Comores: le chef d’état-major refuse son inculpation, se réfugie dans une école militaire
MORONI – Le chef d’état-major de l’armée comorienne a refusé mardi son inculpation et a trouvé refuge dans une école militaire, à l’issue de son audition à Moroni par un juge dans le cadre d’une enquête sur le meurtre d’un haut gradé de l’armée, a-t-on appris de sources concordantes.
Le général Salimou Amiri s’est rendu mardi matin au tribunal de Moroni pour y être entendu par le juge en charge de l’enquête sur le meurtre du colonel Ayouba Combo, assassiné mi-juin par des inconnus à son domicile de Moroni, a constaté le correspondant de l’AFP.
A l’issue de cette audition d’environ trois heures, le juge Rashad Shangama a signifié au général Salimou son inculpation et son arrestation, que ce dernier a refusé.
« Je suis allé de bonne foi et par respect dans le bureau du juge qui m’avait convoqué », a expliqué le chef d’état-major, interrogé au téléphone par l’AFP.
« C’est lui qui aurait dû venir dans mon bureau. Et ce n’est pas à lui seul de décider de mon inculpation », a estimé le général Salimou.
Les gardes du corps de l’officier supérieur se sont alors opposés physiquement à son arrestation, dans un face-à -face tendu avec des gendarmes, a-t-on constaté.
Le général Salimou a ensuite quitté les lieux et s’est rendu à la caserne de Kandani, quartier général de l’armé en périphérie de la capitale, où il a trouvé porte close, a expliqué un membre de son entourage.
Il a ensuite trouvé refuge à l’Ecole nationale des forces armées et de la gendarmerie (ENFAG), sur la route de l’aéroport. « J’observe la situation », a-t-il simplement déclaré à l’AFP, alors qu’il se trouvait en fin d’après-midi dans cette école.
Suite à ces événements, un conseil de crise se tenait à la présidence, selon une source gouvernementale qui a requis l’anonymat.
Des militaires ont été également déployés dans les rues de la capitale Moroni, selon des habitants contactés par l’AFP.
L’assassinat du colonel Combo, l’un des plus hauts gradés de l’Armée nationale de développement (AND), était intervenu dans un contexte de vive tension politique aux Comores, après la prolongation contestée au-delà du 26 mai dernier du mandat du président Ahmed Abdallah Sambi.
Les parties comoriennes ont signé fin juin un accord sur le calendrier électoral, élaboré par l’Union africaine (UA) et prévoyant la tenue d’une élection présidentielle en novembre 2010.
La petite armée comorienne a connu ces derniers mois de gros tiraillements, se traduisant notamment par un malaise croissant entre une partie de l’état-major et le pouvoir exécutif.
Mi-mai, un accord de « réconciliation » avait été signé pour « rétablir la sérénité » au sein de l’AND, qui compte un peu moins de 2.000 hommes.
Petit archipel pauvre de l’océan Indien, les Comores ont connu depuis l’indépendance une vingtaine de coups d’État ou tentatives supposées, menées notamment par le mercenaire Bob Denard.
(©AFP / 31 août 2010 18h50)
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iYo kwaka kwaka , un juge ne doit pas arrêter un chef d’état major, quand bien même celui-ci est impliqué dans un crime.