8 mars, journée de la femme: Zoom sur trois femmes

Moroni, mardi 9 mars 2010 (HZK-Presse) ? A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme le 8 mars, dont la cérémonie officielle a été reportée à une date ultérieure par les autorités, la Gazette des Comores et HZK-Presse sont partis à la rencontre de quelques représentantes de ce qu’on a trop souvent désignée comme « le sexe faible ». Trois femmes évoluant dans des secteurs différents ont accepté de nous parler de leurs activités quotidiennes et de cette journée dédiée aux descendantes d’Eve.

Nourou Soibaha Barwane, commerçante de mère en fille

Elle tient son magasin spécialisé dans l’alimentation près de Volo-volo, le grand marché de la capitale. Elle est, sans doute, parmi les femmes d’affaires qui comptent au niveau national. Elle, c’est Madame Nourou Soibaha Barwane qui est, également, présidente de l’association des femmes de Moroni. Cette femme s’est lancée dans les activités commerciales depuis 12 ans déjà. Une activité entrecoupée, néanmoins, par des moments de relâchement liés à l’éducation de ses enfants.

« Au début, c’était une petite affaire mais elle m’avait déjà ouvert des portes auprès des banques », se rappelle fièrement, cette femme issue d’une famille de commerçants. C’est depuis 2004, que cette mère de cinq enfants a repris à plein temps ses activités. Aujourd’hui, cette femme commerçante se réjouit de la « réussite » qu’elle a enregistrée dans le cadre de son travail. Une réjouissance nuancée, toutefois, par la crise économique qui touche le pays en général et qui a entrainé « des régressions » dans ses affaires.

Pour Nourou Soibaha Barwane, le 8 mars est une « grande journée pour les femmes ». Elle reflète, selon elle, l’image de la « femme au devant de la scène ». « La femme actuelle, combattante et militante dans la vie économique, politique, sociale et familiale », poursuit-elle se félicitant du fait « qu’avec le temps la femme comorienne s’intègre dans les activités qui étaient jusqu’ici réservés aux hommes ». Cette présidente de l’association des femmes de Moroni constate que « l’intégration de la femme comorienne se fait à une vitesse qu’on était loin d’espérer ». C’est donc, avec un grand espoir, qu’elle souhaite que les femmes soient « associées dans le cercle des décisions nationales ». Bref, celles-ci, doivent aussi avoir leur mot à dire dans la gestion des affaires publiques, au même titre que les hommes.

Halidi Fatouma, créatrice-modéliste

« C’est une femme qui bouge beaucoup », c’est ainsi que nous l’a présentée une de ses connaissances. C’est dans son atelier sis au quartier « Sans fil » à Moroni que madame Halidi Fatouma exerce son activité démarrée depuis 21 ans. Ce bout de femme énergique bardée de ses diplômes décrochés en France notamment un « Cap en couture flou, un brevet technique en création et mode et un brevet professionnel en technique de coupe », a ouvert, depuis 1989, l’enseigne « Halfat style » à Moroni.

C’est ici, qu’elle confectionne et expose ses modèles réalisés sur des tissus typiquement comoriens. Avant d’ouvrir son affaire à Moroni, Halidi Fatouma, a parcouru différentes entreprises dans l’hexagone où elle a effectuée des stages, histoire de s’imprégner des différentes activités dans son domaine. Arrivée au pays elle décide de lancer son entreprise personnelle où elle a recruté plus d’une dizaine d’employés. Elle a, en même temps, formé plusieurs autres femmes dans la confection et la couture, soit quatre apprenties par une année et demie. Apparemment son affaire a, jusqu’ici, bien évoluée.

« J’ai réalisé plein de choses grâce à mes activités », se réjoui cette mère de deux enfants. Cette créatrice modéliste comorienne a participé à son premier défilé de mode, en 1989, dans l’île de la Réunion où elle a présentée une quarantaine de modes de l’archipel. Elle avait alors décroché la 2 ème place dans cet évènement culturel qui avait réuni les pays de l’océan indien. Néanmoins, son activité semble battre un peu de l’aile à cause de la crise économique. Pour elle, la journée de la femme devrait « servir de tremplin à la gente féminine pour mieux s’imposer dans les cercles de prise de décisions nationales ».

Soifiat Mnémoi, « c’est à la radio que j’entend parler de cette journée »

Elle ne connaît pas les salons des hôtels, les séminaires et autres événements mondains. Elle ne côtoie pas les grandes autorités du pays comme les autres. Et pourtant, c’est très fièrement qu’elle vit sa condition. Elle c’est Soifia Mnémoi. Cette femme de 40 ans vivant dans la capitale. « La journée de la femme », elle ne « l’entend parler qu’à la radio ». Femme de ménage chez une famille aisée de la capitale, elle s’adonne aussi parfois au métier de lavandière, le dimanche surtout, pour pouvoir boucler ses fins de mois. « Je ne souffre pas beaucoup comme certaines de mes amies. Je me débrouille beaucoup et mon enfant me soutient aussi », explique cette femme.

S.A.

Lire l’article sur http://inoussa.centerblog.net/6545298-8-mars–journee-de-la-femme-Zoom-sur-trois-femmes

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