A QUELQUES MOIS DE LA FIN DE SON MANDAT LE CONSTAT EST ACCABLANT ET SANS APPEL
II Bilan social
Sambi a été élu grâce à son programme social fondé sur «des promesses sans suites ». Au regard de son programme populiste sans aucun fondement eu égard aux réalités économiques et sociales du pays, tout observateur averti pressentait du mensonge populiste. Et pourtant, ce programme semblait obtenir l’adhésion d’une grande partie du peuple comorien et s’était articulé autour de trois grands projets à savoir : l’amélioration de l’habitat, la moralisation de la justice (indépendante, impartiale et pour tous) et la lutte contre le chômage, la précarité et la vie chère.
A quelques mois de la fin de son mandat le constat est accablant et sans appel : le programme social de Sambi n’a poussé d’un iota. Aucune réalisation, encore moins une initiation. Et le comble c’est que non seulement les secteurs de concentrations qu’il a lui-même choisis n’ont connu aucune évolution mais aussi aucun des autres secteurs sociaux n’a fait l’objet d’une attention de la part de Sambi. Et il continue encore à embaumer le peuple avec ses promesses irréalisables et ses lots de cauchemars.
2 – 1 Sur le plan des infrastructures socio-économiques (eau, électricité, routes)
2.1.1 Electricité :
- Sambi a hérité d’un pays électrifié. En 2ans, à sa prise de fonction, Mamwé avait tourné la page noire des délestages deux ans auparavant. Le Président Sambi a fait marche arrière en renouant le pays avec le noir. Malgré les jurements sans cesse de Sambi, et les appuis des partenaires, le pays tout entier a vécu dans l’obscurité pendant plus de trois ans sous Sambi. La situation a été pire et insupportable durant les périodes très sensibles, comme les mois de « ramadan » et les périodes de mariages.
La mission du FMI de septembre 2009 a qualifié cette « crise énergétique » de très grave aux conséquences socio-éconmiques lourdes. Et pourtant, il n’était question que de réviser les moteurs de la nouvelle centrale léguée par l’ancien régime. Où est donc passé l’argent de l’Etat ? surtout que les fonctionnaires accusent plus de dix mois d’arriérés. Où est passé l’argent des donateurs ? et les grands projets pharaoniques tant vantés par Sambi ? incroyable et honteux, que durant plus de trois ans un pouvoir n’arrive pas à fournir de l’électricité à son peuple ne serait-ce que partiellement ou temporairement. Pourquoi alors solliciter le suffrage du peuple?
- L’absence d’électricité a eu des conséquences fatales et cruelles sur tous les plans : économique, santé, hygiénique, administrative, etc. bref la paralysie absolue de tout le pays. Sambi et ses acolytes sont restés impassibles devant l’ampleur de la crise qu’ils ont eux-mêmes engendrée.
- Des sommes faramineuses ont été dépensées inutilement, pour organiser des séminaires, enivrer le peuple et le nourrir encore de faux projets chimériques et irréalistes tel la géothermie, au lieu simplement d’acheter les pièces nécessaires à la révision des moteurs. Quel mauvais sens de la gestion ?
- Lorsque le gouvernement chinois a signifié à Sambi sa disponibilité à construire une centrale électrique pour assurer la régularité de la fourniture en électricité au niveau de la capitale et des ses zones environnantes, Sambi a exigé que le même projet soit réalisé à Anjouan et à partir des mêmes fonds. Résultat: aucun projet n’aura lieu.
- Sambi a toujours refusé obstinément de voir le côté technique de la problématique et a continué à placer à la tête de la société d’électricité et de l’eau (mamwé) des personnes aux profils inférieurs à la dimension de la problématique. Résultat : la société s’est enfoncée à jamais.
- Finalement durant tout le mandat de Sambi, aucune politique énergétique, aucun projet digne de ce nom, aucun investissement conséquent sur le secteur n’ont été réalisés et pourtant il existe bien avant Sambi, un fonds de l’eau et de l’électricité dont, outre les fonds des donateurs, des mécanismes d’alimentation sont bien définies. Sambi n’avait-il pas compris ces mécanismes ? c’est bien possible.
A quelques mois de la fin de son mandat, en août 2009, le gouvernement Sambi venait de prendre la décision d’installer de manière palliative, une mini centrale électrique dans l’ancien aérodrome de Moroni, à quelques pas du bord de la mer, donc au grand dam de l’environnement. La centrale devait être constituée par des groupes loués à Mayotte, une façon de déplacer le problème et de sauver la face car de toutes les façons tout le monde sait que cette solution n’est pas du tout durable.
D’ailleurs la dite centrale n’a apparemment fonctionné normalement que durant le mois de ramadan, mais après les délestages et les ruptures sont devenus monnaies courantes. Des zones entières peuvent être délestées pendant plus de 12heures et le rythme ne fait que s’accentuer. Des sources de techniciens, il semble que les moteurs choisis ne sont pas adaptés car manque de puissance. Autrement dit Sambi a été incapable de trouver des solutions durables au problème d’électricité qui frappe le pays durant tout son mandat. Il part bientôt à la retraite, laissant entier le problème mais avec des rafistolages.
