COMORES : Le Mirex accuse Bachar Kiwan de saper l’intégrité du pays
« Afin de ne pas vous placer dans la situation de ceux qui s’appliquent à brouiller les cartes, nous vous demandons instamment de traiter désormais l’information relative à nos îles dans une édition unique… ». Cette mise en garde qui émane du ministère des affaires étrangères est sans équivoque. Elle s’adresse au patron du Comoro Golf Holding. A l’origine de cette injonction, le nouveau quotidien d’information que vient de lancer ce groupe à Mayotte. Le gouvernement ne voit pas d’un bon ½il la parution de ce journal uniquement dans cette île comorienne sous administration française.
« Il nous a été donné de constater avec beaucoup de regret que depuis quelques temps déjà , dans votre presse comme dans votre communication, vous avez adopté le langage de ceux qui s’appliquent à saper l’unité et l’intégrité de notre pays en tentant de faire croire que l’île comorienne de Mayotte n’appartiendrait pas à l’Union des Comores. La parution récente d’une édition mahoraise de votre quotidien Al Balad, distincte de l’édition comorienne est, à cet effet, un dangereux et inquiétant révélateur », martèle cette correspondance qui date du 6 septembre dernier.
Cette missive dont une copie est envoyée dans notre rédaction pour publication est signée par le secrétaire général adjoint. Le ministère des relations extérieures (Mirex) s’insurge contre « l’attitude » de ce groupe qui est dirigé par cet Homme d’affaires franco-syrien. La diplomatie comorienne va plus loin en assénant que si Bachar Kiwan décide « à persévérer dans cette erreur, celle-ci risque d’être considérée comme un acte inamical à son égard ».
Dans cette communication du ministère des relations extérieures, Kamariddine Abdou rappelle au patron de cette structure que « le mensonge le plus fallacieux et le plus délirant, mais asséné méthodiquement et avec instance finit, trop souvent, par tromper les esprits mêmes les plus avertis et les moins susceptibles de tomber dans ce piège bien connu des spécialistes de l’intoxication et de la désinformation ». Des passages qui en disent long quand on connait les « bonnes relations » qu’entretient ce groupe avec le pouvoir.
Peut-on parler de divorce entre Bachar Kiwan et le gouvernement ? En cette période électorale, cette lettre peut paraitre surprenante pour ce groupe qui a toujours joué pour le gouvernement. Cette société qui emploie plus de 300 personnes, a souvent profité de l’approche des élections pour réactiver ses projets pharaoniques et interminables [la Corniche de Moroni, les 4 ports secondaires, le village touristique de Bangoi Kouni, etc.] pour séduire l’électorat au profit du président. Ce qui lui a souvent valu des critiques de « mélange des genres » pour un investisseur privé.
Depuis 2008 ce patron de presse a lancé à Moroni son journal Albalad, tiré à 5000 exemplaires et distribué gratuitement jusqu’à tout récemment, non sans provoquer la réprobation des professionnels qui y voient dans cette entreprise une concurrence déloyale, au détriment des autres titres indépendants confrontés à des difficultés financières et structurelles. Certains milieux politiques ont même soupçonné cet investisseur « d’opération de blanchiment d’argent ».
A.A. Mguéni
Source : lagazette.hzkpresse
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