COMORES : Assassinat du Colonel Combo ; contre la propagande, les faits sont têtus

COMORES : Assassinat du Colonel Combo ; contre la propagande, les faits sont têtus

Dans « l’affaire Combo », certains esprits machiavéliques s’acharnent à brouiller les pistes par l’amalgame et les analyses perverses dans le but de discréditer la procédure judiciaire en cours, qui pourtant ne laisse plus que peu de doute, sur l’implication de ceux qui sont aujourd’hui aux mains de la justice. En effet, on dira tout ce qu’on veut, mais les élucubrations les plus diverses se heurtent à une évidence implacable; les aveux de certains inculpés. Aveux faits devant le juge d’instruction et non devant les enquêteurs, avec force détails sur l’opération ; Les deux premières embuscades devant Kandaani, et sur la route de Foubouni le jour du mariage du Vice Président Idi, mais sans passer à l’action. Un des inculpés aurait tout avoué sur l’assassinat lui-même ; le lieu où ils se sont cachés devant la maison de Combo, le véhicule utilisé, le chauffeur qui a conduit le véhicule qui fait partie des inculpés et pour couronner le tout l’arme du crime a été retrouvé. Ce qui a conduit le juge à interpeller le responsable de l’armement qui doit en savoir un bout sur les conditions qui ont conduit à mettre cette arme dans les mains de celui qui a tiré. Il est évident que ces trois sous officiers ne sont que les exécutants l’assassinat ; qui sont les commanditaires ? qui a donné l’ordre et quels sont les mobiles ? C’est ce que le juge cherche à savoir. Des officiers supérieurs ont été entendus par le juge. Le nom du Général Salimou aurait été cité au cours de l’enquête.
Le Général a été convoqué par le juge le mardi 31 août au Palais de justice de Moroni. Il y est arrivé avec son escorte armée et quand le juge lui a annoncé qu’il le plaçait en résidence surveillée, il a fait signe à l’escorte qui est intervenu pour le sortir du Palais de justice et le conduire dans sa voiture. La voiture quitte le Palais de justice direction le camp de Kadaani, là ils se heurtent au refus des militaires de les laisser entrer. Ils se dirigent alors vers l’école militaire de Voidjou où ils entrent et s’installent. Des officiers supérieurs, de crainte d’un affrontement entre loyalistes et rebelles, engagent alors une médiation, d’abord avec le juge, qui reste ferme, puis avec le Gouvernement. Le Général Salimou accepte la résidence surveillée mais dans sa propre maison et avec sa garde personnelle, le gouvernement lui accorde de rester dans sa maison mais sous la surveillance d’autres militaires. Ce n’est que tard dans la nuit que le Général quitte l’école de Voidjou escorté par le Colonel Halidi, Commandant de la Gendarmerie, pour être mis en résidence surveillée chez lui.
Mais revenons sur les mobiles du crime ; Vers le mois d’avril 2010, le Colonel Adinane, chef de corps des Forces Comorienne de Défense (FCD) part en stage en Chine, le Général Salimou s’empresse de sortir une note de service pour nommer comme intérim un de ses lieutenants, sans consulter ni le Chef de l’Etat, ni le Ministre de la Défense. Il faut savoir que le chef de corps du FCD est un homme clef nommé par décret du Président, il commande les compagnies et exerce un contrôle sur les armes.