2.1.2 L’eau :
- Le problème de l’eau qui était sur le point d’être résolu s’est beaucoup aggravé avec le régime de Sambi. Il convient de rappeler que durant tout le mandat de Sambi, toute la population a souffert d’un manque cruel d’eau. La situation était pire pour les zones ou régions où des adductions d’eau existent, car ces régions ont été privées d’eau pendant de très longues périodes avec les conséquences connues sur la santé des populations. Tout le monde se rappelle la recrudescence dangereuse du choléra pendant les deux premières années de règne de Sambi à cause du manque d’eau surtout et les ravages qui en ont découlé sur la vie des populations.
- Au niveau de Moroni, la situation était indicible et elle l’est encore à présent. De nombreux quartiers entiers sont privés d’eau pendant plus d’un an, voire même deux ans. Et il n’est pas rare d’y assister à des scènes comparables à celles des zones de sahel, tels des files de gens parcourant des distances assez longues, ustensiles sur têtes, à la recherche de quelques litres d’eau dans de quartiers très éloignés. Une véritable marche à rebours pour le pays.
- Le réseau d’adduction d’eau de la capitale, complètement vétuste n’a jamais fait l’objet d’aucune étude ou plan d’investissement.
- Pire encore, le projet de réhabilitation du réseau d’adduction d’eau de la capitale dont les équipements sont remis officiellement par les chinois est renvoyé aux calendes grecques. Pour évacuer le problème et trouver une échappatoire, Sambi avait organisé un semblant de quête pour la collecte des fonds nécessaires à la réalisation du projet et dans laquelle il a lui-même donné un million de francs comoriens. La démarche, inconsistante et improductive, n’a jamais été suivie d’effet. Finalement le projet est resté sans suite depuis plus d’un an et ne sera jamais réalisé. La capitale est toujours restée sans eau et Sambi est toujours insensible.
- A Anjouan c’est aussi le calvaire dans beaucoup de régions même si on a l’habitude de croire que l’eau y est abondante. La plupart des sources tarissent, les installations sont vétustes et des populations entières de zones sont privées de l’eau surtout pendant la période de sécheresse sans aucune alternative. Des cas graves d’infections et de maladies sont apparus dans ces zones à cause de l’insalubrité de l’eau, sans que cela ébranle Sambi et son gouvernement. Aucun plan de réhabilitation n’est élaboré, encore moins des mesures d’amélioration de la qualité des eaux, laissant moribondes, des populations entières des zones concernées. Où sont donc les promesses de Sambi d’améliorer les conditions de vie des populations ?
2.1.3 Les routes :
- Sambi a hérité de plus de 100 km de nouvelles routes construites dans les villages et régions enclavés du pays. Aujourd’hui, toutes les routes nationales sont entièrement défoncées. Aucune île, aucune région, aucune zone n’est épargnée. La situation est pire à Anjouan où des régions et zones entières sont redevenues enclavées, donc inaccessibles (Nioumakéké par exemple). La ville de Mutsamudu fait pitié avec ses « citernes ». Il en est de même pour le nord et le sud de la Grande Comore.
- Les déplacements des populations durant le mandat de Sambi étaient devenus des véritables calvaires et comparées à des guerres saintes surtout pour les zones éloignées de la capitale.
- Aucun programme consistant de réhabilitation des routes n’a été établi et pourtant il existe un fonds d’entretien routier qui n’a jamais été alimenté par les hydrocarbures durant tout le mandat de Sambi comme cela est exigé par les textes.
- Le secteur des transports terrestres a connu durant tout le mandat de Sambi, de véritables perturbations avec comme corollaire la perturbation de la vie des populations à cause des grèves répétées des chauffeurs de taxis qui réclamaient la réfection des routes, ce qui a obligé le gouvernement de Sambi de concéder deux années de vignettes (2007-2009), un manque à gagner important pour l’Etat.
- Sambi a commis l’irréparable lorsqu’il a vendu l’hôtel Galawa, fleuron de l’industrie hôtelière nationale à un investisseur fantôme, charlatan, qui n’aura jamais investi, sous prétexte d’obtenir des moyens financiers frais nécessaires à l’utilisation des bitumes octroyés par la Lybie pour réhabiliter les routes.
- Lesdits travaux de réhabilitation se sont entièrement concentrés à Moroni où ils n’ont atteint que moins de 30% du réseau local et moins de 5% du réseau national ; où est-donc passé l’argent de Galawa ? pourquoi les travaux n’ont pas été achevés ? Sambi doit répondre à toutes ces questions après son départ effectif du pouvoir.
- La situation est dramatique à Anjouan où aucun tronçon de route n’est réhabilité. le bitume qui y était acheminé est stocké à Patsy à l’air libre et ne fait qu’exploser graduellement sous l’effet des conditions climatiques (chaleur, pluie…). Non utilisé, ce stock constitue ainsi une source potentielle de pollution et de dégradation de l’environnement. Pourquoi donc envoyer ce bitume à Anjouan ? peut-être par cupidité.
- Il est aussi important de rappeler que ce don de bitume tant vanté par Sambi a été octroyé par la Lybie à l’ancien régime. Ce dernier, n’ayant eu, ni les capacités de stockage requis, ni les moyens financiers pour l’utiliser, a préféré, au lieu de brader le patrimoine national, coopérer avec un opérateur compétent du secteur routier lequel devait assurer tous les travaux de réhabilitation des routes en échange d’une partie du bitume. Une démarche simple, rationnelle et pragmatique qui a été par la suite stupidement annulée par Sambi, au profit de sa démarche populiste, improductive et malhonnête car n’avait d’objectif que de brader l’hôtel Galawa pour des intérêts individuels.
Mouigni Abdou
Citoyen
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