COMMUNIQUE SUR L?ETAT D?EXCEPTION A MOHELI
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme fidèle à sa tradition de défenseur des libertés démocratiques,
Tout en condamnant encore une fois les actes de violence du 4 mars 2010,
Tout en reconnaissant le droit à tout état et gouvernement de prendre des mesures préventives pour assurer l’ordre public notamment en ce qui concerne la sécurité des personnes et des biens,
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme est préoccupée par l’état d’exception de fait en vigueur en Île Autonome de Mohéli et ce sans qu’aucun acte officiel en dehors des interdictions de manifester du Ministère de l’Intérieur ne soit signé par l’autorité compétente et selon la procédure habituelle en ce sens comme l’exige notre loi fondamentale.
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme condamne avec la plus grande vigueur l’interdiction faite à l’opposition politique de tenir une réunion publique le 17 mars 2010 à la Place de l’Indépendance de Fomboni. Ceci est une entrave grave au droit d’expression et de réunion. Les événements du 4 mars 2010 ne doivent en aucun cas servir de prétexte pour faire reculer les libertés démocratiques dans notre pays.
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme met en garde l’état major de l’Armée Nationale de Développement et les autorités étatiques sur l’utilisation des éléments Forces Comoriennes de Défense pour des opérations préventives ou de maintien de l’ordre. Nous tenons à rappeler que la FCD n’a pas pour mission de maintenir l’ordre. Tout dérapage par ces éléments de la FCD dont certains sont identifiés pour leur participation active à la « casse » de Sima, incombera de la responsabilité individuelle et civile des membres de l’état major et du gouvernement.
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme estime que les patrouilles de militaires casqués et armes de guerre à la main patrouillant à longueur de journée à bord de camionnettes, donnent l’image des Comores un pays en état de guerre. Elle appelle un retour de militaires dans leurs casernes pour leurs missions habituelles.
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme appelle au dialogue pour la résolution d’une crise qui est non seulement politique mais aussi sociale, identitaire et de confiance.
La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme appelle la Communauté Internationale à user de son poids et influence pour amener à la table de négociation toutes les partis prenantes à la dite crise avant que ne se produise l’irréparable.
Fait à Fomboni le 17 mars 2010
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