Le Chef de l’Etat, informé de ce qui vient de ce passer, nomme le Colonel Combo chef de corps par intérim, puis quelques semaines plus tard le confirme comme titulaire du poste. Après l’épisode de la « réconciliation » entre le Général Salimou et le Colonel Bastu, le Colonel Combo aurait demandé que des sanctions soient prises contre certains lieutenants proches du Général qui avaient été particulièrement indisciplinés, il se serait heurté au refus catégorique du Général.
Pendant que les négociations du dialogue inter-comorien piétinent, une note autorisant la sortie d’armes et munitions comme dotation personnelle de certains sous officiers proches du Général est présentée pour signature au Colonel Combo, ce dernier refuse de signer la note parce que, dit- il, « je ne vois pas la raison d’une telle dotation ». Le Général fait modifier la note et la signe lui-même ; ce qui explique l’inculpation du responsable de l’armement par le juge. L’arme qui a servi à tuer le Colonel Combo fait partie de ces armes, elle a été retrouvée abandonnée dans un coin d’un bureau au camp de Kadaani. En effet, un peu avant l’assassinat du Colonel Combo, certains sous officiers sont venus rendre les armes qui leur avaient été remises, mais pas celle qui a servi à assassiner le Colonel Combo. Après l’assassinat de ce dernier, un des sous officiers inculpé aurait tenté de remettre l’arme à l’armurerie, mais devant le refus du responsable de l’armement de la reprendre, elle a été abandonnée dans un coin d’un bureau, c’est là que les enquêteurs sont venus la récupérer.
Après l’assassinat, une jeune femme proche du CRC a prétendu avoir été témoin de l’assassinat du Colonel Combo ; Cachée sous un lit, elle aurait vu des hommes cagoulés abattre le Colonel Combo ; certains d’entre eux auraient parlé arabe entre eux, un d’eux aurait enlevé sa cagoule et elle aurait reconnue le garde de corps d’un des Ministres du Président Sambi. Mais, de nombreux détails de son récit ne concordaient pas avec ce que savait déjà la Police. L’heure à laquelle elle situe le crime ne concorde pas. Elle dit que le Colonel Combo était habillé en militaire or il était en civil, enfin on imagine mal que cachée sous un lit, on puisse voir le visage de quelqu’un qui est debout sans risquer d’être vue soit même. Pressée par les enquêteurs, elle finit par avouer que tout cela lui avait été dicté par le Docteur Assad, lui-même proche du CRC. Ça faisait partie du plan, en effet connaissant les querelles entre Mirontsi et Mutsamudu, on avait pensé qu’en rependant la nouvelle selon laquelle ce sont les mutsamudiens du régime Sambi qui ont assassiné le Colonel Combo, cela allait provoquer une nouvelle guerre civile entre les deux localités et donner l’occasion à l’armée d’intervenir et pourquoi pas de renverser le gouvernement.
Un certain nombre de faits donnent à réfléchir sur la probable implication du Général Salimou, outre le fait qu’il ait été cité nommément au cours de l’enquête;
- Après que la rumeur des « révélations » de la femme du CRC ait été répandue, le Général n’a eu cesse de demander des nouvelles des réactions à Mirontsi ;
- Tout le monde a remarqué que depuis l’arrestation des trois sous officiers, le Général a littéralement fondu physiquement, on aurait dit qu’il a été frappé d’une soudaine maladie ;
- A aucun moment, le Général n’a diligenté la moindre enquête interne alors qu’il s’agit tout de même de l’assassinat d’un officier supérieur ;
- La plupart des inculpés sont de sa région ;
- A plusieurs reprises, il a essayé de discréditer l’enquête lors de ses interventions devant les soldats au rassemblement, un peu comme le Colonel Azali qui a avancé lors de sa dernière conférence de Presse, qu’il aurait mieux valu confier l’enquête à des enquêteurs français…
- Enfin pourquoi vouloir se soustraire à la justice ? Que serait-il arrivé s’il avait pu entrer à Kadaani avec son escorte ?
Pourquoi le Colonel Combo a-t-il été assassiné ? Peut-être que la justice le dira un jour, en tout cas une chose est claire ; il était devenu gênant au poste qu’il occupait au sein de « l’Armée Nationale de Développement ».
SRH

Publié par http://wongo.skyrock.com/

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1 commentaire »

  • Mrimdu:

    Dans la sagesse populaire on nous dit que : « l’intelligent parle de ce qu’il a vu, quand le sot parle de ce qu’il a entendu dire ».
    Le 31 aout 2010, le commandant Gamil empêche le chef d’état-major d’entrer au camp militaire alors qu’il était encore chef d’état-major. [ qui dit non?] 7 h après Gamil devient chef d’état-major. C’est un fait que loeil a observé.
    On se demande : Cela n’était pas préparé en avance par Gamil, et l’executif avant même l’audition du général ? Difficile de nous dire le contraire. Pour les rumeurs tant quÂ’ils sont encore rumeurs ne nous invitez pas à les confirmer avant le juge SVP merci

    Mrimdu

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