Comores: l’armée encourage au « dialogue » pour « préserver la paix »

MORONI – L’armée comorienne à appelé toutes les parties politiques du pays à "un dialogue franc et constructif" en prévision de la fin du mandat du président Ahmed Abdallah Sambi le 26 mai prochain, prévenant qu’elle ne tolérerait aucune atteinte à la sécurité.
Dans un communiqué rendu public mardi, l’état-major de l’armée a "encouragé" les responsables politiques de l’archipel à un "dialogue franc et constructif, en vue de préserver la paix, la sécurité et la cohésion nationale" du pays à l’approche du 26 mai.
La prolongation du mandat du président Sambi au-delà de cette date et jusqu’à fin 2011, au terme d’une réforme constitutionnelle contestée, suscite depuis plusieurs semaines de vives tensions politiques aux Comores.
La Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, a jugé samedi que ce mandat expire effectivement le 26 mai, et que le président Sambi devra ensuite exercer le pouvoir au cours d’une "période intérimaire", dans une "démarche consensuelle" et avec des pouvoirs limités, jusqu’à l’organisation d’élections
L’état-major explique après avoir "pris connaissance" de cette décision de la Cour et appelle toutes les parties "à embrasser cette démarche consensuelle (…)".
L’armée dit se réjouir "de l’esprit louable de sérénité dont ont fait preuve tous les Comoriens suite à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, et (les) appelle à continuer de faire preuve de responsabilité et de solidarité en ces temps difficiles."
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Elle prévient cependant que "dans le contexte actuel", les militaires "ne toléreront aucune menace, insulte, provocation ou attaque de quelque nature que ce soit", s’engageant "solennellement et fermement à assurer la sécurité des personnes et des biens (…)".
Des négociations sur l’après 26 mai entre le gouvernement, les exécutifs des îles et l’opposition doivent reprendre dans la semaine.
La publication de ce texte intervient dans un climat tendu entre l’armée et le pouvoir exécutif.
Le chef d’état-major, le général Salimou Amiri, a récemment accusé deux proches collaborateurs du chef de l’Etat de "préparer un plan pour l’éliminer physiquement".
L’arrivée mi-avril au sein de la garde présidentielle de plusieurs dizaines de militaires libyens, officiellement des "instructeurs", "mercenaires au service de Sambi" selon l’opposition, avait avivé ces tensions.
Fin avril, le président Sambi avait rappelé l’armée à ses "devoirs", mettant en garde les militaires qui voudraient se mêler de politique ou "suivre ceux qui veulent semer la zizanie dans le pays".
Petit archipel de l’océan Indien, les Comores ont connu depuis l’indépendance une vingtaine de coups d’État ou tentatives supposées, menées notamment par le mercenaire français Bob Denard.
(©AFP / 11 mai 2010 16h47)
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