Avant campagne électorale: Mwigni Baraka séduit le Sud de la France
Le candidat du Mouvement Orange à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja se trouve actuellement en France pour présenter à la communauté comorienne son intention de succéder à Mohamed Abdouloihabi à la tête de l’exécutif de l’île. Mwigni Baraka entame une opération séduction à Marseille, Nice et Lyon.
« L’apport de la diaspora dans le développement des Comores est plus qu’important ». Cette phrase est répétée plus d’une fois par les différents intervenants dans les multiples réunions que le candidat de la Mouvance Orange a tenu en en France. Une formule qui intervient comme pour justifier le déplacement d’une forte délégation Orange en Hexagone. Après Lyon, l’ancien receveur des douanes au port de Moroni, a filé tout droit vers Marseille, cette « cinquième île » de l’archipel.
Après deux brèves réunions le samedi, la suite du prétendant au poste de gouverneur a tenu un grand meeting dans un centre culturel marseillais dénommé « salle Nyanfambaya », signe que les comoriens s’enracinent dans la vie du pays d’adoption. Officiellement, le groupe de notables qui a fait le voyage dont certains sont venus de Paris, « est en France pour présenter ce candidat à la diaspora. Maintenant, les comoriens de France peuvent soit entériner la candidature ou proposer un autre. Et si la diaspora adhère à cette candidature, elle doit pondre les propositions pour faire de la Grande Comore, une vraie capitale fédérale », lance Sultan Abdoulanziz qui fait partie de la délégation venue spécialement du bled.
Ce grand dignitaire originaire de Foumbouni conclut ses propos en annonçant que « Mwigni a fait ses preuves à la douane où il est nommé par l’exécutif de l’île mais qu’il a trouvé un terrain d’attente avec un directeur général nommé par l’Union ». A Lyon, Marseille et Nice, le douanier qui a démissionné pour se consacrer à la politique promet « la paix et la stabilité » dans les relations Union/île. « Dans ce conflit de compétence, c’est le pays et la population qui perd. Donc, ma mission première sera de mettre un terme à cette mésentente. Pour y parvenir, je ne ferais que ce qui est prévu par la constitution », martèle Mwigni devant des centaines de personne de la cité phocéenne qui ont pris part à la rencontre de ce dimanche matin.
Pour convaincre la diaspora à porter son choix sur lui, le poulain Orange met en avance ses résultats à la douane. « Cela fait moins d’un an depuis qu’on est à la direction de la douane et nous avons réhabilité les bâtiments et restructuré les services douaniers. En plus, notre équipe a récolté les meilleures recettes depuis des années », affiche en englobant les résultats de son directeur général qui est aussi le leader du Mouvement. Justement comme pour répondre aux critiques sur la destination exacte de ces fonds publics, alors que le pays continue d’en pâtir et de glisser dans la pauvreté, le natif de Ntsoudjini dans une école coranique de Nice, en plein Côte d’Azur ajoute que «son travail était de récolter, la gestion était confiée à d’autres personnes ».
Et c’est pourquoi il demande à la population « de lui donner la gestion ». Les réponses de la communauté comorienne de la France n’étaient pas du tout tendres. Les notables qui ont pris la parole dans les trois villes ont passé en revue les multiples problèmes que la diaspora traverse au quotidien en France ou aux Comores. Mhadji Abdou, notable originaire de la région de Mboudé est passé à l’attaque en estimant que « les propos de tous les candidats sont les mêmes. Ils déclarent que la diaspora est importante mais dans les faits, les choses sont différentes. Les comoriens de France sont confrontés à des difficultés de tout genre rien que pour voyager ou dédouaner les marchandises ». Pour donner plus d’éclaircissements, le candidat a accordé une séance de question/réponse aux jeunes issus de la diaspora. Prochaine rencontre, Paris.
A.A. Mguéni, Envoyé spécial en France
Publié par: HZK-Presse
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