du Sud a été influencée par cette messe mondiale. Cela s’est ressenti par les slogans employés qui utilisent tous le langage du football. « Droit au but- éliminons le travail des enfants » ou encore « carton rouge pour le travail des enfants ».
Faissoili Abdou
Source : http://lagazette.hzkpresse.com/
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