ARRÊT DE TRAVAIL AU TRIBUNAL DE MORONI : LES JUGES POURSUIVENT LA GREVE

Moroni, jeudi 29 avril 2010 (HZK-Presse) – L’institution judiciaire est paralysée par la grève des magistrats. Le palais de justice est presque vide à cause de l’absence des juges. Ils ne revendiquent que ce qui leur revient de droit. Les revendications de ces hommes de lois ne sont rien autres que « la réintégration des magistrats suspendus, le versement de deux mois d’arriérés de salaire déjà payé aux autres institutions ainsi que l’adoption de leur statut », martèle le collectif des magistrats.
« Nous avons huit mois d’impayés, poursuit-il, cependant on ne réclame que celui payé aux autres institutions de la fonction publique ». Il n’y a que deux juges d’instruction à la cour au lieu de quatre, trois autres au niveau du siège, alors que ceux-ci doivent être plus nombreux, a-t-on constaté après un passage dans ce bâtiment.
« Un juge se trouve dans l’obligation de traiter plusieurs dossiers et d’assurer plusieurs fonctions en même temps à cause de la suspension de certains d’entre eux. Une personne se trouve parfois obligée d’accomplir toutes les tâches du tribunal, ce qui fait tarder les dossiers, on n’a pas d’autre choix que la grève », regrettent les magistrats enragés.
Les magistrats, selon eux, « ne se sentent pas considérés par le gouvernement comme des fonctionnaires dont le travail est important. Ils le sont, poursuivent-ils, moins bien traités que les chauffeurs de taxi, car ces derniers ont déclenché une grève le matin et sont appelés dans l’après-midi pour exprimer leur douleur auprès du chef de l’exécutif de Ngazidja Mohamed Abdoulwahabi. Portant, les juristes ont quitté leur lieu de travail, cela fait trois semaines et aucune réaction n’est manifestée », se plaignent ces Hommes en toge.
Les juges s’étonnent du fait que le secrétaire général du ministère de la justice annonce que toutes les revendications des magistrats ont été satisfaites, et « pourtant ce n’est malheureusement pas les cas ; aucune d’entre elles ne l’a été ». Ces propos sortis dans un journal local enflamment la colère des juges. « Nous, magistrats, prenons ces paroles comme une provocation et la grève continue jusqu’à ce qu’au jour où ces revendications seront vraiment satisfaites », assènent-ils.
Les juges auraient encore demandé une audience auprès de la chancellerie mais cette requête n’est pas encore exhaussée. Le garde des sceaux aurait mis en place un service minimum pour expédier les affaires courantes et les cas d’urgence au tribunal de Moroni.
Hachimia Mohamed
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