COMORES : Le dialogue avec les mahorais n’aboutira qu’Ã l’acceptation du fait accompli
L’opposition se réjouit de cette déclaration et le Comité mahorais se dit déçu par le contenu de ce discours. Pour résoudre la question de Mayotte, comme nous l’avons écrit dans ce blog au mois de juillet dernier à la suite du discours du 6 juillet du Président de l’Union des Comores, le dialogue avec les mahorais n’est pas la solution. Une population qui a un niveau de vie 10 fois supérieur au reste de la population comorienne, ne peut jamais discuter objectivement avec les responsables de l’Union des Comores qui réclament le retour de leur île dans le giron comorien. Un retour qui signifie pour les habitants de Mayotte, « la misère » et l’instabilité.
De deux choses l’une, soit l’on accepte le fait accompli et on accepte la séparation à l’amiable avec les mahorais et on pourra discuter de la coopération régionale et des relations de bon voisinage, soit on continue, la revendication de Mayotte, et il faudra alors négocier avec la France qui administre l’ile pour trouver une solution. Une négociation franche sans tabou avec des diplomates rompus aux arcanes des négociations et à cet effet, les comoriens doivent former leurs diplomates pour entamer des vrais négociations avec la France.
Dialoguer avec les mahorais pour vouloir résoudre conflit territorial qui oppose les Comores et la France, c’est tomber dans le piège des français qui veulent réduire ce conflit en un conflit comoro-comorien dont la résolution dépend de la volonté des « mahorais ». Et justement c’est sur la base de la volonté des « mahorais » que les français ont balkanisé l’archipel des Comores. Dans le droit interne français, Mayotte est considérée comme un territoire français par l’article 73-3 de la Constitution française. Et l’article 53 de cette constitution reconnaît à tous les Français – métropolitains ou ultramarins – un droit à l’autodétermination externe et au refus de la sécession : “Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées”. Dans sa décision n° 75-59 DC du 30 décembre 1975, portant sur la loi relative aux conséquences de l’autodétermination des îles des Comores, le Conseil constitutionnel français a affirmé que l’île de Mayotte est un territoire français au sens de l’article 53 de la constitution française, et en conséquence, que cette île ne saurait sortir de la République française sans « le consentement de sa propre population ».
Vouloir changer le consentement des habitants de l’île Mayotte par le dialogue, c’est faire preuve d’une grande naïveté. Car le dialogue avec les mahorais n’aboutira qu’à une seule option : l’acceptation du fait accompli par les Comoriens, ce que veut justement l’Etat français.
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Source : comoresdroit
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