COMORES : Eternel recommencement ?
Par Mmagaza
Tout cela n’est guère réjouissant pour la suite, quand nous connaissons notre propension à échafauder des scénarios dignes du grand réalisateur Costa Gavras. Et pourtant, il est impératif que les uns et les autres fassent preuve de retenu pour essayer d’y voir un peu plus clair dans l’écheveau des affaires en cours.
Le risque de pléthore de candidats à Mwali ne doit pas nous faire oublier de tirer les leçons d’un passé récent pour en éviter le retour, comme dirait le grand timonier chinois en son temps. La place des institutions sera nécessairement un des sujets phares. Quelle autonomie pour les îles ? Quel sera le rôle des vice-présidents ? Des califes à la place du calife dans les îles ? Quels pouvoirs réels pour les gouverneurs ? Autant de questions que la prochaine campagne électorale doit s’atteler à débroussailler autant que faire se peut.
Sur l’actualité immédiate, l’opinion est toujours en train de passer au crible les circonstances qui ont amenées le Général à se retrouver en résidence surveillée. Résidence qui a toujours été surveillée de part et d’autres, ajoutent les mauvaises langues. Cette affaire pose une fois de plus, la question du rôle de nos forces armées dans les institutions républicaines.
L’histoire mouvementée de ces forces, a toujours constitué une donnée insaisissable dans le jeu de pouvoir dans les îles de la lune. Il convient de recadrer encore plus l’objet de notre armée dans les secteurs du développement et de la sécurité civile. On constate par ailleurs qu’une fois de plus, ce sont des forces extérieures qui s’occupent de la sécurité du chef de l’état, ce qui n’est pas une nouveauté chez nous, mais cela est aussi une des leçons à tirer pendant cette campagne.
Rappelons que le président Djohar avait été renversé et envoyé à « Bouroubwa », alors que le chef de sa sécurité était un officier gaulois. Personne dans le microcosme n’avait trouvé rien à redire. Là aussi, aucune leçon n’a été tirée. A l’approche de la fin des mandats, le slogan que l’on balance est toujours le même, « qu’il s’en aille, on verra après ». Le problème est qu’après, on revient au point de départ. On se repose les mêmes questions, car les mêmes problèmes se reposent. Cercle vicieux, quand tu nous tiens !
Les Comores ont des atouts et des potentialités, mais pour les faire éclore, il faudrait se remémorer ces paroles de Saint Just : « S’il y a plus de gens qui visent à la gloire, l’Etat est heureux et prospère ; s’il y a plus de gens qui visent à la fortune, l’Etat dépérit ».
Source : holambecomores
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