« Pas de stabilité sans retour de Mayotte »

Cela fait plusieurs années que la question de Mayotte n’a pas été aussi longuement évoquée à la tribune des Nations Unies. C’est chose faite le 24 septembre dernier à New York, lorsqu’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a choisi de consacrer l’essentiel de son intervention à la 65ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, à ce contentieux territorial qui oppose l’Etat comorien à la France, depuis plus de trois décennies [lire de larges extraits sur notre site www.hzkpresse.com].
Le chef de l’Etat accuse la France de continuer « de violer le principe de l’intangibilité des frontières coloniales » en refusant de se plier aux nombreuses « résolutions pertinentes adoptées par l’Assemblée générale de notre Organisation à propos de l’île comorienne de Mayotte ».
Car pour le président Sambi, il s’agit d’une « règle coutumière internationale » consacrée par l’article 6 de la résolution 1514 stipulant que : « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ». Et le numéro un comorien de s’étonner devant ses pairs que l’ancienne puissance colonisatrice ait fait la sourde oreille à la « proposition novatrice » qu’il avait déjà préconisée l’année dernière, suggérant le principe d’<>.
Une sorte de « compromis qui garantirait, enfin, le respect du droit international tout en permettant à la France de continuer à administrer l’ile comorienne de Mayotte, de façon légitime, pendant une période qui serait déterminée de commun accord », explique-t-il. Le président Sambi ne cache pas son indignation aussi, devant les « conséquences humainement dramatiques » provoquées par l’instauration depuis 1994 du visa Balladur à l’entrée de Mayotte, faisant du « bras de mer d’environ 70 km séparant Anjouan de l’ile s½ur de Mayotte, le plus grand cimetière marin au monde, avec près de sept mille morts déjà comptabilisés ».
Rappelant que son pays était toujours disposé « à privilégier la recherche bilatérale d’une solution juste et équitable », le président Sambi a conclu en estimant « qu’il y va de l’honneur de notre Organisation, qui, s’il s’avérait que le droit et la légalité internationale devaient être constamment ignorés et l’intégrité territoriale des Comores continuellement bafouée, toute sa crédibilité serait mise en cause ».
El-Had Said Omar
Publié par: HZK-Presse: 28/09/2010 – 08:55:02
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