COMORES : GRAND RASEMBLEMENT EN L’HONNEUR DE SAMBI AU PALAIS DU PEUPLE

« Tant que je serai encore le Président de ce pays, aucune discussion de quelque nature que ce soit, n’aura lieu avant l’annulation du visa qui a fait de la portion de mer qui sépare Mayotte d’Anjouan, le plus grand cimetière du monde »

a déclaré le Chef de l’Etat au grand rassemblement populaire réuni en son honneur au Palais du Peuple.

Après son retour triomphal de la 65ème assemblée générale des Nations Unies où il a prononcé un discours mémorable, SEM Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI a été accueilli avec tous les honneurs au palais du peuple ce jeudi 30 septembre 2010 par l’ensemble du Gouvernement en présence du président de l’Assemblée Nationale, des deux vice-présidents, des oulémas, des notables, de plusieurs personnalités et des milliers de comoriens. Après la fatha et la lecture de la sourate Yassine, le notable Ismaël Abdou a pris la parole pour montrer l’importance de ce 30 septembre pour les comoriens.
« Ce 30 septembre est une date mémorable pour notre pays et pour tous les comoriens a-t-il déclaré avant de rappeler qu’il y a 35 ans, feu le Président Ahmed Abdallah Abderrahmane paix à son âme, a proclamé l’indépendance unilatérale des Comores le 6 juillet 1975 et qu’après 35 ans de bataille, de discussions infructueuses, pour le retour de Mayotte dans son giron naturel, cette partie du territoire nationale reste sous domination coloniale.
« Durant cette période, certains ont donné le meilleur d’eux-mêmes pendant que d’autres ont volontairement mis de côté cette question qui est pourtant notre raison de vivre » a-t-il ajouté.
« si les comoriens sont là aujourd’hui, a-t-il poursuivi, pour vous présenter leurs sincères remerciements et vous réitérer leur adhésion sans réserve et leur totale confiance sur les efforts que vous avez engagés, en vue de recouvrement de l’intégrité territoriale de notre pays, c’est qu’ils ont compris que sur la question de Mayotte il ne doit y avoir aucune faille, ni aucune divergence entre eux »
Le notable Ismaël a enfin conclu en affirmant que « quiconque tentera de casser cette unité en payera le prix fort » avant de rappeler par ailleurs que « les dates des élections restent inchangées ».
Quant au deuxième orateur, le Dr Mouhtar Ahmed Charif, il a insisté sur trois missions que le Président s’était assigné : 1 la libération d’Anjouan qui est faite sans effusion de sang contrairement aux prévisions les détracteurs qui promettaient l’hécatombe. 2 le développement du pays où des progrès ont été réalisés même s’il reste encore beaucoup à faire. 3 la question de l’île comorienne de Mayotte, qui a été auparavant volontairement retirée de l’ONU.
Le Dr Mouhtar Ahmed Charif a salué la volonté du Chef de l’Etat de ramener cette question à la face du monde en soulignant qu’il ne peut y avoir de paix et de stabilité aux Comores sans une solution définitive à la question de Mayotte car toutes les déstabilisations dont est victime notre pays, ont été fomentés à Mayotte. Le dernier en date et non le moindre est la formation d’un gouvernement en exil installé à Mayotte.
« Durant les deux premières années de votre mandat, vous n’avez pas pu vous pencher sur cette question, aujourd’hui c’est chose faite et nous sommes tous unis derrière vous et vous conjurons d’½uvrer pour le renforcement de la sécurité et de l’unité nationale » a-t-il conclu.
Après une longue ovation, le Chef de l’Etat a pris la parole d’abord pour remercier tous ceux qui ont fait le déplacement au Palais du Peuple en son honneur, de même que tous ceux de l’extérieur comme de l’intérieur qui l’écoutent et le voient à travers l’Ortc. « Votre présence massive ici, est un message et rassurez vous, il est déjà parvenu au destinataire. Merci de cette leçon de nationalisme que vous avez donnée et qui sera une image pour nos enfants car, tant que cette question de Mayotte restera en suspens, nous continuerons notre légitime revendication car nous ne tolérerons pas l’occupation ne serait ce que d’un centimètre carré de notre territoire par une force étrangère d’autant plus que ce qu’a fait la France à Mayotte depuis 1975, a été unanimement condamné par les Nations Unies » a-t-il déclaré.
« La proposition d’un pays deux administrations, a poursuivi le Chef de l’Etat, est en elle-même un sacrifice et la détermination française à vouloir occuper par la force une partie du territoire comorien, prouve encore une fois combien le pays recèle des richesses de toute sorte »
« Aux mahorais, nous voulons du bien et nous prions pour que leur prospérité car, plus ils prospèrent, plus nous en bénéficieront nous tous » a-t-il poursuivi.
Le Chef de l’Etat s’est ensuite adressé aux intellectuels et aux cadres comoriens pour leur demander « d’avoir pitié de ce pays, de l’aimer, de privilégier l’intérêt général au détriment du particulier car si le pays gagne, c’est tout le monde qui aura gagné ».
Il a également rappelé que la paix, la stabilité et la quiétude sont les meilleurs vêtements que nous pourrions faire porter à notre pays et le meilleur gage pour un avenir meilleur.
Le Président SAMBI a par ailleurs informé l’assistance, qu’il a eu plusieurs discussions avec ses homologues notamment SEM Ali Bongo et Abdoulaye WADE qui se sont tous déclarés disposés à aider les Comores. Pour sa part, Sa Majesté MOHAMED VI, Roi du Maroc a manifesté sa disponibilité à offrir chaque année une centaine de bourses d’études aux étudiants comoriens au lieu de la cinquantaine accordée annuellement jusqu’ici.
Les responsables de Qatar, des Emirats Arabes Unis, notamment Cheikh Mansour, ont manifesté le désir de participer activement au développement des Comores.
Avant de terminer son propos, le Président de la République a abordé la question de l’organisation des prochaines élections. Il a ainsi souhaité qu’elles aient lieux aux dates prévues, dans la démocratie et la transparence. « Je ne dépasserai pas une heure de plus à la date du 26 mai 2011. Je le réitère solennellement ici, devant vous. Aux juges que certains intimident en mon nom, je le dit encore ici haut et fort que jamais je ne couvrirais de tels agissements. Vous avez prêté serment, exercez votre métier librement, vous serez jugés sur vos actes et vous répondrez seuls devant le Tout Puissant » leur a-t-il lancé.
Le Chef de l’Etat a conclu son discours en rappelant que « tant que je serai encore le Président de ce pays, aucune discussion de quelque nature que ce soit, ne doit avoir lieu avant l’annulation du visa qui a fait de la portion de mer qui sépare Mayotte d’Anjouan, le plus grand cimetière du monde ».
Source : Beit Salam

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