« Nous avons énormément de problèmes au niveau des ressources matériels et financiers »

« Nous avons énormément de problèmes au niveau des ressources matériels et financiers »

A quelques jours de la rentrée universitaire, le président de l’Université des Comores tire la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles est confrontée son institution. Dans une interview exclusive qu’il a accordée à La Gazette et HZK-Presse, Dr Mohamed Rachadi Ibrahim interpelle les autorités publiques devant l’urgence d’un accompagnement sur le plan financier et matériel, afin que l’UDC soit en mesure d’accueillir dans de bonnes conditions les quelques 4300 étudiants attendus pour la rentrée 2010-2011.

Question : Comment vous vous préparez pour accueillir les nouveaux Bacheliers. Il semble que vous avez des problèmes de capacité d’accueil ?

Docteur Mohamed Rachadi : Il est évident que l’Université des Comores n’est pas en mesure d’accueillir les 4300 bacheliers, mais on va essayer de recevoir le maximum. Il est évident aussi, que ce ne sont pas tous ces bacheliers qui s’inscriront ici, certains choisiront d’autres Universités. Nos capacités d’accueil ne sont pas suffisantes, c’est pourquoi nous avons demandé le gouvernement de nous accompagner. Certaines dispositions doivent-être prises pour l’aménagement de nouvelles salles. Nous pensons que si on arrive à avoir l’accompagnement du gouvernement, nous serons en mesure d’accueillir près de 3000 étudiants soit 75% de ces bacheliers. Pour cela, il nous des nouveaux locaux. Il est possible d’aménager des nouvelles salles dans deux mois.

Question : Et, si le gouvernement ne répond pas à votre demande comment comptez vous faire ?

Dr M.R. : C’est une hypothèse que je n’envisage pas. Le gouvernement fait des efforts pour améliorer le taux de réussite au niveau des examens. Cette année, il y a eu des résultats satisfaisants. Donc, je refuse d’envisager une telle hypothèse.

Question : Peut-on avoir une précision sur votre capacité d’accueil actuelle ?

Dr M.R. : On peut accueillir jusqu’à 5000 étudiants tous niveaux confondus. Pour les nouveaux bacheliers on se limiterait, donc, à 1200 inscrits. Si on nous dote les moyens qui ont été demandés au gouvernement, cette capacité peut aller jusqu’à 6 000 à 6500 étudiants.

Question : Il semblerait que des étudiants originaires d’Anjouan sont empêchés de s’inscrire ici. On leur aurait indiqué qu’ils doivent s’inscrire au site de Patsy…

Dr M.R. : L’étudiant peut faire l’inscription là où il lui semble bien de s’inscrire. Il n’y a pas de telles restrictions.

Question : Parlons maintenant des ressources humaines. Avez-vous assez d’enseignants pour assurer le déroulement normal des cours ?

Dr M.R. : Les enseignants qui sont là ne sont pas suffisants. Nous venons de lancer un appel pour le recrutement d’une dizaine d’enseignants pour pouvoir faire face à cette nouvelle donne.

Question : Et, au niveau de la formation pour le renforcement de capacités de ces enseignants, comment cela se passe-t-il ?

Dr M.R. : Chaque année, nous avons à peu près 20 à 25 enseignants qui partent en formation dans le cadre des bourses de mobilités, soit sur des fonds propres ou des appuis de nos partenaires. Nous avons une disposition pour accompagner nos enseignants. Il y a une quarantaine d’entre eux qui ont bénéficié de ces formations. Il y en a qui ont déjà soutenu et d’autres qui vont le faire, bientôt.

Question : Et pour les étudiants en fin de formation à l’Université des Comores ?

Dr M.R. : Nous avons des partenariats qui sont disposés à accueillir nos étudiants. Nous avons deux Universités à Madagascar, à La Réunion, En France, au Maroc, en Lybie, au soudan et Dar es Salam. Ce que nous avons fait c’est de négocier pour mettre en place cette disposition de partenariat pour permettre ceux qui sont formés ici de poursuivre facilement leur Master dans ces universités. Il y a également un master à la faculté Imam Chanfi, un master en science et technique et trois masters à la faculté de droit et sciences économiques. Pour les autres formations cela viendra après.

Question : Quelles sont les difficultés dont l’Université fait face aujourd’hui ?

Dr M.R. : Nous avons énormément de problèmes au niveau des ressources matérielles et financières. Pour les ressources humaines, nous arrivons à faire face en faisant intervenir des enseignants issus des Universités partenaires. Nous n’avons pas suffisamment de locaux. Nous ne disposons également pas des ressources financières pour assurer le fonctionnement de l’Université. Il y a aussi des difficultés d’accès notamment au site universitaire de Mvuni. Il manque les ½uvres universitaires qui pourraient accueillir les étudiants ce qui fait que leurs conditions de travail ne sont pas bonnes. Les difficultés sont les mêmes pour Patsy.

Question : Mais, il semble qu’il y a un projet soutenu par le Maroc pour la construction de logements devant accueillir les étudiants…

Dr M.R. : Ces résidences seront opérationnelles à la rentrée 2011 si tout va bien. Il y aura 80 chambres à Mvuni et 40 à Patsy. Ce n’est qu’un début, on devrait avoir trois fois plus.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou
Publié par: HZK-Presse: 04/09/2010

Lire l’article sur roinaka.skyrock.com

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2 commentaires »

  • Pour les ressources financières, que pensez-vous si on revenait à la taxe de 50 Fc sur le riz en faveur de l’UDC ou d’un autre montant sur les hydrocarbures en réduisant la part des taxes de l’Etat pour nne pas augmenter le prix à la consommation? Le Mongozi de son temps disait bien : »Ye dawula yowula hasara no le twayifa livuke »!
    Concernant les chambres d’étudiant, on rabache projet habitat, projet habitat, et si on commençait par construire pour loger les cerveaux et les bras des Comores de demain? Qu’en pensez-vous?
    Merci
    Proposition d’un financier, ancien Ministre!

  • oneway:

    en fait si j’ai bien compris le problème est triple.

    capacité d’accueil de l’université
    problème d’enseignant
    problème de logement des étudiants

    or le gouvernement vient de signer un protocole avec un promoteur iranien pour la construction de 1700 logements avec un objectif in fine de 5000 logements avec entre autres contreparties la cession d’une partie du patrimoine foncier!
    les logements seront commercialisés entre 20 et 30000 euros …si le gouvernement est prêt à céder une partie de son patrimoine foncier pourquoi ne le mets pas immédiatement disponible pour bon nombres de comoriens en mal de terres et qui achètent à tout va (notamment les je viens que j’ai vu cet été négocier des parcelles à environ 250 euros le m² pour certains )? une solution qui aurait le double avantage de dégager un fond immédiatement disponible et qui éliminerait le risque de demain se retrouver étranger chez nous car pas propriétaire de nos terres ! voila une piste parmi tant d’autres mais qui nécessitent un pragmatisme que nos hommes politiques ne semblent pas avoir !

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