Abeid soutien le droit et l’équité
Pomoni, le 03 Mai 2010
A la Convergence nationale pour mai 2010
Et aux Mohéliens
Mesdames, Messieurs,
En effet, j’ai dénoncé à plusieurs reprises les dérives du régime de Sambi et de son envie de se maintenir au pouvoir au-delà de la date du 26 mai 2010 et ainsi de priver les Mohéliens de présider à la destinée de notre pays dans les médias nationaux et internationaux. Ces dénonciations me valent depuis des mois des intimidations de la part des militaires et des harcèlements judiciaires puisque le régime sambiste instrumentalise une vieille affaire judiciaire pour me mettre sous contrôle judiciaire et ainsi me priver de ma liberté d’aller et de venir.
Par ailleurs, je tiens également à m’associer au combat que mène la « convergence nationale pour mai 2010 ».
Pour la population de Mohéli, pour les exécutifs de la Grande Comore et de Mohéli, pour l’opposition nationale et pour tous les Comoriens qui sont attachés à l’intérêt général et à l’Etat de droit, le mandat de Sambi prend fin le 26 mai 2010. En effet, Sambi a été élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans, ce n’est pas une décision d’un congrès ou d’un décret présidentiel qui peut permettre à Sambi de se maintenir au pouvoir au-delà de cette date. Cette manière de gouverner en méconnaissant l’Etat de droit et des principes fondamentaux tels que la non-rétroactivité de la loi constitutionnelle, fragilise nos institutions et l’unité de notre pays.
Par conséquent, sa réforme sur l’harmonisation des élections qui partait d’un bon sentiment est décrédibilisée par le manque de consensus avec les présidents des îles qui voient leurs mandats raccourcis sans être consultés préalablement par Sambi et par sa prorogation de 18 mois de son mandat.
Conscient que sa décision unilatérale de se maintenir au pouvoir au-delà du 26 mai 2010 est illégale et ne sera reconnue ni par les Mohéliens ni par l’opposition nationale, il s’est préparé à un coup d’Etat.
Conscient également que l’armée comorienne est devenue une armée républicaine qui ne veut pas défendre les intérêts particuliers d’un homme au détriment de la paix et de l’unité nationale, Sambi a recruté des mercenaires étrangers avec le soutien de ses alliés arabes et perses.
C’est ainsi que ces derniers ont débarqué le 25 mars 2010 aux Comores sans que l’état-major de l’armée, le gouvernement et l’assemblée nationale n’en soient avertis. Ils ont pris la direction de la présidence avec leurs armes lourdes afin de dissuader toute tentative de révolte des militaires et de la population car contrairement aux Comoriens qui ont des scrupules à tuer, ces mercenaires étrangers n’hésiteront pas à faire couler le sang sur le sol comorien pour défendre Sambi l’apprenti dictateur. A l’AND de se hisser à la hauteur des événements et de justifier son devoir de défense de la nation comorienne.
Afin d’éviter le vide institutionnel à notre pays, je propose donc à l’ensemble de l’opposition (convergence nationale pour mai 2010), aux Mohéliens que nous nous penchions sérieusement à l’après 26 mai 2010 afin de prévoir dès maintenant la mise en place d’un président intérimaire et d’un gouvernement d’union nationale sans Sambi pour préparer l’élection d’un Mohélien à la tête de notre pays avant fin 2010.
Enfin, je tiens à remercier L’Emir du Qatar, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani pour le paiement d’une partie des arriérés de salaires des fonctionnaires comoriens mais sans la gestion chaotique de l’Etat et de ses sociétés, sans l’entretien des milices pro Sambi, sans les voyages incessants, sans l’achat des consciences de certains individus et sans les gabegies de l’équipe de Sambi, les salaires auraient été assurés régulièrement par l’Etat comorien.
Ces 20 000 000¤ offerts par l’Emir du Qatar auraient pu permettre à la création de milliers d’emplois dans notre pays en les investissant dans des projets d’infrastructures.
Saïd Abeid Abderémane
Président de l’île d’Anjouan (1999 à 2001)
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